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vendredi 27 janvier 2012
Par Benoit Granger le vendredi 27 janvier 2012, 12:33
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mardi 8 novembre 2011
Par Benoit Granger le mardi 8 novembre 2011, 22:56
je lis les dossiers Finance solidaire des Echos hier et du Monde aujourd'hui; bien faits et assez complets. Un peu de nostalgie au passage... je lis dans un encadré que les fonds "90/10" sont proposés comme un exemple de réglementation au niveau européen : bravo ! je me rappelle encore la conférence de presse d'Hélène Ploix, alors DGA de la Caisse des dépôts, présentant le 1er de ces fonds en 1994, et précisant qu'il avait été crée "à la demande de la CFDT".
Comme j'étais à l'époque le seul et unique récipiendaire des fameux "10% solidaires" du FCP en tant que SIFA, j'étais un peu anxieux sur les façons de les utiliser au mieux !
Puis sont venus les gros volumes des FCPE, puis Finansol, puis, puis, puis... En 2001 puis 2003 les fameux "90/10" ont inspiré les 2 lois sur les Perco, et aujourd'hui donc, seront peut être à l'origine d'une réglementation européenne à peu près harmonisée
Et l'histoire ne fait que commencer !
vendredi 30 septembre 2011
Par Benoit Granger le vendredi 30 septembre 2011, 22:11
Si vous vous intéressez, et si vous ne l'avez pas lu, le rapport de RAmeix sur le fianncement des TPe par les banques est en ligne sur le sites des Experts comptables
prudent ! !
Il a raison: pas d'info fiable...
Mais la FBF s'est empressée de sortir une étude montrant que les taux appliqués aux TPE en France sont inférieurs aux taux moyens en Europe. Mais c'est pas la question ! la question, c'est le volume. Si les banques refusent de nombreux prêts en disant : allez, tirez sur votre découvert ! ... on est dans une situation malsaine.
le découvert, c'est facturé beaucooup plus cher !
mardi 7 juin 2011
Par Benoit Granger le mardi 7 juin 2011, 18:09
Ce papier paru aujourd'hui dans Les Echos (quand démarre la Semaine du microcrédit) est tellement jouissif que j'en ai fait une repro sauvage.

il n'existe aucune statistique, dit Cohen Hadad, sur les crédit aux TPE inférieurs à 25 000 €. rien ! et elles "n'intéressent que moyennement les banques", ajoute-t-il. C'est une litote ! Des "statistiques par régions sont nécessaires" car les comportements des réseaux sont assez différents... etc.
Cohen Hadad, qui est optimiste, espère rencontrer Rameix, le médiateur du crédit, le 25 juin pour en parler avec lui. Car le rapport de Rameix, missionné par Lagarde, laisse noir le trou noir en question.
Etonnant, non ? Alors que les TPE constituent plus de 90% des entreprises en France, on ne connait pas leurs problèmes bancaires. Au passage, autre coincidence, 25 000 € c'est la définition du plafond de ce que la Commission européenne nomme le microcrédit. Encore une façon de dire plus ou moins implicitement : au dessous de 25 000 €, vous n’intéresse pas les banques, et elles ont renoncé à faire des offres de crédit professionnel sur ce segment de marché. Elle n'imagient même pas avoir une activité rentable dans ce secteur !
La seule exception est connue : si vous êtes un micro entrepreneur, et si vous avez le bon "track record" comme on dit an américain, vous obtiendrez des "facilités de trésorerie" : donc pas vraiment un prêt pro; plus simple à mettre en place, plus rentable pour la banque, et moins risqué.
Et ce que devrait ajouter Cohen Hadad, c'est que Bâle III va faire empirer cette situation. les prêts aux petites entreprises vont être classés dans la catégorie des prets les plus risqués dans le bilan ce la banque. Donc aggravant le besoin de fonds propres en contrepartie. Raison de plus pour ne pas se compliquer la vie avec des trucs aussi peu rentables !
Comment faire ? je connais des gens qui ont 2 ou 3 petites idées sur ce point, y compris des propositions un peu agressives à l'égard des banques. Mais qui leur permettaient de faire des prêts rentables. ça doit être jouable !
mardi 5 avril 2011
Par Benoit Granger le mardi 5 avril 2011, 15:16
J'avais envie depuis un moment de réagir sur la question du "modèle économique". En gros, et pour rester dans l'équation française, on entend dans les réunions sérieuses de jeunes convertis vous expliquer "le modèle". Je résume : ya un seul et unique modèle de MC, c'est celui qui est rentable. Et pour être rentable, il faut facturer des intérêts. Evidemment, des intérêts élevés, puisque les couts de production sont élevés en France (parce que les salariés coutent cher).
Donc si tu ne factures pas des intérêts élevés, t'es pas durable, t'es pas sustainable.
hé bé je prenais prétexte des rapports annuels pour rappeler que France Initiative arrive, chaque année depuis 25 ans, à obtenir de l'argent et à le prêter sans intérêt. Ce qui me parait assez "durable" non ?
Évidemment, à partir de concepts et de méthodes qui philosophiquement sont éloignés du "modèle rentable".
voilà mon petit papier paru dans les débats sur le site les Echos le 5 avril
(il y a un raccourci abusif dans le dernier alinéa : il laisse croire que l' "Adie est en crise" ce que ne je crois pas et ce qui n'est pas le cas. J'avais écrit que "de nombreuses IMF" ont des difficultés à emprunter depuis l'an dernier.).
lundi 21 mars 2011
Par Benoit Granger le lundi 21 mars 2011, 08:57
C'est Benoit Willot qui s'y colle. Portrait de Catherine Barbaroux, nouvelle présidente qui succède à l'immense Maria Nowak à l'Adie. Portrait fait à partir du communiqué de l'Adie et de l'interview de CB dans La Croix.
Portrait intéressant car CB est à la fois "un grand serviteur de l'Etat", comme on dit dans les nécros, et une femme qui a une vraie expérience du "privé" (mais dans de grosses boites). Je l'ai rencontrée quand elle était Déléguée à l'Emploi (ou elle est restée sous des ministres de droite et de gauche), puis quand elle a fini sa carrière à la région Ile de France. Assez tranchante, mais avec bonhommie. Tout à faire représentative de ce "modèle français", avec forte implication des pouvoirs publics et contribution au dynamisme des grandes boites...
Comment vit-elle ce que j'appelle la posture idéologique de l'Adie dans un débat assez vif, l'an dernier ? On verra. Mais "doubler la production" : avec quels objectifs ? Acquérir la fameuse autonomie financière, le graal avoué de Maria ? En continuant de mettre la pression sur la productivité, et en montant les taux d'intérêt des prêts ? Ou bien mettre en place de façon voulue, systématique, ces partenariats publics-privés que j'ai prôné (avec d'autres) ?
Elle commence par dire que "beaucoup de clients potentiels ne connaissent pas l'Adie" : donc communiquer. Mais les attirer en direct vers l'Adie, le prêteur ? ou bien passer par les réseaux d'accueil, qui filtrent et conseillent ? La encore, ce sera un enjeu.
En tous cas, bienvenue à elle. L'Adie est une réalisation fantastique, qui doit presque tout à Maria, et beaucoup aux équipes, d'une efficacité et d'une fidélité fantastiques. Pour la prochaine période, il me semble que les enjeux sont désormais dans "la coopération" avec les banques, qui ressemblera de plus en plus à une partie de bras de fer. Et la technologie, avec le mobile et le scoring. Avec un risque de perte de ce qui constitue le coeur de métier : la confiance, les yeux dans les yeux, entre le prêteur et l'emprunteur.
vendredi 16 juillet 2010
Par Benoit Granger le vendredi 16 juillet 2010, 16:29
Maintenant que mon papier est paru dans la "presse papier", en l'occurrence la Revue L'expansion Entrepreneuriat (N° daté de Juin 2010), je peux Prets d'honneur de France Initiative et de Réseau Entreprendrele publier ici.
Il s'agit d'un papier travaillé à plusieurs reprises depuis l'automne dernier et terminé en décembre 2009 (c'est lent, la "presse papier" !)
Le sujet qu'on m'avait demandé était à l'origine la situation nouvelle qui se présentait pour les deux réseaux (FI et RE) qui s'interrogeaient tous deux sur la façon spécifique de financer des créations d'entreprises innovantes. A force de discuter avec les uns et les autres, académiques et experts du secteur, je me suis aperçu que le principe même des prêts d'honneur était largement ignoré...
Ce qui me sidère un peu de la part des gens qui s'intéressent à la création d'entreprise, car les deux réseaux font quelques 15 ou 16 000 prêts par an --et financent le gratin des créateurs d'entreprise.
D'ou le paradoxe : ceci complètement en dehors des "règles du marché". D'ou ma comparaison avec les principes de l'Adie. On m'a dit, bien entendu, que j'étais de mauvaise foi avec cette comparaison : pas du tout ! Il n'est pas question pour moi de comparer les cibles : l'Adie finance des personnes en difficulté et pas les deux autres. Ma comparaison cherche à comprendre les ressorts, les origines idéologiques de telles différences.
Voilà. Si vous voulez le lire en papier (avec les 2 ou 3 bêtises qu'un secrétaire de rédaction y a ajouté...), vous pouvez vous procurer ce N° de la revue : mais je vous déconseille de l'acheter : 30 €, c'est indécent. Volez le, c'est plus agréable.
mardi 15 juin 2010
Par Benoit Granger le mardi 15 juin 2010, 17:26
This is my paper published in the latest "EMN Magazine", June 2010
Another new law in France on credit in May 2010 is published: primarily on the control of consumer credit.And by the way, the government exerts pressure on banks so they get directly involved in professional microcredit. But is this a profitable business for banks? Surely not if they also provide counselling to microentrepreneurs, which is essential Hence the questions about the coordination between microfinance networks and banks.
__ 1 – Business creation in France deeply moved by recent reforms.__
Microcredits continue to grow in France despite the economic crisis. This is probably explained since 2007 by a specific effect: the threat to salaried employment contributes to the creation of new businesses by the unemployed, but also by deeper movement. In 2003 and 2005, the Dutreil Laws simplified many procedures in business creation and then, in 2009, the “self-entrepreneur” status (autoentrepreneur) dramatically changed the landscape of business creation in France. Indeed, in France, new businesses increased from 215,000 in 2001 to over 300,000 in 2008, mostly very small businesses. In 2009, more than 580 000 new businesses were registered (+75% in one year) which are mainly attributable to the new status of self-entrepreneur because other categories of businesses declined.
The profiles of these newcomers are not very different from those of traditional businesses; yet it is a radical innovation. The formalities for starting a business are reduced to little things (you can register online in 10 minutes and start invoicing) and business rules are minimal provided that the activity is very modest: maximum turnover of €32,000 per year for a service activity (€80,000 for a commercial activity). Even though data are not yet reliable, the magnitude of the movement is indeed still modest, as only one quarter of self-entrepreneurs has a real activity; and an even smaller part of them gets an income that is comparable to the minimum wage.
__ 2 - Microcredit in France: the figures.__
France is the most active Western Europe country for professional microcredit. This is due to the overwhelming success of Adie, which has been giving media coverage to microcredit for over 20 years, and to the more discreet and stubborn field work of France Initiative. Both microfinance networks are very different in their structures, their philosophies and their targets, even if they have the common feature of being not-for-profit associations.
In 2009, some 40,000 new business creations were financed out of the banking networks. The large majority is divided into two roughly equal parts between Adie, with average loans of €2,800 for small projects presented by persons in difficulty, and the local platforms of France Initiative, with average loans of €7,800 for larger projects. Other practitioners, such as the France Active Network and some regional networks, have lower trading volumes.
It is likely that there is a much higher latent demand, estimated by studies (Adie in 2008, the EIF in 2009) to be 100,000 loans per year. This is significant, as consistent estimates show that only 15 to 30% of entrepreneurs consider getting into debt to start their business. The remaining ones are reluctant to take such risks, or feel they do not need a loan.
But this demand is only expressed in terms of the supply. Much of the success of Adie is linked to this phenomenon: for a long time, people having problems did not consider setting up a business for many reasons, one being that these people had assimilated the fact that a bank would never trust them and lend them the necessary money. It is thus a supply policy that has proved, over the last 20 years, that many people have both the will and capacity "to start their own business" and to develop sustainable projects, even when they have no choice but to live on minimum social benefits.
3 – Two types of cooperation with banks
Two other developments are changing the landscape. On the one hand, banks no longer content themselves with leaving microcredit networks to do what they do not want and cannot or do not know how to do directly, that is to say small business loans. On the other hand, the combined pressure of French government and European authorities led the banks to get involved directly in this universe that they are largely unaware of.
Traditionally, for over 20 years, banks in France have been outsourcing small business loans to microcredit networks. With Adie, the agreement in principle was clear. Adie was the one doing all the upstream work (candidate selection, project validation and various aids to entrepreneurs) and the downstream work (double tracking of the customers: follow up of the reimbursements and follow up of the business management), the loan being implemented by the bank. Then recently, Adie changed its policy to master its own loan production from its own funds. For the local platforms of France Initiative, the pattern is different and remains unchanged. The 500 local committees (the ones taking lending decisions) are composed partly of local bankers. Hence, the unsecured loans are decided in an informal arrangement with the banks, making it easier for entrepreneurs to access additional loans from one of the mainstream local banks.
Thus, a dual system was established, highly effective for both partners:
• The bank avoids the costs of production it considers disproportionate to the amount of the loans and its standards of production. It leaves this work to the associations, which receive grants to do it, but then picks up good quality customers.
• The associations, Adie and France Initiative, show the government (which today remains their main provider of subsidies ) that they contribute to the creation of many healthy businesses capable of development, while the banks show that they are unable to do this work alone.
The policies of these banks have been more or less explicit over the last twenty years. Some prefer to adopt the attitude of sponsors (BNP Paribas), whereas others, such as Crédit Coopératif, and more widely the Popular Banks (Banques Populaires) that federate decentralised banks, have built real professional partnerships close to the SME world that are strongly involved in supporting microfinance. They have long supported the Adie initiatives, and are heavily involved in the loan production of the France Initiative platforms.
4 – Two very different types of microcredit
Adie and France Initiative do not differ only in their targets and the amounts of their loans. These two networks base their action on very different philosophical grounds. Adie addresses people in difficulty who have a micro project. Its main loan is the Solidarity Credit (Crédit Solidaire): it is a loan of an average of €2,800, a term of 18 months, with an overall interest rate between 10 and 12%; and Adie asks its customers for a guarantee for half of the loan amount. The France Initiative loan is aimed at people who are not particularly socially excluded, but who cannot, alone, have their projects financed directly by a bank. The average loan amount is much higher (€7,800) and funds projects much larger than those of Adie’s clients. The France Initiative loan is an unsecured loan: that is to say without guarantee or collateral (the borrower agrees to repay “on his/her honour”). In addition, it is a free loan, without interest. Its main attribute is to increase significantly the business creator’s capacity for additional indebtedness, since this unsecured loan would be the last one to be reimbursed in case of a problem.
The question arises whether this unsecured loan is within the definition of microcredit. Indeed, Adie's goal is to achieve financial balance by covering its costs and risks from the profitability of its loans: it is a goal consistent with the vast majority of microfinance institutions, even though studies show that this balance is unlikely in Western Europe (Evers & Young). France Initiative depends entirely on grants and patronage, as its operation is, by definition, in deficit and will remain that way. In addition, France Initiative funds projects that may be considered too large to match the definition of microcredit. According to the EU definition, confirmed in 2007, this would be business loans of a maximum of €25,000: this is the case for the unsecured loans of France Initiative, but their considerable leverage effect on the entrepreneur’s additional bank debt leaves this open for debate.
__5 – The attitude of banks: disappointing from a strategic point of view __
Since the recent financial crisis, banks in France, under government pressure, have made commitments towards the VSE (Very Small Enterprises) in order to support them in a difficult situation. The banks had announced, at the request of the government, their level of commitment in 2007. Within the category of "VSE of less than 5 years", we cannot distinguish those that would be considered as microcredit. But we can notice that of the €400 billion of outstanding loans granted to SMEs-VSEs, the outstanding loans related to VSEs (turnover less than €1.5 million) of less than 5 years, among which are the business creators, amounted to €78 billion at the end of 2007. Following the reduction in credits due to the depression of 2008 - 2009, the Government obtained formal commitments from the five major banking groups to increase their commitments in 2010. But it is likely that this increase will benefit mainly the well-established clients of the banks, and not primarily the microentrepreneurs.
Banks have two traditional arguments to explain the weakness of their direct engagements. On the one hand, entrepreneurs are inherently risky customers because "one out of two fails," according to the traditional affirmations. In fact, recent studies (INSEE - APCE, Agency for entrepreneurship) show that the rate of "failure" is much lower(almost half of this group stops voluntarily)
On the other hand, banks have long advanced another argument; that of the disproportionate production costs of small business loans. If it takes the same time to lend €5,000 as €50,000, the explanation is simple. But it also shows that, beyond their traditional clientele of retailers and artisans, banks have invested little in getting to know entrepreneurs. The argument of "asymmetries of information" is weak, especially because lately they have had the ability to adjust credit interest rates, following the recent removal of usury rules in France. It does not seem that the opportunity to charge higher interest rates has changed their production methods.
6 – Review the terms of coordination: amounts and profitability; risks of competition
Thus, the situation in France is now unstable. For over 20 years, the two main networks, Adie and France Initiative, have been giving convincing evidence of their effectiveness, each network according to its model. But they can only develop themselves by obtaining the cooperation of banks. The discussion is about the fact that the ceiling of €25,000 is not a good definition. Indeed, the implicit consequence would be to free banks from their direct responsibilities towards the majority of small start-ups, that would be left to the microfinance networks. So the discussion is about the amount. Banks should commit themselves to implementing loans they could grant directly from €10,000 upwards while microfinance networks would focus on microcredit loans under €10,000.
Is this division sustainable? Some bankers specialized in VSE are willing to make efforts to improve productivity and thus lower the minimum amount of their loans. But they add that if Adie, in particular, increases the average amount of its loans, they become very close to some regular loans from the bank to its own customers, artisans or retailers. In this case, the support that the bank grants to Adie is less justified: both practitioners are potentially in competition, while Adie is subsidized to implement its loans. And Adie would possibly be in trouble as it cannot offer the additional services offered by the bank (current account, financial services, overdrafts, credit cards ...). The debate is open today, concerning a still small part of Adie’s "best" customers.
Ideally, the collaboration between banks and microfinance networks develops through mutual learning. Banks learn under what conditions some network customers could become profitable customers for them, and microcredit networks learn from banks about the technology they need (computer systems, scoring, recovery techniques ...). But the limit appears quickly, if one or the other has the feeling that customers are being taken from them!
7 –Two risks for the future: to abandon the logic of the professional loan; and thetrend towards the dematerialisation of the relationships between lenders and borrowers
The limits of cooperation between banks and microfinance networks are also defined by other external pressures. The pressure on the profitability of banks' equity capital, strengthened by the Basel Agrements: small business loans are undoubtedly the least profitable loans for banks. Also the competition between banks and specialised financial institutions, which changes the nature of business loans.
By definition, business loans are based on a strong relationship between lender and borrower, the one needing to "understand" the plan of the other. So this requires a dialogue which implies high production costs. Whereas the techniques of personal loans (consumer loans, revolving credit, etc..) come down to a very quick benchmark between a personal profile and a database: this allows specialised financial institutions to make revolving credit loans of very small amounts, up to €100 or €200, which are very profitable.
So the temptation is great to go from one technique to the other, especially as, in the case of micro projects, the boundaries are blurred between the person of the borrower and his/her project. This is what has happened in some Latin American countries since the late 90s. The banks have built a range of personal loans in direct competition with that of microcredit NGOs who offered professional microcredit, often in peer groups. The result is an oversupply and severe indebtedness phenomena previously unknown . This is a risk already present in some European countries, especially in the East, and which questions the very logic of microcredit. There are no more physical meetings to discuss the project, no more dialogue or assessment; whereas, by definition, clients are people who need advice and counselling. Besides, the fact that microcredit is accompanied by advice and counselling is also part of the European definition.
This "debt by a click" trend converges with another trend towards the dematerialisation of business creation procedures. In France, since 2010, just 10 minutes of Internet procedures are needed to become a self-entrepreneur and start one’s activity. So there is no longer any physical encounter, either with a lender, or with a counsellor.
These products are successful because they fulfil a need for no-personal involvement in the credit relationship from poor people, according to credit sociologists and historians, which avoids the feeling of anxiety or guilt of a personal relationship with the traditional banker. But as a result, risks are transferred to only one side: to the side, in case of a problem, of the one who has "made a mistake" in borrowing, and not from the side of the credit supplier. It is in this that lies one of the sources of the risk of new forms of overindebtedness.
jeudi 8 avril 2010
Par Benoit Granger le jeudi 8 avril 2010, 16:55
Les événements s’accélèrent, semble-t-il. Une réunion à la Banque de France avec le Comité national de l'info statistique devrait avoir lieu très prochainement pour aboutir à une définition juridique du microcrédit professionnel. C’était l’une des demandes de Christine Lagarde en mars, quand elle a présenté son projet de réforme qui portait aussi sur le crédit à la consommation. A partir de là, les réseaux de prêteurs auront la possibilité de développer leurs offres dans de meilleures conditions.
Mais le débat sur la définition prend un tour homérique. Les deux principaux réseaux qui financent des créateurs d’entreprise sont l’Adie, association devenue emblématique, et le réseau France Initiative, avec ses 250 plate formes locales. Les chiffres sont proches : l’un comme l’autre financent chacun quelques 15 000 créations par an ; avec des résultats proches en terme de remboursements et de pérennité des entreprises créées. Mais avec une grosse différence dans les publics visés : il s’agit de micro-projets pour l’Adie (qui fait des prêts de 2 500€ en moyenne) et de projets plus importants pour France initiative (6 500€ en moyenne).
A total, les deux réseaux et quelques autre intervenants comme France Active assurent une part importante des financements de la création : difficile à comparer avec les engagements des banques, car les bases des comparaisons ne sont pas les mêmes.
Le débat se noue sur une différence de fond entre les deux réseaux, qui est philosophique. Pour l’Adie, il faut facturer des intérêts car c’est « le marché » qui l’exige. De plus, l’Adie ambitionne d’équilibrer ses comptes : percevoir les intérêts lui permettrait à terme d’assurer son indépendance, puisqu’ils couvriraient ses coûts et « la casse » : les prêts non-remboursés par des entrepreneurs en difficulté.
Pour France Initiative, la question n’est pas là. Les plate formes locales reçoivent des subventions qu’elles transforment en prêts aux créateurs : c’est de l’argent public. Pour l’essentiel, de l’argent public local, celui des Conseils généraux, rendu efficace par le prêt. Mais surtout, les plate formes sont des associations locales qui réunissent des banquiers, des chefs d’entreprises, des Chambres de commerce au service du développement local. Les uns et les autres estiment qu’il faut avant tout accompagner, conseiller les créateurs d’entreprise : les prêts ne sont qu’un signe de confiance parmi d’autres. Et faire appel « à l’honneur » des emprunteurs est un moyen très efficace de les intégrer dans cette logique du développement local.
L’hiver dernier, Christine Lagarde demande à l’inspection générale des finances de faire des propositions pour pousser les banques à s’engager et, au passage, proposer une définition du microcrédit. Le rapport, très influencé par les conceptions de l’Adie, restreint le microcrédit aux « prêts à titre onéreux » qui font l’objet d’un accompagnement. Réaction immédiate de France Initiative et de quelques autres : et nous ? on fait quoi ? autre chose que les fonctionnaires ne savent manifestement pas définir… même la Commission européenne dans sa définition de 2007 ne parle pas d’intérêts !
La question prend de l’ampleur, car si, dans les jours qui viennent, une définition juridique est retenue, c’est elle qui triera ceux qui peuvent bénéficier d’aides publiques et les autres. Et le Conseil national de l’information statistique ne retiendra que les uns et pas les autres pour dire, désormais, qui fait et qui ne fait pas du microcrédit !
On risque d’aboutir à un paradoxe cruel. Les prêts d’honneur ont montré leur efficacité ; plusieurs études montrent qu’ils sont un puissant levier sur les banques, qui n’acceptent de s’impliquer dans des projets fragiles qu’à la condition qu’il y ait des prêts d’honneur. De l’argent public prêté sans intérêt, de l’accompagnement de proximité, des prêts complémentaires de la part des banques : c’est le cocktail recherché par le réseau.
Alors que si une définition très restrictive du microcrédit était retenue, seule (ou presque) l’Adie répondrait à une définition taillée sur mesure. Ce serait amplifier le paradoxe d’aujourd’hui : l’Adie prête plutôt cher à des personnes en difficulté, alors que France Initiative prête gratuitement à des personnes qui n’ont pas de grave problèmes –juste des projets.
Rapport inspection générale des finances http://www.economie.gouv.fr/services/rap10/1003rapmicrocredit.pdf
définition du microcrédit par la commission européenne http://europa.eu/legislation_summaries/enterprise/business_environment/n26115_fr.htm
mercredi 24 mars 2010
Par Benoit Granger le mercredi 24 mars 2010, 08:47
Christine Lagarde annonce un projet en 4 points ; il est résumé sur le site de son ministère ici.
Coïncidence : j'étais la semaine dernière avec Arnaud Poissonnier (BabyLoan) à une séance de travail ou il en a parlé, avant de publier cette tribune dans le Monde.
Je dois dire que je ne vais pas partager TOUT l'enthousiasme de Poissonnier, mais une partie seulement.
Il écrit :
(AuSud) "Le prêt solidaire par Internet permet au grand public de parrainer des bénéficiaires de microcrédit en leur prêtant (et non en leur donnant) la somme dont ils ont besoin pour financer leur activité de subsistance. Les plateformes qui proposent cette approche innovante (une quinzaine dans le monde) travaillent sur le terrain avec les institutions de microfinance, dont le rôle consiste à accompagner et prêter aux exclus du système financier.
Donc 2 temps : les particuliers peuvent prêter ; mais l'intermédiation subsiste : les institutions de microfinance, sur le terrain, sont là pour accompagner. En somme, il décrit Kiva ; en rêvant de le multiplier :
"l'on en vient à rêver que les 150 millions de bénéficiaires de microcrédit du monde soient un jour parrainés par 150 millions d'internautes, telle une gigantesque banque citoyenne. Voilà l'objectif !
2ème temps de la démonstration : ce qui est possible au Sud, ce que fait Babyloan (les particuliers peuvent "prêter" à la plate forme qui "prête" aux IMF du Sud, qui prêtent aux micro entrepreneurs) n'est pas possible au Nord. De vieilles règles de prudence interdisent de collecter de l'épargne si vous n'êtes pas régulé et contrôlé comme une banque. Vieille sagesse.
Or le projet de loi présenté par Lagarde ce 24 mars, et qui porte surtout sur le crédit consommation, prévoit une exception toute nouvelle : le fait que les particuliers pourraient désormais en France prêter à des associations vis des plate formes Web : en l'occurrence l'Adie en passant par Babyloan, car, dans l'immédiat, il n'y a pas grand chose d'autre --mais on peut craindre un enthousiasme un peu imprudent et des initiatives à tout va !
OK, l'idée est belle est bonne ; elle nous rapproche des Etats Unis ou il existe une quinzaine de plate formes de rencontres. Mais en France avec des contenus différents : il s'agit de prêter à des prêteurs , pas de développer les rencontres directes entre prêteurs et emprunteurs sur des plate formes comme Prosper, Lending club et autres.
3 remarques sur ce projet.
1 - Il est fait pour augmenter les ressources des prêteurs. C'est la raison pour laquelle Arnaud Poissonnier et Maria Nowak (Adie) ont poussé dans le même sens.
Je pense qu'il y a 2 risques dans ce schéma.
D'abord collecter l'argent des particuliers coûte très cher. 1000 € par 1000 €, c'est tout un discours, une comm d'enfer à mettre en place ; beaucoup moins cher par le Web que par des moyens traditionnels, mais ce sont des tonnes d'explications à donner pour arriver à des sommes significatives...
Ensuite le rapport au fric ne marche pas du tout en France de la même façon qu'aux Etats Unis, ou Kiva a provoqué un engouement énorme, dès le départ. Aux US, "les gens", ceux qui donnent, sont séduits par l'idée de prêter. Donner pour l'éducation, les églises, etc, ça fait partie des devoirs quotidiens (on donne beaucoup plus qu'en France). Mais "donner" pour créer du business, ça a quelque chose de contradictoire. Donc prêter, ça c'est business. C'est logique, c'est séduisant, et ça coute pas cher (si on est remboursé).
Mais il me semble qu'en France, si on se rappelle les quelques rares études sur les motivations des épargnants de l'épargen solidaire, c'est beaucoup plus compliqué et subtil.
2 - Augmenter les ressources des prêteurs avec de la dette, est-ce bien la solution ?
En gros, l'Adie estime que ses besoins en augmentation de fonds de prêts sont tellement importants que ni ses grands sponsors privés (des banques, en général), ni les pouvoirs publics ne peuvent (et ne veulent) suivre.
Mais est-ce la solution de les remplacer (ou de les compléter) par des fonds venant du grand public ?
J'ai plutôt l'impression que l'on risque d'avoir des charges de gestion importantes, pour des explications incessantes, embrouillées, éventuellement suspicieuses (pourquoi vous prêtez avec intérêt de l'argent que moi je vous prête sans intérêt?) etc...
Kiva a provoqué un énorme engouement aux Etats unis dès son départ, mais est aujourd'hui victime d'une crise de confiance sur un sujet proche (pour l'info, googlez le nom de David Goodman pour lire son blog, en anglais).
Donc il me semble que le réel effort est de convaincre les "initiés" en l'occurence les grandes banques et le gouvernement que le microcrédit a tellement d'avantages pour eux qu'ils devraient se mettre d'accord pour le financer largement. Voeux pieux : ok, peut être. Mais les risques d'impliquer le grand public sont réels. Et s'endetter pour les fonds de prêts ne rsoud pas la question des couts de production, qui resteront démesurés.
Au passage, on peut imaginer un avantage à une telle forme de collecte, très nouvelle dans notre pays. C'est beaucoup plus que mobiliser des épargnes, mobiliser des citoyens. En somme, si des centaines de milliers de personnes "votent" pour BabyLoan - Adie en leur confiant quelques centaines d'€, peut être le gouvernement en sera impressionné --et les banques inquiètes devant toute cette belle épargne qu'elles ne géreront pas ? Si ce sont les citoyens qui "votent" en déplaçant leur livret A, peut être inventera-t-on des mesures réellement ambitieuses ?
3 - Quelles seront les conditions ? qui aura accès à cette manne toute nouvelle ?
Les deux acteurs qui anticipent sont l'Adie, très connue, très établie, ancienne, et qui a des relations de confiance avec toute la place bancaire, et BabyLoan, qui a tout juste 2 ans d'existence, et qui jouera l'intermédiaire marketing dans l'opération.
Collecter des épargnes populaires a toujours été un risque en soi. Parce que la naïveté du public peut provoquer des dégâts ; parce que plein de "petits malins" peuvent s'introduire dans le schéma et le pervertir. Bien sûr, il existe déjà des garde fous réglementaires (introduites dans le CoMoFi récemment) sur les associations qui ont le droit de prêter. Mais on ne fait pas une loi juste pour l'Adie toute seule ! Elle est la seule, 4 ans après, à remplir les conditions du CoMoFi, mais d'autres comptent s'y mettre. Peut on contrôler préventivement ? tout en ne fabriquant pas des conditions bureaucratiques ? ça va être coton !
Enfin, la limite entre ces épargnes et celles mobilisées dans les différents systèmes avec avantages fiscaux à l'entrée (réductions d'IR pour les PME....) vont devenir poreuses et également difficiles à gérer !
A suivre !
lundi 15 mars 2010
Par Benoit Granger le lundi 15 mars 2010, 16:52
C'est un papier des Echos d'hier. Drôle de façon de compter de la part de l'Inspection générale des finances : 13 000 microcrédits professionnels en 2008 ? dont 12 500 par l'Adie ? Ah bon ? Donc France initiative et Réseau Entreprendre + les prêts liés aux Caisses d'épargne, etc, à la trappe ?
C'est vraiment stupide !
mercredi 10 mars 2010
Par Benoit Granger le mercredi 10 mars 2010, 08:39
Mon voisin de blog Benoît Willot épingle (gentiment) Jean-François Moulin, et je le cite parce que le dernier article de ce dernier m'avait fait sourire --mais, flemme de ma part, BW a dégainé avant moi.
Le dernier papier de JF Moulin et al est paru dans les Echos dernièrement, c'est ici. Pourquoi les banques françaises devraient se mettre à la microfinance, demande l'ancien banquier ? Parce que sinon, ce sont des organisations spécialisées qui vont leur piquer ce marché ! Alors que dans un papier paru dans le même quotidien en 2008, Moulin disait de façon un peu paradoxale que la MF, "c'est une solution dépassée" : il faut des fonds propres à ces micro entrepreneurs , et non de la dette.
D'accord, il s'agissait de la MF dans les pays du Sud ; alors qu'aujourd'hui JF Moulin (ancien banquier : il a dirigé la Banque populaire de l'Ouest, avant de fonder la chaire Microfinance d'Audencia --chapeau bas !) traite de la la MF en France. Mais cela dit, je ne crois rien de ses arguments de 2008. Ecrire que :
"les contrats en fonds propres présentent trois autres avantages. Premièrement, un investissement en fonds propres place l'IMF sur le même plan que la micro-entreprise et par conséquent permet de régler les problèmes d'agence dans leur relation contractuelle. De ce fait, la microentreprise considère l'IMF comme un associé, un partenaire qui l'aidera à parvenir au succès. Deuxièmement, le recours aux fonds propres permet à l'IMF de mieux gérer son exposition au risque non systématique par sa participation aux décisions stratégiques qui ont un impact direct sur la rentabilité de la micro-entreprise. Enfin, l'utilisation des fonds propres permet d'éviter le caractère cynique du paiement de l'intérêt sur la croissance de la microentreprise.
Cela me semble une confusion. Ce que l'on cherche, c'est un "effet fonds propres", et non des fonds propres. Le micro entrepreneur, qui n'est pas organisé en société commerciale, a besoin de dettes de dernier rang pour pouvoir éventuellement réemprunter en cas de besoin. L'égalité avec son "associé" est une fiction, et les intérêts ne sont pas plus "cyniques" que les valorisations de sortie d'un investisseur ! (j'ai l'impression que M. Moulin a été influencé par son coauteur de l'époque, Ayi Ayayi, qui a fait sa thèse au Canada sur le capital risque ; et donc préfère le risque à la dette ! )
Le point intéressant, c'est que la question se pose dans des termes comparables au Sud et au Nord sur un point précis, celui de l'effet fonds propres. En gros, les 2 qualités essentielles que l'on attribue à la MF, du coté des banquiers, c'est que :
1 - elle nous débarrasse des couts de production des prêts !
2 - elle crée les faux - fonds propres qui manquent au micro entrepreneur : or plus de fonds propres permettent de prêter plus
Dans le système français de microcrédit, on peut prendre pour exemple de ce mécanisme les prets d'honneur, tels qu'ils ont pratiqués par France Initiative : ce sont typiquement de faux fonds propres avec un "effet fonds propres". On ajoute 100 en haut du bilan, ce qui permet d'ajouter 100 en dettes.
Sur le reste, je dois dire que je reste très sceptique sur l'idée selon laquelle les banques devraient se jeter sur ce marché sinon des organisations spécialisées vont le leur "piquer" : ce n'est pas un marché rentable, et il ne le deviendra pas facilement. Alors que les banques sont poussées à aller au plus simple et au plus rentable.
dimanche 4 octobre 2009
Par Benoit Granger le dimanche 4 octobre 2009, 14:27
le site a pataugé pendant un moment, mais là, ça a l'air de marcher. L'idée (je crois conseillée par Cofinoga) est de gagner le plus de temps possible sur les pré-tris des futurs clients. Il est annoncé par ailleurs que l'on peut obtenir un 2nd prêt d'un montant plus important que le 1er : application stricte de données de terrain. Des agents de crédit de l'Adie m'avaient expliqué que le 2nd prêt, "c'est souvent presse bouton" ! Je n'ai aucun chiffre sur les tendances --je vais essayer d'en avoir !
vendredi 21 août 2009
Par Benoit Granger le vendredi 21 août 2009, 14:32
je reproduis ci dessous le texte de l'invitation de la CDC. C'est intéressant, au moment ou la Commission embouche trompettes et clarinettes sur la nécessité de développer la MF ! En réalité, j'ai appris récemment que l'essentiel des fameux 100 millions dédiés à la MF étaient des redéploiements d'autres budgets : pas des sommes nouvelles ! Et que le passage par la Banque européenne d'investissement (ou bien le FEI ?) allait sans doute rendre les procédures super - bureaucratiques ...
__« Microcrédit professionnel et création d'activités » lundi 19 octobre 2009 Cité des sciences et de l'industrie de Paris.__
Cette journée de rencontres et d'échanges, dédiée au microcrédit professionnel, support de la création d'entreprise, sera l'occasion de présenter :
- La politique européenne et les expériences menées dans les pays membres,
- Les enjeux économiques et sociaux nationaux du microcrédit pour la création d'entreprise dans le contexte de crise.
Les conditions de développement et de succès des différentes formes de microcrédit seront l'occasion de larges débats entre les acteurs du microcrédit, les institutions bancaires, les représentants de collectivités territoriales, de l'Etat et de la Caisse des Dépôts.
Ouverte par Monsieur Augustin de Romanet, Directeur Général de la Caisse des Dépôts, cette manifestation se déroulera en présence de plusieurs ministres. Dès à présent, nous vous invitons à réserver sur votre agenda cette date importante.
Une invitation personnelle vous sera adressée en septembre afin de participer à cet évènement. Le Département Développement Économique et Économie Sociale de la Caisse des Dépôts
jeudi 23 juillet 2009
Par Benoit Granger le jeudi 23 juillet 2009, 09:22
Je supprime la référence à Benoit Willot, sur les mérites comparés du prêt d'honneur et du "microcrédit payant", type Adie, car c'était dommage, disais-je, que l'on n'ait pas accès au texte lui même. Or il n'y a pas de texte; donc je supprime la référence...
Les arguments ne surprendaient pas trop les lecteurs de ce blog, puisque j'ai publié ici le papier (en anglais) que nous avons fait, Stefanie Lammerman et moi, pour un récent congrès de chercheurs sur ce thème.
Les échos que j'ai venant de chercheurs étrangers montrent que nous autres français, une fois de plus, nous nous singularisons en faisant coexister deux modèle aussi différents dans notre beau pays ! Ya que les français pour se compliquer la vie à ce point ! ... Mais si ça peut servir d'inspiration (l'idée qu'il n'y a pas de modèle imposé) à d'autres, tant mieux !
samedi 18 juillet 2009
Par Benoit Granger le samedi 18 juillet 2009, 19:17
En voilà un qui mérite d'être lu, y compris entre les lignes. Désormais, d'anciens "employeurs" n'hésitent plus à proposer à des candidats le statut d'autoentrepreneur pour les faire travailler, au lieu de les embaucher sous la forme d'un contrat de travail (c'est trop cher, c'est trop compliqué, c'est trop de risques en cas de conflit...)
La limite, ce sont des histoires que me racontent mes étudiants. L'un d'eux termine son apprentissage. Plus d'embauche, lui dit-on, c'est la crise. Mais comme tu travailles bien, on aimerait continuer avec toi. La solution ? Installe toi comme autoentrepreneur !
Là, on est au delà de l'acceptable. En bonne théorie économique, on transfère tous les risques de l'entrepreneur sur les (ex-) salariés, sans qu'ils bénéficient des autres caractéristiques de l'entrepreneur : maitriser son marché.
Dépendance à l'égard d'un seul donneur d'ordre ; disparition de la base même des protections sociales qui caractérisent les relations sociales dans le pays depuis des décennies... On va, à mon avis, trop vite trop fort.
Et pour des jeunes, c'est une "entrée dans le monde du travail" particulièrement brutale ! On les a déjà endettés jusqu'à leurs petits enfants inclus ; en plus, on leur refuse les protections sociales de leurs parents ! ... Dur pour eux !
samedi 20 juin 2009
Par Benoit Granger le samedi 20 juin 2009, 14:18
Ca patouille dans les concepts. Le communiqué de presse est ici (il ressemble plutôt à un résumé du rapport qu'à un communiqué ! pauvres journalistes !) qui énumère tranquillement tout ce quei est prêts, épargne, assurance.
Donc, en gros, la microfinance c'est tout ce qui est micro ? Plus de distinctions entre prêts professionnels et prêts perso ? entre prêts à la personne et prêts à l'entreprise ? assurances pro ou assurances perso ?
Il va falloir que je regarde tout ça de plus près (sans jeu de mot)
dimanche 5 avril 2009
Par Benoit Granger le dimanche 5 avril 2009, 15:55
J'écris un bon gros papier (en anglais ! Quelle galère !) sur la microfinance en France, qui pourrait servir de grille d'analyse sur les questions posées actuellement au Sud. D'accord, je suis un peu focalisé sur quelques questions clé, du genre "quelle influence exercent les fonds d'investissement étrangers ?", car j'ai l'impression que la crise va accentuer cette influence, qui n'est pas toujours positive, loin de là.
voic les premiers alinéas de mon papier (en anglais)
The purpose of this paper is to describe the two very different models of microfinance (MF) that are developing in France; and subsequently to try to underline common questions with the current debates regarding MF in Southern countries.
The comparisons with Southern MF are impossible, because the local conditions are profoundly different. However the questions about efficiency and the links between public intervention and the social impact of MF are relevant.
In France, two main networks, Adie and France Initiative, provide more than 25,000 micro loans a year to people, in majority unemployed, who want to set up a new business. These figures represent more or less 50% of the microfinance activity in the Western part of Europe.
Public money represents more than 80% of resources of these two networks. But one of these wants to escape this and become independent, and “financially sustainable”. The other one explicitly wants to work with public money, considering that financing new businesses for people in trouble is a public duty.
This is a first difference between these two networks, meaning that they have developed very different conceptions of entrepreneurship. Is entrepreneurship a pure “free market activity”? Or is it a way to create collective wealth that deserves (and needs) to be supported by public policies?
The rising questions in the South are the same. The new influence of big foreign investors, very profit-oriented, in mature MFIs (microfinance institutions) in the South makes the situation very unstable; because the influence of these investors is based on a very simple conception of the job. This is pure financial transactions; profits are necessary to raise new resources; public intervention in these fields must be as limited as possible. In France, the intervention of public money is completed by very precise public rules. It concerns two key points: the interest rate ceiling was fixed until recent changes; and it is forbidden for a lender to take the home of his client as collateral in case of a personal or a professional loan. These two points are at the heart of debates in the South.
Of course, the main differences between these two situations, in France and in “the South”, make comparing MF development conditions impossible. Wealth in the countries is different; as is the concept of involvement of public money in MF; even the concept of the aims of MF differs; and finally, the concept of entrepreneurship as a model.
But the questions that arise now, after scandals like Compartamos, are probably not so different. Beginning with this one: Are “free market laws” able to share wealth created by the entrepreneur, between the entrepreneur and the lender? Does this relationship need an arbitrator?
dimanche 1 février 2009
Par Benoit Granger le dimanche 1 février 2009, 16:11
Microloans are characterised by small loan amounts (according to the 2003 European definition <€25,000) for persons who are excluded from access to bank credit. For business purposes microloans are provided to microenterprises (1-9 employees) and self-employed persons. France is the country in Western Europe where the microcredit sector is the best developed.
This is the outcome of 20 years of activity of three principal organisations: Adie, France Initiative and France Active (all are non-profit organisations). They differ in the kind of products they offer, in their functioning, their sources of funding and with regard to the target group they serve. All these organisations also provide business support services for the entrepreneurs they finance and rely heavily on support from volunteers. These organisations have shown that a huge demand for microcredit exists; since launching their programmes, they have grown substantially.
A study carried out in 2008 by Adie on behalf of the European Investment Fund (EIF) on the gap between demand and supply of microfinance for business purposes in France confirms the huge existing demand for microcredit. The study differentiates between the non-bankable demand (loans below €15,000) and the bankable demand (loans between €15,000 and €30,000) for microcredit. The results illustrate that the demand for microcredit in France is still largely unmet, with 100,000 microloans from banks and between 80,000 and 130,000 loans from non-bank microcredit providers lacking. The financial resources used for setting up an enterprise in France are generally low: in 2006, approximately 50% of entrepreneurs started their business with less than €8,000. However, only about a quarter of all new entrepreneurs took out a bank loan . Banks are often reluctant to provide small loans due to their unprofitability (high handling costs) and a higher risk ratio. Obtaining a small loan is even more difficult for persons who do not have the means to bring in a considerable amount of own capital and who lack necessary guarantees. This often concerns unemployed persons, especially the long-term unemployed.
Adie has defined the provision of microcredit as its main mission and strategy. It was founded in 1989 upon the private initiative of Maria Nowak and two colleagues. Inspired by the international microcredit model developed in Bangladesh, Adie’s aim is to serve socially and financially excluded persons who do not have access to standard bank loans and who would like to create their own job. 83% of its clients are welfare recipients and unemployed persons with an average unemployment period of two years. Out of these, 42% receive social minima paid to persons who have exhausted employment based income support. Adie’s principal products are microloans up to €5,500 for a maximum period of 24 months. On its loans, Adie applies an interest rate which is today 7.98% plus a 5% commission. The ratio behind this model is to be able to serve a relatively ‘risky’ clientele and at the same time rely as little as possible on public subsidies for the credit activities. The Adie microloan can be complemented by loan products made available through public programmes.
During its 20 years of existence, Adie has expanded its activities significantly. It has today 369 staff working in 131 branch offices spread over the French mainland and overseas territories and disbursed nearly 10,000 loans in 2007 representing a 30% growth compared to the year before. (Adie, Rapport Annuel 2007) Another microlender is France Initiative. France Initiative has a different history and serves a different type of client than Adie. The association was set up upon public initiative in 1985 as a federation of 20 local business support programmes with the global mission to develop economic initiative through business start-up. It works in very close collaboration with the Chambers of Commerce where its local offices are often located. As its main activity, the association disburses quasi-equity in the form of so-called “prêts d’honneur” (‘honour loans’). These are personal, interest-free loans without guarantee that are generally used to leverage a bank loan. In 2007, 66% of France Initiative clients were unemployed. Nevertheless, in contrast to Adie, France Initiative targets relatively experienced, ‘almost-bankable’ persons with projects aimed at creating three to ten jobs. The average amount of a prêt d’honneur was €7,400 in 2007 accompanied by more than seven times that amount in bank lending. Thirty percent of the projects funded by France Initiative are business take-overs. In 2007, it disbursed 12,500 prêts d’honneur out of which an estimated 5,000 enabled the beneficiaries to access a bank microcredit (Adie/EMN, Microfinance Market Study, 2008). France Initiative today federates 242 so-called local platforms with all in all 509 employees. Often new local platforms are set up upon local initiative and partnerships between business owners, Chambers of Commerce and/or regional governments. (France Initiative Rapport Annuel 2007) Complementary to the products disbursed by these two organisms, a number of additional programmes were developed by the French government to support small business start-ups, especially by the unemployed, such as guarantees. Beside equity investment, the organisations France Active which has been in existence for more than 20 years, manages a number of guarantee schemes, amongst which two governmental ones: the FGIF (Fonds de Garantie pour la création, la reprise ou le développement d’entreprises à l’initiative des femmes), a guarantee fund for women entrepreneurs and the FGIE (Fonds de Garantie pour l’Insertion Economique) which is used by Adie to cover a part of its risk. France Active is made up of 39 territorial funds and works with 280 staff. Other governmental programmes complement these services for microentrepreneurs. As such France Initiative and Adie are allowed to additionally provide the ‘PCE’ loan (prêt à la création d’entreprise’ – business start-up loan) which was introduced by the State in 2000 and is managed by the public development bank OSEO. It consists of an unsecured loan between €2,000 and €7,000 with an interest rate based upon state bonds (approximately 5.6%), a six-month deferment on principal payments and a maximum loan term of five years (54 monthly instalments). PCE loans are disbursed to registered new microenterprises not more than three years old as well as to take-overs, regardless of their sector of activity (except for agriculture and real estate). An accompanying bank loan two or three times the amount of the PCE is obligatory. 23,261 PCE loans were disbursed in 2007. In addition, for business started out of unemployment, another loan was introduced: EDEN, a financial advance for entrepreneurs above 50 or younger than 30 years of age and beneficiaries of social minima.
Since the beginning of their activities, the French microcredit organisations have been able to largely increase their activities and the number of loans disbursed. This is the result of several factors that are closely linked: the strong efforts of single persons as is the case for Adie’s president Maria Nowak; local partnerships between business owners, French regions and Chambers of Commerce leading to the development of the France Initiative network; a reinforced acknowledgement of entrepreneurship and self-employment in the political sphere and strong improvements in the legal environment for microenterprises and microcredit.
Regarding the legal framework, Adie has carried out significant lobbying to obtain an amendment to the French banking law allowing certain microcredit providers to borrow for on-lending to microenterprises during the first five years after business start-up. In addition the usury rate for loans provided to individual entrepreneurs was abolished, allowing Adie to set an interest rate that covers part of its expenses. The Adie Microfinance Market Study (2008) acknowledges the efforts made by the French government to encourage the development of microcredit, while highlighting persistent barriers to be addressed such as insufficient funding for business support services and insufficient attention to the informal sector.
dimanche 18 janvier 2009
Par Benoit Granger le dimanche 18 janvier 2009, 23:06
Le débat faire rage dans le monde discret de l'ESS. Les Caisses d'épargne et les banques populaires ont ruiné une bonne partie de leur crédibilité et l'épargne d'une bonne part de leurs sociétaires avec Natixis.
Natixis a été dans tous les "bons coups" : le dernier : c'est Natixis qui a perdu le plus en France dans l'escroquerie Madoff !
Donc faire partie de l'économie solidaire n'est pas une gage de vertu ; dommage !
Deux fins connaisseurs, Pierre Dubois et Michel Abhervé, demandent dans ce texte que les banques de l'ESS reviennent aux basiques : servir cette économie, et non s'amuser sur les marchés.
Réaction amusée de Paul Jorion.
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