Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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1 5 - Microfinance aux Etats Unis

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dimanche 23 novembre 2008

C'est parce qu'on a forcé les banques à prêter aux pauvres qu'il y a eu ne crise financière ! ! !

Je retarde : je découvre seulement maintenant ce papier signé Alain Madelin et paru dans Les Echos le 17 octobre dernier.

Bien sûr, le plaidoyer est fait pour dégager la responsabilité des opérateurs financiers --plus largement du système capitaliste dans l'origine de la crise financière : on connait Madelin ! Donc ce sont les pouvoirs publics qui sont responsables (oui, on connait Madelin). Mais là, par ignorance et mauvaise foi, il pousse le bouchon un peu loin en osant soutenir que c'est le Community reinvestment Act aux Etats-Unis qui a contribué à la crise financière. Voilà comment il le résume :

D'abord parce que les subprimes à l'origine de la crise aux Etats-Unis sont la création du marché politique et non celle des marchés financiers. Pour faciliter l'accès à la propriété de ménages insolvables des catégories les plus pauvres et des minorités, on a voté des lois - le Community Reinvestment Act, afin de forcer les banques à leur prêter sous peine de procès pouvant conduire jusqu'à l'interdiction des banques elles-mêmes. On a aussi surtout utilisé des entités parapubliques, Fanny Mae et Freddie Mac, pour garantir des prêts octroyés à des conditions préférentielles et fabriquer des objets hypothécaires publics non identifiés.

C'est faux, le CRA n'est en rien impliqué dans les causes de la crise ; plusieurs études sont en cours qui devraient le prouver, du coté du National coalition for responsible credit (qui réunit une grande partie des "financiers solidaires" locaux, les CDFI). Le régulateur des banques du Michigan l'affirme également : voir ce discours de Duncan, que MAdelin devrait lire.

Je laisse tomber la suite du raisonnement, qui est d'un niveau un peu bof... Voir par exemple :

Il n'y a rien de plus stupide que de faire porter la responsabilité de la crise à ces innovations financières conçues pour diviser et réduire les risques. Il serait tout aussi stupide de condamner les cutters au motif qu'ils peuvent servir à détourner un avion, où les avions au motif qu'ils peuvent contribuer à propager une épidémie.

samedi 22 novembre 2008

Kiva : 50 M$ de prêts - et la plate forme de P2P a doublé sn volume dans les 8 derniers mois

Voilà les derniers chiffres de Kiva. C'est impressionnant, non par le pur volume, mais à cause des types de prêts, d'emprunteurs (plutôt d'emprunteuses !), et le très bas niveau de défaut.

Après des débuts un peu chaotiques, Kiva démontre donc qu'il y a, du moins aux Etats-Unis, "des gens", des citoyens qui sont d'accord pour "risquer " de prêter à des micro entrepreneurs du Sud. C'est facilité par le fait que les prêteurs Kiva ne prêtent pas directement aux entrepreneurs en qustion, mais les prêts passent par des IMF du Sud.

En résumé, prêts de 500$ en moyenne ; et 137 $ par prêteur.

Le truc qui m'intéresse, c'est la "rémunération symbolique" : l'implication directe, personnelle de prêteurs du Nord dans les histoires personnelles de femmes (77% des emprunteurs !) du Sud. C'est une gratification qui a donc de la valeur. Tant mieux. C'est un peu ce que je notais à propos d'un papier d'une prêteuse française, Caroline Fourest.

L'autre intérêt de Kiva, c'est de ne pas faire du vrai pur P2P : l'intervention des partenaire de terrain reste indispensable pour la qualité des prêts.

Usaid cité ici fait un point sur le progrès du P2P

mercredi 19 novembre 2008

Les américains pauvres piégés dans le "You're on your own" (débrouillez vous tous seuls avec les risques)

Un papier impressionnant du fameux économiste Robert Solow, qui analyse un livre récent. Le thème fait partie du contexte de la MF, car il traite de la notion de risques sociaux. En gros, ces risques massifs sont supportés (dans les pays civilisés !) en partie par l'Etat et d'autres collectivités (la sécu...) ; en partie par les entreprises; en partie par les individus.

Mais si on transfère massivement ces risques vers les individus, c'est à eux de se débrouiller pour les gérer : anticiper, épargner, etc

Or les pauvres sont, par définition, plus exposés que les autres. Et la tendance qui les pousse à créer une entreprise (plus exactement leur propre job, pas beaucoup plus) ajoute à ces risques basiques, des risques supplémentaires liés à leur activité. Le lien entre revenu et contrat est assez consistant dans le contrat de travail ; il devient léger et fragile dans le contrat commercial, avec les clients. Au premier incident, on perd ses clients et ses revenus immédiatement ; et on se retrouve avec des dettes et plus aucune protection d'aucune sorte.

La double individualisation américaine (protection contre les risques sociaux, revenus totalement individualisés) représente un transfert massif, énorme de risques qui auparavant étaient conçus comme l'objet du "faire société".

Voila un paragraphe de Solow, que je reprends sur le remarquable site québecois Politiques sociales :

L’auteur recense le livre High Wire : The Precarious Financial Lives of American Families (Peter Gosselin, Basic Books) : « Quand l’administration Bush-Cheney a décidé de remplacer le système de sécurité sociale par un système de comptes d’investissements individuels, mes premières pensées furent que son objectif était d’enlever le « social » de la « sécurité sociale ». Quelques minutes plus tard, j’ai compris qu’elle voulait aussi enlever la « sécurité » de la « sécurité sociale ». La tentative a échoué. Au cours des dernières années, cependant, une série de décisions aussi bien publiques que privées et de développement sur le marché ont eu pour effet de transférer de nombreux risques financiers des institutions établies, incluant la société en général, aux individus, incapables d’y faire face d’une manière adéquate. »

le site de la NY review of books ou est paru le papier de Solow

lundi 3 novembre 2008

P2P : Prosper fait des procès test contre des mauvais payeurs et perd - mauvaise nouvelle

Selon ce blog (mais je n'ai aucune information sur la qualité de la source : Fred se présente juste comme un prêteur de Prosper) Prosper a tenté de tester les tribunaux sur 66 cas de mauvais payeurs, c'est à dire des emprunteurs qui n'ont pas remboursé depuis longtemps.

Il semble que les tribunaux américains donnent tort au prêteur dans la majorité des cas (6 pour l'instant)

C'est une assez mauvaise nouvelle pour les prêteurs P2P car c'est la fragilité fondamentale de cette technique de prêt : l'emprunteur est uniquement repéré par ses propres déclarations et sa note donnée par un Credit Bureau. Donc s'il n'y a pas de minimum de procédures de recouvrement possible, cela signifie que la confiance a priori ne suffit pas ; donc ça va entrainer une plus grande méfiance de la part des prêteurs --qui prennent la totalité du risque, rappelons le, puisque le principe même des plante formes P2P est de "mettre en contact" prêteurs et emprunteurs ; mais sans assumer rien du risque !

mercredi 29 octobre 2008

P2P lenders les volumes aux Etats Unis

sur le site de P2P banking : une évaluation des volumes de prêts par P2P

L'augmentation est très nette, mais n apprend par ailleurs que les petits malins (qui ne comptent pas rembourser) sont de plus en plus nombreux. Donc ça pourrit légèrement le concept lui-même.

Le fond du problème, c'est : comment on fait pour instaurer la confiance par P2P ? Alors que le lien reste virtuel ! Et techniquement la plate forme de prêt ne prend aucun risque : elle peut donner "des outils" pour le recouvrement, mais n'en est pas responsable.

MàJ : et première crise de croissance, selon le NY Times

lundi 27 octobre 2008

La mesure des performances sociales des banques aux Etats UNis

C'est une base de données et une étude du National Community investment fund. 8600 banques depuis 1996 ! On rêve d'une telle transparence en France (même si les critères ne sont évidemment pas les mêmes !)