Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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vendredi 26 avril 2013

Nouvelles banques en Belgique, au Québec --et en France ? En France, ca va bouger...

C'est une coïncidence du calendrier, mais yen a qui ne sont pas satisfaits des banques traditionnelles --au point de créer de nouvelles banques !

Non, pas en France, mais en Belgique

NewB ce sont plusieurs dizaines d'organisations qui signent

au Québec

la aussi, ce sont des organismes de la mutualité et du social biz qui s'unissent

Et en France ? hé bé en France, nous avons le cartel le plus efficace au monde : 5 groupes bancaires en tout en pour tout. Et un régulateur qui refuse depuis des décennies d'accorder une licence bancaire à quelque projet que ce soit. Cherchez l'erreur.

En France, on a France Active et quelques autres qui font du bon boulot, mais c'est loin d’être suffisant

vendredi 22 février 2013

Castagnes & polémiques sur les micro entrepreneurs en France

J'ai laissé ce blog à l'abandon pendant trop longtemps. S'il me reste 2 ou 3 lecteurs, j'aimerais les faire profiter de ma castagne la plus récente (j'adore la castagne, c'est connu !). Elle concerne les croyances et convictions butées de Guillaume Duval, rédac chef d'Alternatives économiques.

Je n'arrive pas à comprendre cette position butée sur : les chomeurs, faut surtout pas les pousser à créer une entreprise ; c'est risqué et ils y perdront "leurs maigres économies" (frisson d'horreur!)

Ca se passe sur Facebook ; j'ai juste transposé ci dessous notre "dialogue" (de sourds) du 14 au 22 02 13

Guillaume Duval Alter Éco a partagé un lien. 14 février "Un grand classique : c'est un indice très sûr de la gravité de la dégradation du marché du travail. Ne trouvant aucune opportunité d'emploi salarié, les chômeurs en sont réduits en désespoir de cause à tenter leur chance en se mettant à leur compte. Ce qui la plupart du temps se termine mal, les chômeurs ayant laissé dans l'aventure leurs (maigres) économies à défaut de leur santé mentale et physique. Malheureusement rien de réjouissant là dedans... Benoît Granger NON ça ne se termine pas MAL la plupart du temps. Tu devrais vraiment te mettre à jour sur ce sujet ! Benoît Granger FAites un effort les mecs ! informez vous un peu au lieu de rester scrogneugneu = les seules emplois valables, c'est ds les grandes entreprises (de préférence publiques) avec plein d'avantages Zoziaux....http://www.apce.com/cid52977/le-bonheur-d-etre-chef-d-entreprise.html

Guillaume Duval Alter Éco : "Mon cher Benoît, tu connais ma position comme je connais la tienne depuis un certain nombre d'années déjà. Mais je n'ai jamais vu ni dans l'actualité ni dans les arguments que tu avances avec tjs autant de conviction quoi que ce soit qui pourrait/devrait me faire changer d'avis sur ce sujet : il y a en France 20 % de "travailleurs pauvres " chez les gens qui sont à leur compte contre 6 % chez les salariés... Pousser les chômeurs à se mettre à leur compte c'est, bien souvent, les engager dans une impasse...

Benoît Granger : Mon cher Guillaume, je n’ai pas renoncé à te faire changer d’idée, si tu prends la peine de travailler un peu le sujet, au lieu de te contenter d’une part d’un raisonnement de comptable ; d’autre part en y ajoutant tes croyances personnelles.

Je reprends.

1 - Tu écris le 14 fev en commentant la hausse du nombre de créations d’entreprises : « Ne trouvant aucune opportunité d'emploi salarié, les chômeurs en sont réduits en désespoir de cause à tenter leur chance en se mettant à leur compte. Ce qui la plupart du temps se termine mal, les chômeurs ayant laissé dans l'aventure leurs (maigres) économies à défaut de leur santé mentale et physique ». Ton affirmation est FAUSSE, tout simplement fausse.

« la plupart du temps (ça) se termine mal » : faux. Le taux d’arrêt des nouvelles entreprises à 3 ans est proche de 50%, mais sur lesquels les arrêts volontaires représentent environ 1/3 de ces 50%. Ce sont des gens (les enquêtes existent) qui décident de faire autre chose ; qui augmentent leur employabilité ; qui rejoignent un client ou un fournisseur ou qui font des formations (enfin) qualifiantes. Donc il est faux de dire que « la plupart du temps, ça se termine mal ». Je n’ai pas de source concernant ces « maigres économies » qui te font pleurer, mais à ma connaissance (pour ce que je connais des réseaux de microfinance), il n’y a pas d’appauvrissement ; et il ya d’autres acquisitions d’ordre plus qualitatif : j’y reviendrai.

2 - Ensuite 15 fev ta seule réponse à mon énervement, c’est « il y a en France 20 % de "travailleurs pauvres " chez les gens qui sont à leur compte contre 6 % chez les salariés... Pousser les chômeurs à se mettre à leur compte c'est, bien souvent, les engager dans une impasse ». C’est absurde. Les 20% et 6% ne sont évidemment pas comparables. La plupart des micro-créateurs sont dans des activités ou le black est plus facile qu’ailleurs (services à la personne, commerce de proximité…), alors qu’il est difficile et risqué de ne pas déclarer des salaires. Donc le revenu réel de ces indépendants (pas de tous) est souvent supérieur au déclaré (ou à celui enregistré, selon la source des enquêtes). D’accord, ils ne bénéficient que d’une protection sociale basique ; mais c’est une façon pour eux de tester leurs propres capacités. Je ne défends pas le noir : je dis qu’une partie du noir est créé par les règles bureaucratiques et le coût du statut d’indépendant. Ceci ne traite pas le sort des « vieux indépendants » qui sont plus victimes de la démographie que de leur statut.

3 – Tu devrais tout de même tenir compte d’autres branches des sciences sociales que la comptabilité quand tu balances des affirmations aussi misérabilistes. Quand je te cite des études sur « la satisfaction » des entrepreneurs et « le bonheur d’être entrepreneur », y compris micro, ça ne te dérange pas ? D’autres études quali montrent que même ceux qui ont échoué mettent en avant les acquisitions qu’ils ont faites pendant cette phase d’entrepreneuriat. Ils savent décrire l’ « estime de soi », les apprentissages, l’ouverture, l’acquisition d’autonomie et d’indépendance (principale motivation des créateurs, y compris les chômeurs créateurs) et même, selon les sources, ils disent qu’ils recommenceront.

Mais tu ne VEUX PAS en tenir compte. Pour toi, ils sont acculés à prendre des risques insensés : « Pousser les chômeurs à se mettre à leur compte c'est, bien souvent, les engager dans une impasse ». Donc il vaut mieux les laisser croupir à la maison, c’est bien ça ? En gros, il faudrait caler la réglementation sur : comme il ya 20% de pauvres parmi les indépendants, il ne faut pousser personne à devenir indépendant ? Et les 80% autres, tu en penses quoi ? Personne ne pousse personne à devenir entrepreneur, et ce n’est pas ouvert à tout le monde. Mais pour ceux qui ont envie et qui veulent tester leurs capacités, oui à mon avis, le chômage est une excellente circonstance. Et je te rappelle que le taux d’échec des chômeurs créateurs est pratiquement le même que celui des autres (sauf pour les chômeurs de longue durée, pour qui c’est plus dur est risqué : logique).

4 –Comme il n’y a durablement pas assez d’offres d’emplois salariés, si tu condamnes les chômeurs qui créent une activité, reste plus qu’à les laisser à la maison ! En manifestant pour que le RSA et les allocs augmentent, je suppose ? (on rêve !)

Tu ne t’interroges jamais sur ce que signifient les 1,5 M de personnes qui ont décidé de s’inscrire comme autoentrepreneurs ? Sur cet énorme désir d’autonomie, d’indépendance, d’initiative qui se manifeste ; y compris dans une période particulièrement difficile ?

Les AE : je suppose que tu détestes également. J’ai lu Abhervé et son blog sur ce thème : je suppose qu’il reflète la position d’AlterEco. Je ne peux pas souscrire à cette analyse entièrement négative des AE. Comme test, comme micro-activité complémentaire, c’est aussi une façon de tester ses propres capacités à l’initiative. Encore une fois, les emplois salariés vont continuer de baisser. Donc en réponse, on se contente de dire : surtout ne prenez ni risques ni initiative, c’est pas pour vous (gentil mépris implicite envers les chômeurs…) ? C’est absurde !

5 – Je pense que tu devrais plutôt, au lieu de condamner ces possibilités nouvelles d’indépendance, t’intéresser aux conditions dans lesquelles le service public que tu aimes tant améliore la donne. C'est-à-dire l’amélioration du filet de sécurité pour ceux qui prennent des risques ; et l’accompagnement de ces micro entrepreneurs : parce que la majorité d’entre eux ont besoin d ‘un accompagnement. Au lieu de rester dans une impasse, tu ferais avancer le débat.

6 – Toi qui t’en vantes : « coup de gueule : je passe mon temps à défendre le service public, les dépenses publiques tout ça, mais quand je vois cette publication de l'Insee », etc. tu crois vraiment que la situation de certains salariés de ce service public boursouflé est enviable ? surtout comparé au sort des micro entrepreneurs ? le service public se comporte d’une façon crapuleuse vis-à-vis de nombre de ses « employés », tu connais ça ; et les précaires du privé ne sont pas dans une meilleure position ; sans rien apprendre, ni progresser, ni acquérir d’expérience ou d’autonomie dans la façon de conduire leur vie. Et c’est ça l’alternative à : ne pas pousser les chômeurs à créer leur activité ! ? ! ? C’est vraiment pas sérieux. C’est ça que j’appelle la « vieille Gôche » : seules valent les grosses machineries : des droits standard pour tout le monde ; et une vieille conviction que le pouvoir paternaliste résoudra tous vos problèmes à votre place.

Mais tu n’as pas remarqué à quel point le pouvoir redistributeur redistribue de façon de plus en plus injuste ? lire le papier de Hirsh sur le RSA dans Libération d’avant-hier. Si en plus il ne crée même plus les libertés quotidiennes (en se contentant de placer les filets de sécurité aux endroits stratégiques) oui, on va vers une société d’assistés permanents –et tu y auras intellectuellement contribué.

7 – je vais continuer à lire AlterEco, puisque vous avez une telle influence. Mais il me semble qu’il règne une certaine paresse dans une partie d’AlterEco. Des alternatives bien simples, un peu début XXè siècle. Keynes c’est bien ; le libéralisme, c’est pas bien. Le capitalisme, c'est tout pourri ; le service public, c'est tout bon. Heureusement, il ya aussi Gadrey, Sibille et quelques autres trop discrets, qui se rendent compte que le monde change…

vendredi 28 septembre 2012

overindebtness (je sais que je ne devrais pas ironiser)

voila ci dessous le résumé que fait le CGAP d'une étude récente. Je sais (JE SAIS) que je ne devrais faire de l'ironie à propos de ce sujet (surtout après avoir lâchement abandonné ce blog depuis des mois !), mais c'est too much PLus t'es pauvre, plus t'as de chances de te surendetter si tu empruntes bêtement de l'argent. C'est de la science...

mais cette façon de résumer est stupide, alors que l'étude ne l'est pas.

Over-Indebtedness in Microfinance: An Empirical Analysis of Related Factors on the Borrower Level 2012, Schicks, J.

Analyzing factors affecting over-indebtedness

This paper analyzes the over-indebtedness of microborrowers in Ghana. It defines over-indebtedness from a customer protection perspective and considers borrowers over-indebted if they continuously struggle with repayment and experience unacceptable sacrifices related to their debt.

The study employs logistic regression analysis to identify how poverty, adverse shocks, loan returns, and financial literacy relate to over-indebtedness. It breaks down the relationship of the above factors to the specific sacrifices that borrowers make, to how frequently they repeat them, and to how acceptable sacrifices are to borrowers. Findings include:

   Poorer microborrowers are more likely to be over-indebted;
   Risk of over-indebtedness further increases with the occurrence of adverse economic shocks to a borrower’s income or expenses;
   Likelihood of over-indebtedness is higher for borrowers with low returns on their investment and if borrowers use loans at least in part for non-productive purposes;
   It is higher for borrowers with low, debt-specific financial literacy. General financial literacy has negative effects on over-indebtedness.

jeudi 9 février 2012

Juste pour rire (rire aux dépens des académiques, bien entendu !)

1 - j'étais hier soir au colloque inversé de l'Adie. Impressionné. Chouette débat, chouette niveau ; chouette public aussi, qui écoute mais tente d'aller plus loin dans la compréhension (on remarquera dans cette litote ma détestation des Bisounours ! :-)

Juste une réserve sur la naïveté (voulue ou non) de la prof de SciencesPo Elise Huillerie. Si les critères de succès ou d'impact de la MF étaient si simples, on ne se poserait plus de questions depuis longtemps !

2 - coïncidence : je reçois ce soir la 2ème version d'un papier sur la MF qui doit être présenté à un congrès académique. Selon les règles en vigueur dans l'académique, il m'est interdit de savoir qui sont les auteurs. En tant que "reviewer" j'avais durement critiqué la 1ère version. La seconde, reçue ce soir, est désolante. La base théorique, c'est la "théorie du chaos". Pourquoi pas, mais pour moi, qui n'y connais rien, il vaut mieux être armé pour manier de tels concepts. Or il ressort de ce papier que leur théorie du chaos, ça ressemble fortement à la sagesse de ma grand mère.

3 - j'y viens. La sagesse et le bon sens, j'adore ; et c'est souvent ce dont manquent les analyses de la microfinance, qui ont souvent ressemblé à des discours amoureux.

Gros progrès sur le discours amoureux : je vous livre les références théoriques de mes auteurs (que je ne connais pas) :

Peer’s Law – The solution to the problem, changes the problem (Rawson, 2002, p.186). Burn’s Law – The best-laid schemes o’ mice an’ men gang aft agley (Rawson, 2002, p.38). Murphy’s Law – If anything can go wrong it, it will (Rawson, 2002, p.162). Hardin’s Law – You can never do more than one thing (Rawson, 2002, p.225). Spencer’s Law – Every cause produces more than one effect (Rawson, 2002, p.229). Crumpacker’s Law – Murphy was an optimist (Lyall, 1986). Danton’s Law – "La révolution dévore ses enfants The revolution devours its children”.

(c'est juste un copié-collé, y compris les fautes de gramm etc...)

Non, ce n'est pas qu' un "gros tas de lieux communs", comme le souffle une voix aimée derrière mon épaule à l'instant. C'est aussi un succédané de sagesse américaine typique. Il suffit d'éprouver telle ou telle expérience, y compris bébête et sur les rivages langoureux de l'océan Pacifique plus de 3 ou 3 fois, et ça devient une loi universelle. D'ou le ton pénétré sur lequel vous pouvez alors déclarer : " The solution to the problem, changes the problem"...

4 - et ta soeur ? il ya dans le papier un schéma en rond ("systémique", disent-ils), quelques équations que même moi j'ai réussi à suivre, donc qui doivent n'avoir aucun intérêt scientifique, et une biblio d'enfer, que les auteurs n'ont évidemment pas lue, d'après les grosses bêtises qu'ils écrivent...

La Microfinance objet à la mode, pris par hasard comme un champ, parmi d'autres plus futiles, de spéculations intellectuelles purement formelles...

ça me désole

Et en plus il va falloir que j'écrive (en anglais) aux éditeurs une appréciation encore pire que la précédente...

vendredi 27 janvier 2012

Adie colloque inversé le 8 fev à Sciences Po

je fais suivre, car quelqu'un a laissé l'info sur ce blog dans les commentaires --même si je ne suis pas certain que ça fera venir une personne de plus ! !

suivre le lien pr les autres infos

mardi 24 janvier 2012

Les ratings financés par The RAting Initiative sont dispo gratuits

C'est juste pour avoir le lien sous la main. The Rating Initiative est un truc luxembourgeois qui a co-financé une deux centaines de ratings d'IMF depuis 2008, avec une réelle insistance sur les critères sociaux. Bravo à eux et merci. Ils se réorientent : on en saura plus...

les rapports sont dispo et gratuits ici.

Maintenant, l'enjeu est de tenter d'harmoniser les méthodes et les indicateurs utilisés par les 4 agences principales spécialisées dans les rating d'IMF.

(bon courage ! C'est un domaine ou la concurrence entre les 4 est rude... Donc pas simple d'harmoniser !)

mardi 6 décembre 2011

evaluations aléatoires : de nouvelles "découvertes" ? les pauvres ne sont pas tous créatifs et entreprenants ?

Suite des "findings" que permettent les évaluations aléatoires alla Duflot. Un papier du CGAP, que le résumé brutal par MF Focus ridiculise quelque peu...

En gros, "According to a new paper published by CGAP, not all microfinance borrowers want to grow a business and their ability to capitalize on opportunities vary greatly".

The paper "claims that poor households clearly have other financial needs that go beyond working capital loans to microentrepreneurs".

(New evidences) "suggests that while increasing access to credit does not produce the kind of dramatic transformations conjured in the popular imagination, it does appear to have some important—though more modest—outcomes for some people".

Oui, nous sommes en 2011, et une "senior manager" du CGAP est obligée de dire piteusement qu'on ferait mieux de s'occuper des besoins financiers des pauvres, plutôt que de leur balancer des produits qu'ils ne veulent pas, ou dont ils n'ont pas besoin...

Et la vie est un éternel recommencement, parait-il ?

mardi 8 novembre 2011

La finance solidaire aujourd'hui (15 ans après)

je lis les dossiers Finance solidaire des Echos hier et du Monde aujourd'hui; bien faits et assez complets. Un peu de nostalgie au passage... je lis dans un encadré que les fonds "90/10" sont proposés comme un exemple de réglementation au niveau européen : bravo ! je me rappelle encore la conférence de presse d'Hélène Ploix, alors DGA de la Caisse des dépôts, présentant le 1er de ces fonds en 1994, et précisant qu'il avait été crée "à la demande de la CFDT".

Comme j'étais à l'époque le seul et unique récipiendaire des fameux "10% solidaires" du FCP en tant que SIFA, j'étais un peu anxieux sur les façons de les utiliser au mieux !

Puis sont venus les gros volumes des FCPE, puis Finansol, puis, puis, puis... En 2001 puis 2003 les fameux "90/10" ont inspiré les 2 lois sur les Perco, et aujourd'hui donc, seront peut être à l'origine d'une réglementation européenne à peu près harmonisée

Et l'histoire ne fait que commencer !

vendredi 30 septembre 2011

Rameix : en France ça va pas si mal que ça !

Si vous vous intéressez, et si vous ne l'avez pas lu, le rapport de RAmeix sur le fianncement des TPe par les banques est en ligne sur le sites des Experts comptables

c'est la

prudent ! !

Il a raison: pas d'info fiable...

Mais la FBF s'est empressée de sortir une étude montrant que les taux appliqués aux TPE en France sont inférieurs aux taux moyens en Europe. Mais c'est pas la question ! la question, c'est le volume. Si les banques refusent de nombreux prêts en disant : allez, tirez sur votre découvert ! ... on est dans une situation malsaine.

le découvert, c'est facturé beaucooup plus cher !

lundi 18 juillet 2011

G20 Microfinance - 5 - l'admirable Pervenche Bérès

Je n'ai pas le temps de finir ce CR, donc juste un mot pour Pervenche Bérès, l’admirable, l'infatigable. Elle ne craint pas dans cette ambiance super-super-soft, de mettre le doigt là ou ça fait mal. En particulier sur les contraintes à appliquer aux banques et que la Commission rejette, elle appelle ça "lobbying". C'est clair. Et dit que Barnier ne reprend pas les demandes du Parlement sur le droit au compte parce que les banques n'en veulent pas. Point. Au moins, c'est clair !

G20 Microfinance - 4 - Luiz Awazu Pereira Da Silva, sous gouverneur de la Banque centrale du Brésil, le seul à faire du micro-macro (en français !)

Luiz Awazu Pereira Da Silva, sous gouverneur de la Banque centrale du Brésil, parle un français impeccable, ce qui l’aide à faire passer des idées simples et fortes.

Il faut une stabilité macro éco pour que la MF puisse se développer. Ensuite il faut des ressource stables : il fait allusion à une règle imposée aux Banques au Brésil : elles doivent consacrer 2% de leurs ressources au financement des –je ne sais pas exactement : du MC professionnel ? ou à l’ensemble des activités micro ? en tous cas, ça ressemble fort au fameux CRA américain, qui oblige des banques à financer localement à partir de l’épargne qu’elles ont levé localement. C’est un point à creuser, car c’est nouveau à ma connaissance, et c’est une façon (parmi d’autres) d’impliquer la contrainte dans le financement de ces micro activités qui sont hors marché.

Il continue par l’amélioration de l’information : celle des prêteurs par une centrale des risques (pas de détails : mais le diable étant dans les détails, la question est celle du contrôle public, ou non, des informations que l’on collecte et de celles que l’on a le droit d’utiliser) ; celle des emprunteurs, par l’éducation et la simplification.

Important. Sur le plan des réformes juridiques, il dit que les réformes consistent avant tout à simplifier les procédures, l’accès aux comptes bancaires (en 2002, 55 M de comptes bancaires au Brésil, en 2010 : 90 M ! Bravo !), l’accès aux petits dépôts pour les épargnants pauvres. Et un système de prêts garantis.

L’idée de services en réseau est développée. Les banques ont des correspondants dans chaque municipalité du Brésil, qui facilitent l’accès aux services financiers pour les pauvres. De 18 000, ils sont passés à 160 000 correspondants locaux.

Quant aux mesures d’impact, il donne des chiffres époustouflants : le crédit bancaire est passé de 25% du PIB à 50% ; la pauvreté extrême est tombée de 15 à 5% ; l’indice Gini du pays de 0,6 à 0,5 ; et il affirme que l’on observe une corrélation forte entre le développement de la MF, la croissance et l’amélioration des indicateurs sociaux : ceci dans le cadre d’une stabilité macro éco qui marche.

Vraiment impressionnant.

Tout ceci mériterait d’âtre validé et vérifié, mais c’était la première fois, je crois, que j’entendais un discours aussi clair sur les fameuses corrélations macro-micro. Tout en affirmant avec aplomb qu’il faut réguler. Et « réguler » au sens « contraindre les banques » par la loi : la « soft regulation » ? il n’y croit pas, manifestement (et d’ailleurs moi non plus, ça tombe bien). Il faut une trique bien calibrée, mais il faut passer par la trique pour que l’ « industrie financière » reprenne un peu de son bon sens et fasse son devoir. Chers sous gouverneur, quel bonheur de vous écouter !

J'étais à votre Banque Centrale l'an dernier, à Brasilia, pour un super colloque, sur le superendividademento (l surendettement), et j'ai gardé le meilleur souvenir de la vigueur et de l'énergie des militants de l'accès aux services financiers

G20 Microfinance - 3 - tiens, Maria évolue, ou bien c'est moi qui suis distrait ?

J'ai écouté attentivement, et j’ai eu l’impression que le discours de Maria Nowak évolue. Elle dit, belle image empruntée à l’admirable Geremek dans son Histoire de la pauvreté au moyen âge, que le traitement des pauvres sort enfin de l’alternative « la potence ou la pitié ».

Elle dit : le crédit est une outil ancien à double face; qui crée de la richesse et des dettes. Elle insiste, et c’est là que ça m’intéresse : il est « à la frontière d’un bien public et d’un bien privé, créant des externalités positives au-delà des clients ».

Tiens : un « bien public » ? dans la bouche de Maria, c’est, à ma connaissance, et je la lis et l’écoute depuis 25 ans, une nouveauté. Les « externalités positives », c’est le vocabulaire des libéraux, une concession faite à leur corps défendant. Tant de phénomènes ne marchaient pas dans leur pensée mécaniste (seule mon intérêt individuel, etc.).

Mais l’idée que l’on trouve des ingrédients des « Biens publics » dans le microcrédit signifie, tel que je le comprends, qu’on admet qu’il ne s’agit pas uniquement d’une « activité de marché ».

Enorme concession de Maria. Car l’autre définition des biens publics, c’est qu’ils ne se gèrent pas comme des biens privés. Etc, j’y reviendrai…

G20 Microfinance - 2 - Mon CR grognon et admiratif

D’abord bravo à Paul Loridant, l’infatigable. Il a organisé une journée remarquable, et la diversité des intervenants et des discours montre que, désormais, la microfinance des bisounours disparait du discours public. Deux personnes seulement nous faisaient encore le récit merveilleux de ces « clients » émerveillés qui redécouvrent l’humanité grâce au microcrédit : le représentant de la Bill et Melinda Gates Fundation, un peu inévitable, et l’homme venu de Mongolie. « L’un des nos clients qui n’avait plus de famille nous disait après son prêt : ça y est, j’ai des frères et des sœurs ».

Emouvant, bien sûr. Mais c’est attribuer au microcrédit plus, beaucoup plus que ce qu’il peut donner. Surtout quand il devient une industrie. « M F industry »… yes, man. Parlons entre gens sérieux. A part of finance industry, of course.

(Au passage, j’ai entendu Yunus, toujours aussi beau et calme, parler du CGAP en développant : « the Consultaltive Group to assist The Poorest », alors qu’il ya un moment déjà que le sigle a été transformé en « To assiste the poor », ce qui est un signe parmi d’autres)

Voici un CR partiel, partial, incomplet (je ne pouvais pas rester toute la journée) du Colloque international tenu au Sénat dans le cadre de la présidence française du G20. CR grognon par moment, car ce colloque, un de plus, donnait parfois tellement l’impression de répétition. On sait sur le plan macro que la MF, quand elle est bien gérée, devrait représenter un réel outil de développement. Or aujourd’hui encore, les fonds investis représentent quelques 3 à 5% de l’aide publique au développement (dixit Attali).

C’est l’un des problèmes majeurs. Ne pas mixer aide publique et investissements privés, c’est laisser toute la place à ces investisseurs privés. Qui s’avèrent myopes et monomaniaques : à part rechercher le profit, de préférence le maximum et à court terme, que savent-ils faire ?

(oui, je sais, c’est un jugement injuste et exagéré : quelques rares organisations tentent de mettre en avant la performance sociale comme objectif de leur investissement, à rang égal avec la profitabilité. Mais ils représentent quelle part des interventions des marchés financiers dans la MF ? peu de chose. Même si leur influence, semble-t-il, progresse).

Autre observation sur la qualité des interventions : seul le sous-gouverneur de la Banque du Brésil a sérieusement fait le lien entre objectifs de politique publique macro économique, et développement de la MF : y compris les prêts à la consommation, les services financiers, l’accès au compte, etc. C’était magistral.

G20 Microfinance - 1 - un compte rendu à l'eau de rose et un autre grincheux

(je n'avais pas envie de faire un CR de cette journée MF au Sénat la semaine dernière, mais je crois que je vais m'y mettre, dans le style grincheux, car ce que je lis d'anodin par ci par là me parait bien insuffisant ! --1er billet ci dessous)

Je sais que c'est un exercice obligé, mais le compte rendu très bref du ministère des finances sur le colloque tenu le 8 juillet au Sénat est un peu léger. "3 défis pour la MF", ouais : mais avec des biais, pour le moins.

Moi, je n'ai pas entendu du tout qu'il y avait consensus sur le fait que "la microfinance devrait être plus largement financée par le secteur privé". C'est au contraire "le secteur privé" qui est à l'origine des catastrophes et des pires injustices qui se sont développées dans ce secteur ces dernières années : donc c'est pour le moins imprudent de l'écrire sous cette forme.

Même si la fin de la citation est "...et en particulier par les ressources locales" : ça, ce n'est pas non plus un point de consensus, c'est plutôt le point de vue de Yunus, qu'on laisse parler en raison de son statut d'icône. Mais qui n'est pas suivi par les crocodiles et les requins (privés) du secteur...

2ème défi : ce n'est qu'un défi, autant dire un vœu pieux, et pas un objectif : "La sécurité financière de la microfinance pourrait (c'est moi qui souligne) être renforcée par une régulation et une supervision adaptées, permettant d'assurer la solidité financière des établissements de microfinance". Pourrait ! Ca pourrait leur faire du bien, en effet, s'ils ne'étaient pas soumis aux risques de change, aux prédateurs divers, etc. Mais écrit ainsi, ça signifie que l'on n'ose même pas envisager ( = DEVRAIT) de proposer au G20 une réglemantation commuen de la MF !

(admirons la symétrie au passage : la MF devrait être financée par le secteur privé, mais elle pourrait être régulée un peu mieux !)

3ème défi, la MF doit tout faire : "La vocation sociale de la microfinance étant primordiale, ce secteur devrait (…donner ) la priorité à la réduction de la pauvreté, au soutien des territoires les plus fragiles et à l’entrepreneuriat, tout en poursuivant les innovations sociales et financières". C'est curieux que l'on n'assigne pas les mêmes objectifs à la finance en général ? Seule la MF est vertueuse, donc chargeons le baudet : elle saura tout faire à la fois !

Et on revient, dans une fausse naïveté, à cette croyance pourtant combattue : la MF, c'est la panacée. C'est faire du business, c'est faire de l’aménagement des territoires, c'est réduire la pauvreté (surtout pas réduire les inégalités, faut pas exagérer!), et c'est innover...

Décidément, le G20 aura du mal à trouver des objectifs opérationnels dans ce fatras !

mardi 7 juin 2011

Augmenter le microcrédit en France : oui, mais à quelles conditions ? Et avec qui ?

Ce papier paru aujourd'hui dans Les Echos (quand démarre la Semaine du microcrédit) est tellement jouissif que j'en ai fait une repro sauvage.

Les Echos 070611 - crédits aux TPE

il n'existe aucune statistique, dit Cohen Hadad, sur les crédit aux TPE inférieurs à 25 000 €. rien ! et elles "n'intéressent que moyennement les banques", ajoute-t-il. C'est une litote ! Des "statistiques par régions sont nécessaires" car les comportements des réseaux sont assez différents... etc.

Cohen Hadad, qui est optimiste, espère rencontrer Rameix, le médiateur du crédit, le 25 juin pour en parler avec lui. Car le rapport de Rameix, missionné par Lagarde, laisse noir le trou noir en question.

Etonnant, non ? Alors que les TPE constituent plus de 90% des entreprises en France, on ne connait pas leurs problèmes bancaires. Au passage, autre coincidence, 25 000 € c'est la définition du plafond de ce que la Commission européenne nomme le microcrédit. Encore une façon de dire plus ou moins implicitement : au dessous de 25 000 €, vous n’intéresse pas les banques, et elles ont renoncé à faire des offres de crédit professionnel sur ce segment de marché. Elle n'imagient même pas avoir une activité rentable dans ce secteur !

La seule exception est connue : si vous êtes un micro entrepreneur, et si vous avez le bon "track record" comme on dit an américain, vous obtiendrez des "facilités de trésorerie" : donc pas vraiment un prêt pro; plus simple à mettre en place, plus rentable pour la banque, et moins risqué.

Et ce que devrait ajouter Cohen Hadad, c'est que Bâle III va faire empirer cette situation. les prêts aux petites entreprises vont être classés dans la catégorie des prets les plus risqués dans le bilan ce la banque. Donc aggravant le besoin de fonds propres en contrepartie. Raison de plus pour ne pas se compliquer la vie avec des trucs aussi peu rentables !

Comment faire ? je connais des gens qui ont 2 ou 3 petites idées sur ce point, y compris des propositions un peu agressives à l'égard des banques. Mais qui leur permettaient de faire des prêts rentables. ça doit être jouable !

jeudi 5 mai 2011

Yunus perd en appel --nul ce truc !

C'est là que je l'ai vu pour la 1ère fois. C'est nul et lamentable...

papier plus détaillé ici (L'Express)

Yunus était à Paris récemment. Il a dit des choses intéressantes et nuancées sur ce que devrait être le microcrédit. Mais évidemment, son "à but non lucratif" traduit par les journalistes français, mériterait une petite leçon de sémantique amusante !

ce n'est pas si simple, ni chez lui, ni chez nous...

mercredi 27 avril 2011

Yunus et la Grameen lavés de tout soupçon (ça va encore mieux en le disant !)

C'est là

mardi 5 avril 2011

microcrédit et révolte arabe : contre le "get richer fast or die trying"

Une jolie mise en perspective du microcrédit et des révoltes arabes, par Van Dick : c'est là

Sur les modèles de microcrédit -le modèle français alternatif

J'avais envie depuis un moment de réagir sur la question du "modèle économique". En gros, et pour rester dans l'équation française, on entend dans les réunions sérieuses de jeunes convertis vous expliquer "le modèle". Je résume : ya un seul et unique modèle de MC, c'est celui qui est rentable. Et pour être rentable, il faut facturer des intérêts. Evidemment, des intérêts élevés, puisque les couts de production sont élevés en France (parce que les salariés coutent cher).

Donc si tu ne factures pas des intérêts élevés, t'es pas durable, t'es pas sustainable.

hé bé je prenais prétexte des rapports annuels pour rappeler que France Initiative arrive, chaque année depuis 25 ans, à obtenir de l'argent et à le prêter sans intérêt. Ce qui me parait assez "durable" non ?

Évidemment, à partir de concepts et de méthodes qui philosophiquement sont éloignés du "modèle rentable".

voilà mon petit papier paru dans les débats sur le site les Echos le 5 avril

(il y a un raccourci abusif dans le dernier alinéa : il laisse croire que l' "Adie est en crise" ce que ne je crois pas et ce qui n'est pas le cas. J'avais écrit que "de nombreuses IMF" ont des difficultés à emprunter depuis l'an dernier.).

lundi 21 mars 2011

La nouvelle présidente de l'Adie : doubler la production dans les 5 ans?

C'est Benoit Willot qui s'y colle. Portrait de Catherine Barbaroux, nouvelle présidente qui succède à l'immense Maria Nowak à l'Adie. Portrait fait à partir du communiqué de l'Adie et de l'interview de CB dans La Croix.

Portrait intéressant car CB est à la fois "un grand serviteur de l'Etat", comme on dit dans les nécros, et une femme qui a une vraie expérience du "privé" (mais dans de grosses boites). Je l'ai rencontrée quand elle était Déléguée à l'Emploi (ou elle est restée sous des ministres de droite et de gauche), puis quand elle a fini sa carrière à la région Ile de France. Assez tranchante, mais avec bonhommie. Tout à faire représentative de ce "modèle français", avec forte implication des pouvoirs publics et contribution au dynamisme des grandes boites...

Comment vit-elle ce que j'appelle la posture idéologique de l'Adie dans un débat assez vif, l'an dernier ? On verra. Mais "doubler la production" : avec quels objectifs ? Acquérir la fameuse autonomie financière, le graal avoué de Maria ? En continuant de mettre la pression sur la productivité, et en montant les taux d'intérêt des prêts ? Ou bien mettre en place de façon voulue, systématique, ces partenariats publics-privés que j'ai prôné (avec d'autres) ?

Elle commence par dire que "beaucoup de clients potentiels ne connaissent pas l'Adie" : donc communiquer. Mais les attirer en direct vers l'Adie, le prêteur ? ou bien passer par les réseaux d'accueil, qui filtrent et conseillent ? La encore, ce sera un enjeu.

En tous cas, bienvenue à elle. L'Adie est une réalisation fantastique, qui doit presque tout à Maria, et beaucoup aux équipes, d'une efficacité et d'une fidélité fantastiques. Pour la prochaine période, il me semble que les enjeux sont désormais dans "la coopération" avec les banques, qui ressemblera de plus en plus à une partie de bras de fer. Et la technologie, avec le mobile et le scoring. Avec un risque de perte de ce qui constitue le coeur de métier : la confiance, les yeux dans les yeux, entre le prêteur et l'emprunteur.

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