L'invitation est la. Ca promet d'être intéressant. C'est assez ouvert.
Un blog en construction
un blog personnel sur mes travaux (anciens et en cours) d'évaluation.
Ya du boulot !
(PS : attention, je ne suis PAS un économiste ! !)
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mercredi 3 mars 2010
Par Benoit Granger le mercredi 3 mars 2010, 18:15 - 10 - Vrac
L'invitation est la. Ca promet d'être intéressant. C'est assez ouvert.
mercredi 24 février 2010
Par Benoit Granger le mercredi 24 février 2010, 09:37 - 10 - Vrac
Je tombe sur ce morceau de choix dans la fausse naïveté INSEE typique et répétitive (l'Insee fait ça chaque année, donc pourquoi s'énerver ?)
En résumé, sur 100 entreprises créées une année, 5 ans après, il en reste 50, à la louche. La ou vous allez tomber de votre chaise, c'est que parmi les 50, celles qui marchent le mieux sont celles créées avec beaucoup d'argent, par des gens (plutôt des hommes !) diplômés, et qui ont une expérience du métier dans lequel ils entreprennent. Incroyable, non ?
A force de décrire ainsi des "faits", on finit par inverser causes et conséquences. Par exemple :
"les entreprises dont le nombre de salariés a augmenté au cours des 3 premières années franchissent, toutes choses égales par ailleurs, 1,6 fois plus souvent le cap des 5 ans que les autres." De même, plus le chiffre d’affaires a progressé 3 années après la création, plus les chances de pérennité de l'entreprise à 5 ans apparaissent élevées.
On lit : augmentez votre CA, et ça ira bien pour vous. Alors que la cause c'est : j'ai un projet ambitieux, des compétences et des bons et nombreux clients DONC mon CA augmente (conséquence), et non l'inverse...
A force de présenter les chiffres de cette façon, on va finir de persuader les pauvres, les femmes, les jeunes et les sans fric ni diplômes que ce n'est pas la peine d'essayer : il sont bons pour le plantage, c'est statistique mon bon monsieur ! ET bien sûr, au passage, on finira d'en cnvaincre les banquiers de base, qui, eux, n'ont vraiment pas envie de perdre leur temps avec des clients pareils !
vendredi 19 février 2010
Par Benoit Granger le vendredi 19 février 2010, 16:15 - 10 - Vrac
C'est dans Laurence Fontaine « L’économie morale », qui a retrouvé ce magnifique passage de Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, dans les 1750 et quelques :
Le (préteur à la petite semaine) se rend alors dans une maison écartée, dans une salle ou il n’y a qu’une mauvaises tapisserie, un grabat, trois chaises et un crucifix. La, il donne audience à soixante poissardes, revendeuses et pauvres fruitières. Puis il leur dit d’une voix composée : « mes amies, vous voyez que je ne suis pas plus riche que vous ; voilà mes meubles, voilà le lit ou je couche quand je viens à Paris : je vous donne mon argent sur votre conscience et religion ; car je n’ai de vous aucune signature, vous le savez, je ne puis rien réclamer en justice. Je suis utile à votre commerce, et quand je prodigue ma confiance, je dois avoir ma sûreté. Soyez donc toutes ici solidaires l’une pour l’autre, et jurez devant ce crucifix, l’image de notre divin sauveur, que vous me ferez aucun tort, et que vous me rendrez fidèlement ce que je vais vous confier » Toutes les poissardes et fruitières lèvent la main, et jurent d’étrangler celle qui ne serait pas fidèle au paiement : des serments épouvantables se mêlent à de longs signes de croix. Alors l’adroit sycophante prend des noms, et distribue à chacune un écu de six livres, en leur disant : « je ne gagne pas ce que vous gagnez, il s’en faut ». la cohue se dissipe, et l’anthropophage reste seul avec deux émissaires dont il règle les comptes et paie les gages.
mercredi 3 février 2010
Par Benoit Granger le mercredi 3 février 2010, 11:20 - Compartamos
Jean-Michel Servet m'envoie un extrait du dernier N° de la revue Banque. Un encadré sur Compartamos dit que ce fameux micro-préteur super-rentable aurait reçu plusieurs milliards de subventions au cours des premières années de son histoire. C'est un argument de plus sur la rentabilité. Si celle ci est obtenue après une longue période de non-rentabilité, on peut se demander à qui profite ces cadeaux lors de l'entrée triomphale en Bourse ! ?
J'en ai parlé là et là., et aussi ici. Et voilà l'adresse de mon papier paru dans le RApport moral sur l'argent dans le monde.
Encore une pierre à l'édifice sur : la MF rentable, c'est bien. Quand c'est sur le dos des clients, c'est moins bien. Et au profit des actionnaires du Nord, c'est encore moins bien ! Et moins démonstratif sur : les marchés ont toujours raison !
dimanche 24 janvier 2010
Par Benoit Granger le dimanche 24 janvier 2010, 15:11 - 4 - Evaluer, méthodes & outils
Une page entière sur elle dans le Journal du dimanche d'aujourd'hui --d'ailleurs un papier pas très bien fait : on sent que la journaliste veut rester à tout prix "grand public", donc star system, donc n'entre pas vraiment dans les enjeux du boulot de Duflo. Dommage.
je viens de finir l'un des 2 petits bouquins d'Esther, dans lesquels sont réunies ses leçons au Collège de France.
J'ai parlé d'elle ici à plusieurs reprises : à propos d'une rencontre après sa leçon inaugurale au Colège de France. Cette leçon est en ligne, voir le lien ici. A propos d'autrs travaux en cours, ceux de Roodman. Et à propos des papiers journalistiques un peu tranchants et légers qui commencent à répandre de la "déception" à propos de MF. (ce qui est idiot !)
Le livre d'Esther que j'ai lu est "la politique de l'autonomie" car c'est celui qui contient un chapitre sur ses travaux en microfinance. j'en sors un peu mal à l'aise. Elle a adopté un parti pris qui est extrèmement fécond (la méthode d'évaluation). Mais quand ça devient systématique, on est tenté d'oublier les préalables, et même les présupposés "idéologiques" (entre guillemets, car je sens que la belle Esther n'aimerait pas qu'on lui suppose des présupposés idéologiques!). Or ils sont consistants. Il faut que je m'y remette pour comprendre.
En gros, j'ai deux objections :
1 - observer les différences de comportement entre deux groupes, l'un avec une variable introduite et l'autre sans varialbe, ne permet d'observer que des résultats. Pas des motivations... Or les motivations qui entraînent des changements de comportements sont multiples et obscures.
2 - le temps de ses conclusions est trop court. Les papiers que sort le J-PAL labo et ses équipes partout dans le monde son fondés sur des observations de 2 à 5 ans, parfois 18 mois. Est-ce bien raisonnable d'en sortir des conclusions de type : "chers responsables politiques, il faut faire comme ci parce que ça marche et pas comme ça parce que ça marche pas".
Quand il s'agit de rapports à l'argent, le comportement "des gens" peut être aberrant (--est souvent aberrant !). Et ces aberrations peuvent remonter très loin, jusqu'à des systèmes de valeurs qui se baladent dans la famille ou la tribu depuis des générations. Donc il est prudent d'attendre deux ou trois générations pour savoir si on a vraiment modifié ces croyances !
(je ne plaide évidemment pas pour l'impuissance, mais pour la prudence dans l'interprétation)
Un troisième sujet de malaise pour moi, mais c'est très idéologique : la méthode fondée sur "les gens répondent aux incitations" (c'est du Mankiw pur laine !) ; donc on peut les traiter comme des cachets d'aspirine (c'est la base même de la méthode avec groupes témoins) me laisse réticent. Je sais que j'ai tort, mais je revendique mes torts ! :(-
vendredi 20 novembre 2009
Par Benoit Granger le vendredi 20 novembre 2009, 18:51 - 10 - Vrac
le point de vue américain est ici.
Berhent explique qu'il a fallu un choc conjoncturel (?) de très grande ampleur pour que le débat intellectuel se déplace de : "une politique de l'emploi, ça sert à rien, suffit d'attendre que ça reparte" vers "une politique de l'emploi, ça peut être un ensemble de décisions qui pèsent sur les marchés".
il termine prudent :
Naturellement, de telles mesures (note : de soutien aux états par le fédéral) sont assez étrangères à la pensée économique dominante dans les milieux politiques américains, y compris au sein des démocrates. Il suffirait que l’administration Obama évoque la possibilité de le prendre en considération pour que les républicains brandissent le spectre du « socialisme », comme ils l’ont fait cet été dans le débat sur la réforme de la santé. L’enlisement de la crise actuelle pourra-t-il faire bouger les lignes? Rendez-vous au sommet-emploi de la Maison Blanche le 3 décembre…
Je suis sans aucun doute influencé par ma fréquentation des historiens ces temps ci, mais décidément, j'aime ces modestes scientifiques des "sciences molles" qui utilisent assez peu les outils réputés exacts (les maths des économistes) et beaucoup les faits et leur mise en perspective.
Le rapport ? on est en train d'inventer en Europe des formes d'emploi qui se rapprochent de "l'autonomie", en tous cas de l'individualisation qui sont une façon sophistiquée de contourner les règles devenues trop rigides des emplois d'un marché normé ( = pour aller vite, des grandes entreprises, sur le modèle de l'emploi public).
Et quand on traite ça sous la forme d'un encouragement à l' "esprit entrepreneurial", ça m'inquiète ! Entrepreneur c'est autre chose : c'est d'abord en avoir la volonte, de préférence. pas y être condamné ! ! !
mardi 17 novembre 2009
Par Benoit Granger le mardi 17 novembre 2009, 03:24 - 3 1 - Performance sociale, notion
la liste est sur le site du MIX, ici.
L'initiative est financée par des fondations américaines (Dell, Ford) en plus du CGAP, donc on peut supposer que les critères sont assez américains. Et au total j'ai du mal à comprendre la présence de telle ou telle institution de microfinance. Y compris en tenant compte des rapports d'audit que j'ai lu ces dernières années.
mercredi 11 novembre 2009
Par Benoit Granger le mercredi 11 novembre 2009, 21:34 - 10 - Vrac
Je sors d’une séance de ce séminaire à l’ENS, rue d'Ulm, que je suis depuis 3 ans sur les «histoires de crédit ». Aujourd’hui une sociologue nous décrivait une partie de sa thèse sur le crédit conso. Les pauvres « se font avoir » : les faits, les chiffres sont la. Pour financer leurs vacances ou une fin de mois difficile, les pauvres prennent du revolving à 20% et les riches (disons les petits bourges) se débrouillent avec leur banque à 6 ou 9%. Les pauvres se font avoir. Les pauvres ont des comportements aberrants, ou du moins irrationnels !
(qui s'expliqnent en fait par la volonté d'une impersonnalisation : je ne veux pas être jugé par le teneur de compte de ma manque, qui sait que je suis pauvre)
Coïncidence : je tombe 2 heures plus tard sur ce commentaire par Isabelle Guérin du livre qui fait grand bruit : Collins Daryl, Jonathan Morduch, Stuart Rutherford, Orlanda Ruthven Porfolios of the Poor. How the World’s Poor Live on $2 a Day (2009)., Princeton: Princeton University Press. – que j’ai évidemment la flemme de lire en anglais !
Isabelle termine par :
Le livre est aussi un vibrant plaidoyer pour le micro-crédit à la consommation. Convaincre les praticiens de la microfinance, et leurs bailleurs de fonds, que le microcrédit est souvent détourné d’usages « productifs » est tout à fait louable. Prétendre que les pauvres ont besoin d'emprunter pour les besoins sociaux est également parfaitement légitime. Mais ne faut-il pas simultanément tenir compte des risques du crédit à la consommation et mener une réflexion et un débat de fond sur ce que cela signifie en termes de politique et de choix de société ? Et ne faut-il pas en repenser les conditions, notamment en termes de coût ? S'il n'y a pas d'augmentation des revenus et aucun mécanisme de redistribution, la dette entraîne nécessairement la paupérisation. C'est un effet mécanique très simple, à moins qu'elle soit exempte de frais, mais ce n'est pas le cas de la microfinance. Les risques sont d’autant plus prononcés dans la mesure où le désir de consommer est très probablement croissant parmi les pauvres.
Oui, et pas seulement au Sud. Je suis sidéré, dans les histoires de crédit que l’on a de la part de sociologues, économistes, etc, de la pression qu’exercent les besoins et les désirs de conso, de dépenses. Et les prêteurs spécialisés (prêteurs conso) nous expliquent gentiment qu’ils n’exercent aucune pression vis-à-vis des clients. Bin voyons. Juste en leur disant « vous avez une réserve d’argent, qu’attendez vous pour l’utiliser ? » : c’est pas une pression ça ? Le revolving correspond « à un besoin » plaidait le responsable de l’organisation professionnelle il y a qqs jours dans Le Monde. Bin oui, à un besoin. Mais surtout un besoin d‘impersonnalisation de la relation. Les pauvres ont des comportements aberrants parce qu’ils ont une marge de manœuvre très limitée ; et parce que les trésors de talent des offreurs réussissent à leur maquiller les risques de leurs actes. Égalité contractuelle ? Tu parles ! il faut vraiment être soit très hypocrite, soit très ignorant pour continuer à plaider cette fiction !
Autre partie de la séance à l'ENS : un long récit des relations commerciales entre un anglais catholique établi à Anvers, qui faisait commerce de diamants et de textiles avec des juifs anglais de Londres, des huguenots réfugiés au Portugal, des protestants d'Amsterdam, et les uns et les autres se canardaient de temps à autres avec des Ashkenazim d'Europe centrale, le tout entre 1700 et 1752, date ou John Damer meurt... J'adore ! le tout raconté par un historien belge néerlandophone d'une vois lente et douce, recto tono, même quand il nous racontait les mésaventures des courriers, de la confiance et des crédits et du contrôle sans le dire, des uns et des autres, les uns sur les autres... Il exploite 800 lettres sur un fonds de 15 000, et raconte vraiment très bien.
J'adore ces séances à Normale Sup, ou j'ai l'impression de voguer loin de mon quotidien, de voir vivre la vie de gens intéressants, actifs, entreprenants, et qui ont laissé de faibles traces de leurs vies sur cette terre, que l'on se raconte longtemps après pour tenter d'y trouver un sens ! ...
loin et tellement proches. L'envie, la méfiance, mais aussi la confiance, l'altruisme, l'hommage des égaux, que de sentiments qui démentent l'hypothèse même de l' "homo oeconomicus", le supposé champion de l'égoïsme et de la rationnalité ! Quelle ramassis de stupidités, resassées depuis ce malheureux Adam Smith, qui n'en disait pas tant ! ...
jeudi 22 octobre 2009
Par Benoit Granger le jeudi 22 octobre 2009, 14:01 - 10 - Vrac
C'est ici. Surtout quand c'est pr la 2ème ou 3ème fois. Alors que son BOP repose sur des sophismes...
mercredi 21 octobre 2009
Par Benoit Granger le mercredi 21 octobre 2009, 11:35 - 1 1 - Microfinance au Sud
Je suis tombé par hasard sur ce papier au vitriol concernant le bilan de l'ANSEJ dans la microfinance. C'est lamentable. Coïncidence : j'avais participé il ya quelques années à un colloque près d'Alger ou on tentait de comparer les réalisations en MF des pays du Maghreb. Curieux qu'i y ait eu des systèmes aussi différents ; avec des résultats aussi différents.
Algérie : peu de bons gestionnaires. Tunisie : un système d'Etat. Maroc : un développement énorme, à partir d'initiatives privées, associatives et autres, et des succès fantastiques.
mardi 20 octobre 2009
Par Benoit Granger le mardi 20 octobre 2009, 14:59 - 10 - Vrac
L'an dernier, j'avais participé à l'Université d'été organisée par l'ISB au Danemark : formidable !
L'ISB propose des infos sur ce qu'il fait ; réunion en Novembre, etc.
mardi 13 octobre 2009
Par Benoit Granger le mardi 13 octobre 2009, 09:50 - 10 - Vrac
C'est ici, et c'est impressionnant ! "Are Senior Citizens the New Targets for Predatory Lenders?" Christine Lagarde, notre ministre de l'économie, vient de refuser de règlementer le revolving. Pendant ce temps, aux Etats -Unis, ou les abus en matière de surendettement sont infiniment pires que chez nous, on se demande qui est la prochaine victime. Quand les revenus diminuent, comment faire autrement que de s'endetter pour maintenir un minimum de pouvoir d'achat ? non, ce n'est pas LA solution ; au contraire, c'est une solution de désespoir --de personnes acculées à trouver n'importe quel moyen immédiat de survie. Et on continuera de prétendre que le surendettement, c'est la responsabilité de ces emprunteurs irresponsables ?
disgusting !
mercredi 7 octobre 2009
Par Benoit Granger le mercredi 7 octobre 2009, 17:21 - 3 2 - impacts
Rien de nouveau, mais c'est en français. Si vous avez la flemme de lire en anglais, merci Courrier international qui a traduit le récent papier de the Economist (qui avait fait couler de l'encre... déjà cité ici)
Rien de nouveau non plus dans The Economist. On ne parvient pas à prouver que la MF améliore de façon significative la vie des gens (y compris leur façon de consommer) ; mais tous ceux qui suivent de près cette activité savent :
1 - que ce n'est pas nouveau... le manque de preuve ne signifiant pas que les faits n'existent pas !
2 - qu'il faut regarder le thermomètre autant que la fièvre : les outils de mesure de variation de la pauvreté sont déglingués.
Vivement du Duflo sur grande échelle !
Par Benoit Granger le mercredi 7 octobre 2009, 16:43 - 1 2 - Microfinance en Europe Ouest
Bonne question, à laquelle tente de répondre l'étude publiée sur le site de Financité, l'oganisation belge.
Il me semble que les hypothèses de la Commission sont à prendre avec des pincettes. Je dois dire que je n'aime pas quand on m'expliqeu dans un bref tableau : il ya 100 pauvres dans ce pays ; 45% d'entre eux sont vapables de créer leur propre job ; donc c'est la taille du marché potentiel de la microfinance... .Les pauvres "condamnés" à créer leur propre job ? Ca fait froid dans le dos !
Mais sur l'aspect pauvreté, voilà un extrait intéressant :
L'exemple de l'ADIE en France
La France offre, semble-t-il, un bon exemple de "microcrédit qui vise les pauvres". L'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) propose un produit appelé microcrédit qui a les caractéristiques suivantes : montant maximum de 5.500 € pour une durée de maximum 2 années. Si l’on examine le tableau 4, on voit qu'en France un prêt de 4.700 € peut être remboursé en deux ans par une personne en risque de pauvreté. Cela signifie que le produit microcrédit de l'ADIE est accessible aux personnes pauvres. Il en résulte une bonne performance générale de la France ; l'ADIE y étant impliquée dans la plupart des prêts.
L'exemple de la Belgique
En Belgique, en revanche, le montant moyen des prêts en 2007 a été de 15.382 €10, avec une durée moyenne de 3-4 ans11. Cette valeur semble trop élevée comparativement à la capacité de remboursement d'une personne en risque de pauvreté qui, en vivant avec moins de 10.538 € par an, ne peut absorber plus de 7.904 (ou 10.035) € en 3 (ou 4) années. La Belgique ne semble donc pas atteindre, en moyenne, les personnes en risque de pauvreté.
En somme, ce n'est pas la demande qui crée l'offre, mais l'offre qui accepte (ou non) de prendre en compte la demande ? On sent qu'on est encore dans la vieille "charité" sophistiquée sous forme de prêts ! ? Ou alors dans la vieille banque, qui n'a pas su s'adapter à de nouveaux marchés ? !
Voici la conclusion :
à l'exception de quelques pays et de rares pratiques particulières, le microcrédit en Europe n’est pas utilisé pour combattre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les personnes en risque de pauvreté ne sont pas visées ni atteintes, en moyenne, dans la plupart des pays européens. Elles restent exclues du système financier, tant "classique" que plus "novateur", comme la microfinance.
Donc la MF comme moyen de soutenir l'activité ? mais aussi de contribuer à désagréger les vieilles solidarités collectives du monde salarial ?
dimanche 4 octobre 2009
Par Benoit Granger le dimanche 4 octobre 2009, 14:27 - 1 3 2 - France - l'offre
le site a pataugé pendant un moment, mais là, ça a l'air de marcher. L'idée (je crois conseillée par Cofinoga) est de gagner le plus de temps possible sur les pré-tris des futurs clients. Il est annoncé par ailleurs que l'on peut obtenir un 2nd prêt d'un montant plus important que le 1er : application stricte de données de terrain. Des agents de crédit de l'Adie m'avaient expliqué que le 2nd prêt, "c'est souvent presse bouton" ! Je n'ai aucun chiffre sur les tendances --je vais essayer d'en avoir !
dimanche 27 septembre 2009
Par Benoit Granger le dimanche 27 septembre 2009, 19:24 - 10 - Vrac
voilà le lien sur le papier de Krugman cité dans mon précédent papier.
C'est costaud, mais faut le lire !
Par Benoit Granger le dimanche 27 septembre 2009, 15:14 - 4 - Evaluer, méthodes & outils
Je travaille pour un papier sur les motivations des prêteurs en micro-finance, surtout sur les motivations de ceux qui pratiquent le prêt d'honneur. Il y a un aspect d'aberration économique dans un tel comportement : faire confiance ? prêter à taux 0? tout ça est bizarre... Donc regardons les motivations.
Je cherche un peu parmi les théoriciens, et je tombe assez vite sur cette perle. C'est dans un papier de Jacques Godbout, économiste que je lis toujours avec plaisir.
Pour les utilitaristes comme Bentham, la poursuite de son propre intérêt conduit au bonheur du plus grand nombre. C’est le fondement du néolibéralisme, et la plupart des économistes pensent comme Arrow « qu’il ne faut pas épuiser de façon insouciante cette ressource rare qu’est la motivation altruiste ». Tullock, prix Nobel d’économie, n’affirmait-il pas que la recherche empirique avait démontré que l’homme est à 95% égoïste au sens étroit du terme4?
et le renvoi 4 cite l'origine :
4. «As a result of empirical research … the average human being is about 95 percent selfish in the narrow sense of the term » [cité par Mansbridge, 1990, p. 12, qui ajoute que
qui ajoute que « Tullock did not, however, present the evidence for his assertion » – p. 310].
Evidemment... Tullock, prix Nobel, est capable d'affirmer avec aplomb un bon gros n'importe quoi d'économiste, sans le début d'une preuve ou d'une démonstration ...
Le pire que je reproche à ces gens, c'est d'être paresseux. Non qu'ils ne passent pas beaucoup de temps à travailler, mais ils travaillent toujours enfermés dans les mêmes hypothèses.
1 - l'homme est égoïste 2 - l'homme fait de choix rationnels (c'est le bon vieux homo eoconomicus) 3 - donc les marchés sont efficients
et bla bla bla : t'as qu'à voir les marchés financiers, un exemple au hasard
Tiens excellentissime papier de Paul Krugman dans le NYT la semaine dernière, à propose de ceux qui enseignent l'économie dans les meilleures universités américaines. L'hypothèse Keynes était juste devenue une obscénité !
mercredi 23 septembre 2009
Par Benoit Granger le mercredi 23 septembre 2009, 17:18 - 7 - la finance solidaire
C'est une initiative angle saxonne, mais bien relayée sur le continent européen. NCRC aux Etats Unis, Inaise, des anglais, FEBEA signent un texte intéressant : il est sur le site de ECRC en français.
mercredi 16 septembre 2009
Par Benoit Granger le mercredi 16 septembre 2009, 07:40 - 3 1 - Performance sociale, notion
Pour une fois un petit cocorico. Trois gros opérateurs américains (une fondation Dell, deux ONG : Unitus et Grameen) se mettent d'accord pour faire des mesures de performances sociales d'institutions de microfinance. Jusque là, c'est bien, c'est moderne, mais ce n'est pas tout à fait exceptionnel.
Mais ce qui est flatteur, c'est que l'outil de mesure de ces performances qu'ils vont utiliser, c'est celui crée par la fameuse équipe de CERISE, les français les plus brillants que je connaisse.
Sur les pros de l'évaluation des performances sociales, voir ici le SPM Network
mardi 8 septembre 2009
Par Benoit Granger le mardi 8 septembre 2009, 15:16 - 3 - Performances de la Microfinance
Un papier assez courageux du chercheur et blogueur David Roodman, écrit pour le MF Gateway. En gros : 30 ans après, peut-on mesurer des impacts de la MF, singulièrement du microcrédit, sur la vie des pauvres ? Sont-ils, ou certains d'entre eux sont-ils devenus plus riches ?
Hé bien la réponse est : rien de certain. On n'arrive pas à le prouver. Même si on y arrivera sans doute un jour grâce à des méthodes beaucoup plus factuelles d'évaluation. Il s'agit des randomized controlled trials (RCTs), dont la représentante la plus connue est ma Randomista préférée, la fameuse Esther Duflo.
J'ai expliqué (en très résumé) la méthode. Je dois dire qu'au début, elle me choquait ; mais je dois dire aujourd'hui qu'après en avoir parlé avec des praticiens, je suis plus convaincu.
La question de savoir si la MF a enrichi les pauvres n'est pas mince. Mais je pense que la réponse n'influera pas beaucoup l'univers de la MF, sauf à la marge. Et ceci pour deux raisons totalement contradictoires :
- du coté des investisseurs : ça y est, ils sont sur le marché ; et ils ont suffisamment de recul pour savoir ou mettre leur argent, dans la MF rentable et profitable !... Donc le fait de savoir si ça enrichit d'autres qu'eux est secondaire !
- Du coté des opérateurs : pour ceux qui sont un peu stratèges, ça leur permettra de remettre en perspective ce qu'est; réellement, leur métier. Est-ce de fournir de l'argent à des gens ? ou bien est-ce de fournir des signaux à une société locale (du type j'ai confiance dans Monsieur Untel et Madame Unetelle : tout le monde est prévenu !)
En gros, la MF serait pour moi beaucoup plus une fabrique de liens sociaux qu'une activité financière au sens strict...
(marrant parce que je travaille actuellement sur les réseaux français, et dans les déclarations des uns et des autres, je détecte exactement ceci. "En fait, l'argent, on l'aurait trouvé, d'une façon ou d'une autre. Mais le parrainage, l'échange, la confiance, les tuyaux par les pairs, tout ça, on aurait mis des années à l'acquérir". J'outre le propos, bien sûr, pour le plaisir de la démo. Mais l'argent, c'est de la confiance en papier --de la liberté frappée, comme disait l'autre)
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