Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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jeudi 1 avril 2010

Autoentrepreneurs : Novelli : Les abus ne concernent sans doute que quelques centaines d'autoentrepreneurs. Hurel : traquer les abus

Quelques centaines ? je n'en suis pas certain du tout ! Plutôt des milliers ou des dizaines de milliers, si on place le curseur au bon endroit. C'est à dire sur le critère de la dépendance. Un client unique, c'est déjà un lien de dépendance tel que l'auto entrepreneur n'a sans doute pas la capacité de développer sa propre autonomie. Et sur les critères juridiques du contrat de travail, on n'est pas loin...

l'itw Novelli c'est là.

François Hurel commente à son tour dans La Tribune. Les arguments sont bons : mieux vaut sanctionner les abus que changer la loi (d'autant que les propositions des sénateurs manquaient de bon sens !).

C'était ma première réaction, mais en fait, je crains de très nombreuses déceptions !

Le lien avec le microcrédit est évident. Pour de très nombreux autoentrepreneurs, la demande (et l'obtention) d'un microcrédit sera le seul lien "physique" avec un réseau d'accueil ; donc des pros capables d'avoir un avis sur le projet. Et il s'agira plus logiquement d'un vrai projet, puisqu'on a besoin d'argent pour investir ou assurer la tréso !

mardi 23 mars 2010

Le rapport de l'Inspection des finances sur le microcrédit : ça m'énerve !

le rapport de l'IGF de décembre 2009 sur le microcrédit, à télécharger ici (attention, c'est du lourd!). Franchement, je suis déçu ! L'IGF, qui est censée conseiller son ministre, propose une définition du microcrédit qui me parait être un choix idéologique simplet.

Page 4 : Il s'agit "d'un crédit à tire onéreux (ce qui exclut les prêts d'honneur,..." etc.

J'analyse cette position comme une position idéologique : il faut facturer des intérêts pour reconstituer le capital du prêteur, sinon on est dans un Machin désintéressé qui ne s'appelle pas crédit. Pourtant une tradition énorme du crédit gratuit, du crédit social, mutuel, coopératif prouve, s'il en était besoin, qu'il y a plusieurs façons de traiter la question. Et que celle ci est partisane.

J'ai traité du débat académique à propos des Welfarists et du Sud dans un gros papier indigeste et, pire encore, en Anglais. J'y reviendrai.

vendredi 19 mars 2010

Auto entrepreneurs : les détournements se multiplient

Benoît Willot signale ce qui ressemble à une escr---heu, à une imprudente utilisation du statut d'autoentrepreneur. En fait, des gens "embauchés" pour un mission à plein temps, avec un donneur d'ordre unique, pour développer un réseau de coiffure à domicile... J'ai vu aussi à la télévision un reportage sur un restaurant qui "emploie" son personnel sous la forme d'autoentrepreneurs.

J'espère qu'il y aura une jurisprudence rapide et ferme sur ces détournements. C'est à décourager d'entreprendre !

vendredi 28 août 2009

autoentrepreneur, les premières dérives

mon voisin Benoît Willot a déniché le premier papier (à ma connaissance) sur les dérives dans l'utilisation du statut d'autoentrepreneur. Je suis particulièrement sensible à la description qu'il s'agit d'étudiants ou de jeunes diplomés.

samedi 18 juillet 2009

Artisan et concurrence déloyale de l'autoentrepreneur - spectaculaire

C'est Benoît Willot qui a déniché cet article. C'est spectaculaire. Le même service rendu par un retraité auto-entrepreneur (qui n'a aucun plancher en termes de prix de revient) et un artisan (qui fait travailler un salarié) condamne le second à arrêter son exploitation.

Le ministre Novelli a commencé à transiger avec les artisans, ce qui est une bonne chose semble-t-il, car il y a, à terme, de graves questions de responsabilité professionnelle derrière les travaux faits par les uns et par les autres...

Exemple : la décennale d'un auto-entr, vous la voyez comment, vous ? ;-)

mercredi 7 janvier 2009

RSA : Jean Gadrey est furieux, y compris vis à vis de ses collègues économistes

Il ya de nombreux "clients" futurs de la microfinance parmi les titulaires (ou futurs ?) du RSA. C'est pourquoi les analyses sur cette "population" méritent de l'attention. Dans certains cas, on va encourager les Rmistes à "s'installer" sous la forme d'autoentrepreneurs : c'est tellement, tellement simple, nous dit Novelli. Or les économistes sont, en général, assez favorables dans leurs anticipations à la mise en place du RSA, ce nouvel "anti-trappe".

C'est d'autant plus important de lire Jean Gadrey, qui n'est pas un tendre mais qui a une réelle réputation scientifique. Son dernier billet sur son Blog d'AlterEco ne fait pas dans la dentelle.

Il attaque sec ses chers confrères économistes dès la première phrase :

Martin Hirsch a quelques bons amis parmi les économistes. Quand il veut une évaluation positive de « son » RSA, c’est exclusivement à eux qu’il fait appel. Yannick L’Horty fait partie de ce cercle. Il a publié en octobre dernier, avec Denis Anne, une étude à la gloire du RSA. L’analyse semble très fouillée… à ceci près qu’elle « oublie » tout ce qui pourrait contredire les conclusions !

Et le billet continue sur les preuves. Oubli, notamment, des frais de garde d'enfants et de transports liés à la reprise d'un emploi --ce qui est pourtant élémentaire !

Et Gadrey enfonce le clou :

On devrait obliger ces économistes qui « simulent » le sort des chômeurs à en rencontrer de temps en temps. Ils constateraient alors 1) que l’incitation financière au travail est beaucoup moins décisive qu’ils ne le pensent (surtout quand les emplois font défaut !) et 2) que leurs simulations de coûts passent à côté de dimensions essentielles du quotidien. Dans une enquête commanditée par Martin Hirsch en décembre 2007, près de 20 % des chômeurs estimaient que les dépenses supplémentaires liés à la reprise d’emploi (transports et gardes d’enfants) excédaient les gains attendus des emplois proposés. Il est donc injustifiable d’oublier ces dépenses dans une analyse économique.

(passage grassé par moi)

Les analogies avec la situation de micro-entrepreneurs est évidente. Pour ne garder que l'hypothèse de la femme seule avec enfants qui se déclarerait en auto-entrepreneur, la catastrophe est proche !

MàJ : les auteurs de l'étude répondent, puis Gadrey répond à nouveau. Finalement, la controverse porte plus sur l'importance relative des critères et la façon de les présenter. Je penses personnellement que Gadrey a raison sur un point crucial. Les personnes qui hésitent entre RMI et boulot et qui sont souvent dans la pire situation sont les femmes seules avec enfants. Sortir une étude en indiquant (assez discrètement) que l'on ne tient pas compte du cout de la garde des enfants en cas de reprise d'un emploi rend l'étude assez inutile --en tous cas, si on s'en sert pour dire que le RSA, c'est vachement bien et positif à tous les coups !

lundi 29 septembre 2008

Claude Alphandéry : le RSA et les micro entrepreneurs

Il publie une tribune dans Libération d'aujourd'hui sur le RSA. L'appréciation est équilibrée, mais il pointe l'une des insuffisances du texte : les micro entrepreneurs n'y auront pas accès. Alors que c'est une des formes de "working poors" qui se développe à vive allure, parmi les créateurs d'entreprises de plus en plus nombreux : ceux qui créent à partir d'une situation de difficulté personnelle (chômeurs de longue durée, par exemple) et qui ne parviennent pas à se créer un revenu décent. Du moins pas avant longtemps.

Ce sont notamment certains des clients de l'ADIE.