Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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10 - Vrac

Fil des billets

jeudi 9 février 2012

Juste pour rire (rire aux dépens des académiques, bien entendu !)

1 - j'étais hier soir au colloque inversé de l'Adie. Impressionné. Chouette débat, chouette niveau ; chouette public aussi, qui écoute mais tente d'aller plus loin dans la compréhension (on remarquera dans cette litote ma détestation des Bisounours ! :-)

Juste une réserve sur la naïveté (voulue ou non) de la prof de SciencesPo Elise Huillerie. Si les critères de succès ou d'impact de la MF étaient si simples, on ne se poserait plus de questions depuis longtemps !

2 - coïncidence : je reçois ce soir la 2ème version d'un papier sur la MF qui doit être présenté à un congrès académique. Selon les règles en vigueur dans l'académique, il m'est interdit de savoir qui sont les auteurs. En tant que "reviewer" j'avais durement critiqué la 1ère version. La seconde, reçue ce soir, est désolante. La base théorique, c'est la "théorie du chaos". Pourquoi pas, mais pour moi, qui n'y connais rien, il vaut mieux être armé pour manier de tels concepts. Or il ressort de ce papier que leur théorie du chaos, ça ressemble fortement à la sagesse de ma grand mère.

3 - j'y viens. La sagesse et le bon sens, j'adore ; et c'est souvent ce dont manquent les analyses de la microfinance, qui ont souvent ressemblé à des discours amoureux.

Gros progrès sur le discours amoureux : je vous livre les références théoriques de mes auteurs (que je ne connais pas) :

Peer’s Law – The solution to the problem, changes the problem (Rawson, 2002, p.186). Burn’s Law – The best-laid schemes o’ mice an’ men gang aft agley (Rawson, 2002, p.38). Murphy’s Law – If anything can go wrong it, it will (Rawson, 2002, p.162). Hardin’s Law – You can never do more than one thing (Rawson, 2002, p.225). Spencer’s Law – Every cause produces more than one effect (Rawson, 2002, p.229). Crumpacker’s Law – Murphy was an optimist (Lyall, 1986). Danton’s Law – "La révolution dévore ses enfants The revolution devours its children”.

(c'est juste un copié-collé, y compris les fautes de gramm etc...)

Non, ce n'est pas qu' un "gros tas de lieux communs", comme le souffle une voix aimée derrière mon épaule à l'instant. C'est aussi un succédané de sagesse américaine typique. Il suffit d'éprouver telle ou telle expérience, y compris bébête et sur les rivages langoureux de l'océan Pacifique plus de 3 ou 3 fois, et ça devient une loi universelle. D'ou le ton pénétré sur lequel vous pouvez alors déclarer : " The solution to the problem, changes the problem"...

4 - et ta soeur ? il ya dans le papier un schéma en rond ("systémique", disent-ils), quelques équations que même moi j'ai réussi à suivre, donc qui doivent n'avoir aucun intérêt scientifique, et une biblio d'enfer, que les auteurs n'ont évidemment pas lue, d'après les grosses bêtises qu'ils écrivent...

La Microfinance objet à la mode, pris par hasard comme un champ, parmi d'autres plus futiles, de spéculations intellectuelles purement formelles...

ça me désole

Et en plus il va falloir que j'écrive (en anglais) aux éditeurs une appréciation encore pire que la précédente...

mardi 6 décembre 2011

evaluations aléatoires : de nouvelles "découvertes" ? les pauvres ne sont pas tous créatifs et entreprenants ?

Suite des "findings" que permettent les évaluations aléatoires alla Duflot. Un papier du CGAP, que le résumé brutal par MF Focus ridiculise quelque peu...

En gros, "According to a new paper published by CGAP, not all microfinance borrowers want to grow a business and their ability to capitalize on opportunities vary greatly".

The paper "claims that poor households clearly have other financial needs that go beyond working capital loans to microentrepreneurs".

(New evidences) "suggests that while increasing access to credit does not produce the kind of dramatic transformations conjured in the popular imagination, it does appear to have some important—though more modest—outcomes for some people".

Oui, nous sommes en 2011, et une "senior manager" du CGAP est obligée de dire piteusement qu'on ferait mieux de s'occuper des besoins financiers des pauvres, plutôt que de leur balancer des produits qu'ils ne veulent pas, ou dont ils n'ont pas besoin...

Et la vie est un éternel recommencement, parait-il ?

lundi 18 juillet 2011

G20 Microfinance - 5 - l'admirable Pervenche Bérès

Je n'ai pas le temps de finir ce CR, donc juste un mot pour Pervenche Bérès, l’admirable, l'infatigable. Elle ne craint pas dans cette ambiance super-super-soft, de mettre le doigt là ou ça fait mal. En particulier sur les contraintes à appliquer aux banques et que la Commission rejette, elle appelle ça "lobbying". C'est clair. Et dit que Barnier ne reprend pas les demandes du Parlement sur le droit au compte parce que les banques n'en veulent pas. Point. Au moins, c'est clair !

G20 Microfinance - 4 - Luiz Awazu Pereira Da Silva, sous gouverneur de la Banque centrale du Brésil, le seul à faire du micro-macro (en français !)

Luiz Awazu Pereira Da Silva, sous gouverneur de la Banque centrale du Brésil, parle un français impeccable, ce qui l’aide à faire passer des idées simples et fortes.

Il faut une stabilité macro éco pour que la MF puisse se développer. Ensuite il faut des ressource stables : il fait allusion à une règle imposée aux Banques au Brésil : elles doivent consacrer 2% de leurs ressources au financement des –je ne sais pas exactement : du MC professionnel ? ou à l’ensemble des activités micro ? en tous cas, ça ressemble fort au fameux CRA américain, qui oblige des banques à financer localement à partir de l’épargne qu’elles ont levé localement. C’est un point à creuser, car c’est nouveau à ma connaissance, et c’est une façon (parmi d’autres) d’impliquer la contrainte dans le financement de ces micro activités qui sont hors marché.

Il continue par l’amélioration de l’information : celle des prêteurs par une centrale des risques (pas de détails : mais le diable étant dans les détails, la question est celle du contrôle public, ou non, des informations que l’on collecte et de celles que l’on a le droit d’utiliser) ; celle des emprunteurs, par l’éducation et la simplification.

Important. Sur le plan des réformes juridiques, il dit que les réformes consistent avant tout à simplifier les procédures, l’accès aux comptes bancaires (en 2002, 55 M de comptes bancaires au Brésil, en 2010 : 90 M ! Bravo !), l’accès aux petits dépôts pour les épargnants pauvres. Et un système de prêts garantis.

L’idée de services en réseau est développée. Les banques ont des correspondants dans chaque municipalité du Brésil, qui facilitent l’accès aux services financiers pour les pauvres. De 18 000, ils sont passés à 160 000 correspondants locaux.

Quant aux mesures d’impact, il donne des chiffres époustouflants : le crédit bancaire est passé de 25% du PIB à 50% ; la pauvreté extrême est tombée de 15 à 5% ; l’indice Gini du pays de 0,6 à 0,5 ; et il affirme que l’on observe une corrélation forte entre le développement de la MF, la croissance et l’amélioration des indicateurs sociaux : ceci dans le cadre d’une stabilité macro éco qui marche.

Vraiment impressionnant.

Tout ceci mériterait d’âtre validé et vérifié, mais c’était la première fois, je crois, que j’entendais un discours aussi clair sur les fameuses corrélations macro-micro. Tout en affirmant avec aplomb qu’il faut réguler. Et « réguler » au sens « contraindre les banques » par la loi : la « soft regulation » ? il n’y croit pas, manifestement (et d’ailleurs moi non plus, ça tombe bien). Il faut une trique bien calibrée, mais il faut passer par la trique pour que l’ « industrie financière » reprenne un peu de son bon sens et fasse son devoir. Chers sous gouverneur, quel bonheur de vous écouter !

J'étais à votre Banque Centrale l'an dernier, à Brasilia, pour un super colloque, sur le superendividademento (l surendettement), et j'ai gardé le meilleur souvenir de la vigueur et de l'énergie des militants de l'accès aux services financiers

G20 Microfinance - 3 - tiens, Maria évolue, ou bien c'est moi qui suis distrait ?

J'ai écouté attentivement, et j’ai eu l’impression que le discours de Maria Nowak évolue. Elle dit, belle image empruntée à l’admirable Geremek dans son Histoire de la pauvreté au moyen âge, que le traitement des pauvres sort enfin de l’alternative « la potence ou la pitié ».

Elle dit : le crédit est une outil ancien à double face; qui crée de la richesse et des dettes. Elle insiste, et c’est là que ça m’intéresse : il est « à la frontière d’un bien public et d’un bien privé, créant des externalités positives au-delà des clients ».

Tiens : un « bien public » ? dans la bouche de Maria, c’est, à ma connaissance, et je la lis et l’écoute depuis 25 ans, une nouveauté. Les « externalités positives », c’est le vocabulaire des libéraux, une concession faite à leur corps défendant. Tant de phénomènes ne marchaient pas dans leur pensée mécaniste (seule mon intérêt individuel, etc.).

Mais l’idée que l’on trouve des ingrédients des « Biens publics » dans le microcrédit signifie, tel que je le comprends, qu’on admet qu’il ne s’agit pas uniquement d’une « activité de marché ».

Enorme concession de Maria. Car l’autre définition des biens publics, c’est qu’ils ne se gèrent pas comme des biens privés. Etc, j’y reviendrai…

G20 Microfinance - 2 - Mon CR grognon et admiratif

D’abord bravo à Paul Loridant, l’infatigable. Il a organisé une journée remarquable, et la diversité des intervenants et des discours montre que, désormais, la microfinance des bisounours disparait du discours public. Deux personnes seulement nous faisaient encore le récit merveilleux de ces « clients » émerveillés qui redécouvrent l’humanité grâce au microcrédit : le représentant de la Bill et Melinda Gates Fundation, un peu inévitable, et l’homme venu de Mongolie. « L’un des nos clients qui n’avait plus de famille nous disait après son prêt : ça y est, j’ai des frères et des sœurs ».

Emouvant, bien sûr. Mais c’est attribuer au microcrédit plus, beaucoup plus que ce qu’il peut donner. Surtout quand il devient une industrie. « M F industry »… yes, man. Parlons entre gens sérieux. A part of finance industry, of course.

(Au passage, j’ai entendu Yunus, toujours aussi beau et calme, parler du CGAP en développant : « the Consultaltive Group to assist The Poorest », alors qu’il ya un moment déjà que le sigle a été transformé en « To assiste the poor », ce qui est un signe parmi d’autres)

Voici un CR partiel, partial, incomplet (je ne pouvais pas rester toute la journée) du Colloque international tenu au Sénat dans le cadre de la présidence française du G20. CR grognon par moment, car ce colloque, un de plus, donnait parfois tellement l’impression de répétition. On sait sur le plan macro que la MF, quand elle est bien gérée, devrait représenter un réel outil de développement. Or aujourd’hui encore, les fonds investis représentent quelques 3 à 5% de l’aide publique au développement (dixit Attali).

C’est l’un des problèmes majeurs. Ne pas mixer aide publique et investissements privés, c’est laisser toute la place à ces investisseurs privés. Qui s’avèrent myopes et monomaniaques : à part rechercher le profit, de préférence le maximum et à court terme, que savent-ils faire ?

(oui, je sais, c’est un jugement injuste et exagéré : quelques rares organisations tentent de mettre en avant la performance sociale comme objectif de leur investissement, à rang égal avec la profitabilité. Mais ils représentent quelle part des interventions des marchés financiers dans la MF ? peu de chose. Même si leur influence, semble-t-il, progresse).

Autre observation sur la qualité des interventions : seul le sous-gouverneur de la Banque du Brésil a sérieusement fait le lien entre objectifs de politique publique macro économique, et développement de la MF : y compris les prêts à la consommation, les services financiers, l’accès au compte, etc. C’était magistral.

G20 Microfinance - 1 - un compte rendu à l'eau de rose et un autre grincheux

(je n'avais pas envie de faire un CR de cette journée MF au Sénat la semaine dernière, mais je crois que je vais m'y mettre, dans le style grincheux, car ce que je lis d'anodin par ci par là me parait bien insuffisant ! --1er billet ci dessous)

Je sais que c'est un exercice obligé, mais le compte rendu très bref du ministère des finances sur le colloque tenu le 8 juillet au Sénat est un peu léger. "3 défis pour la MF", ouais : mais avec des biais, pour le moins.

Moi, je n'ai pas entendu du tout qu'il y avait consensus sur le fait que "la microfinance devrait être plus largement financée par le secteur privé". C'est au contraire "le secteur privé" qui est à l'origine des catastrophes et des pires injustices qui se sont développées dans ce secteur ces dernières années : donc c'est pour le moins imprudent de l'écrire sous cette forme.

Même si la fin de la citation est "...et en particulier par les ressources locales" : ça, ce n'est pas non plus un point de consensus, c'est plutôt le point de vue de Yunus, qu'on laisse parler en raison de son statut d'icône. Mais qui n'est pas suivi par les crocodiles et les requins (privés) du secteur...

2ème défi : ce n'est qu'un défi, autant dire un vœu pieux, et pas un objectif : "La sécurité financière de la microfinance pourrait (c'est moi qui souligne) être renforcée par une régulation et une supervision adaptées, permettant d'assurer la solidité financière des établissements de microfinance". Pourrait ! Ca pourrait leur faire du bien, en effet, s'ils ne'étaient pas soumis aux risques de change, aux prédateurs divers, etc. Mais écrit ainsi, ça signifie que l'on n'ose même pas envisager ( = DEVRAIT) de proposer au G20 une réglemantation commuen de la MF !

(admirons la symétrie au passage : la MF devrait être financée par le secteur privé, mais elle pourrait être régulée un peu mieux !)

3ème défi, la MF doit tout faire : "La vocation sociale de la microfinance étant primordiale, ce secteur devrait (…donner ) la priorité à la réduction de la pauvreté, au soutien des territoires les plus fragiles et à l’entrepreneuriat, tout en poursuivant les innovations sociales et financières". C'est curieux que l'on n'assigne pas les mêmes objectifs à la finance en général ? Seule la MF est vertueuse, donc chargeons le baudet : elle saura tout faire à la fois !

Et on revient, dans une fausse naïveté, à cette croyance pourtant combattue : la MF, c'est la panacée. C'est faire du business, c'est faire de l’aménagement des territoires, c'est réduire la pauvreté (surtout pas réduire les inégalités, faut pas exagérer!), et c'est innover...

Décidément, le G20 aura du mal à trouver des objectifs opérationnels dans ce fatras !

jeudi 5 mai 2011

Yunus perd en appel --nul ce truc !

C'est là que je l'ai vu pour la 1ère fois. C'est nul et lamentable...

papier plus détaillé ici (L'Express)

Yunus était à Paris récemment. Il a dit des choses intéressantes et nuancées sur ce que devrait être le microcrédit. Mais évidemment, son "à but non lucratif" traduit par les journalistes français, mériterait une petite leçon de sémantique amusante !

ce n'est pas si simple, ni chez lui, ni chez nous...

mercredi 27 avril 2011

Yunus et la Grameen lavés de tout soupçon (ça va encore mieux en le disant !)

C'est là

mardi 8 mars 2011

Yunus 70 ans est "trop vieux" pour diriger la Grameen, dit le ministre des finances, 77 ans

C'est ici. C'est moyennement drôle. C'est une castagne politique interne entre clans au BanglaDesh, et j'ai pu constater que ça déstabilise quand même, genre "yas pas de fumée..." etc.

Et la MF, qui a d'autres sujets de débats plus sérieux, se serait bien passée de celui la, à mon avis !

jeudi 3 mars 2011

"icône déchue" ? Le Monde sur Yunus, bof...

C'est dans Le Monde daté du 4 mars 11.

Le papier est mi figue mi raisin, comme sait faire Le Monde. Mais ça pue le complot politique, ce dont rend compte le journal entre les lignes.

Bin oui, il a un ego dilaté --on l'aurait à moins et ayant moins accompli ! Et même si Yunus n'est pas un saint, on reconnaitra qu'il aura fidèlement défendu un microcrédit qui résiste à la pression des investisseurs accapareurs.

Au passage, je me demandais ce que signifiait vraiment ce terme vieillot de "déchu" : juste pour savoir s'il y avait une nuance avilissante et coupable dans le mot. Non, pas vraiment, dit Littré : "Tomber dans un état inférieur à celui où l'on était" : c'est neutre. On n'est pas un bandit pour autant ! Mais plus subtil : "terme de théologie : Déchoir de l'état de grâce, perdre la grâce". La, on sent que Yunus à "perdu" un morceau de "la grâce" médiatique, l'onction sainte ! ... Mais plus joli, une citation du Littré : "L'âge la fit déchoir, adieu tous les amants" de La Fontaine : la brièveté ! on croirait du Blaise Pascal !

mercredi 26 janvier 2011

De mon amie Unni Beate Sekkesæter , le lien contre les crétins accusant Yunus

voici le rapport du ministère norvegien blanchissant Yunus des accusations des crétins de la télé norvégienne

Fantastique ! Le personnage mythique, la première cliente de Yunus, avant même la création de la Grameen

Si vous avez lu Yunus, ou l'avez entendu dans des conférences, il fait toujours référence à cette première dame qui bricolait dans un coin et à qui il a prêté les premiers 100 takas, puis 300 takas de son propre argent, avant de créer la Grameen.

La voici en live

Pourquoi aujourd'hui ? hé bien parce qu'une bande de salopards de la télé norvégienne ont "enquêté" l'an dernier au Bangla Desh pour accuser Yunus d'avoir détourné des fonds de l'aide publique norvégienne, dans les années 90. la vérité a été rétablie rapidement après que l'émission ait été diffusée ; y compris par le ministère des affaires étrangères du pays.

Et ce que montre le film du lien, c'est que les salopards norvégiens s'étaient trompés de femme, en tentant de démontrer que la première fameuse cliente était morte dans la misère (donc le microcrédit, ça ne sert à rien...)

Mais, coïncidence, aujourd'hui Yunus est soumis à une enquête par le gouvernement Bangladais ; il a un procès en diffamation ; et la Grameen est menacée de nationalisation, accusée de se comporter comme les usuriers, etc...

Yunus n'est sans doute pas un saint. Surtout, il a commis l'erreur de menacer l'oligarchie au pouvoir dans son pays en créant son propre parti politique. Donc il en prend plein la gueule !

Mais la, ça fait beaucoup !

samedi 3 juillet 2010

voilà pourquoi je n'ai plus un visiteur venant de Google : ce crétin me prend pour un spammeur !

C'est ici, chez l'excellentissime Véronis

(a part ça, je vous avouerai que je m'en fous : ce blog est un blog nombriliste, dont je rencontre les lecteurs dans la vraie vie, donc tant pis ! je ne deviendrai pas célèbre sur la Toile ! )

vendredi 28 mai 2010

Conférence Microfinance et religion - L’islam est il plus proche des entrepreneurs pauvres ?

juste pour vous mettre en appetit, chers lectrices-teurs

"Les règles morales issues des religions du Livre ont eu une influence évidente dans l’histoire du crédit ; encore plus dans les débuts du microcrédit, puisque celui-ci s’adresse aux pauvres : de Raffeisen, conservateur protestant, aux banques coopératives fortement teintées de catholicisme.

"La microfinance d’aujourd’hui abandonne ses origines charitables pour devenir une activité de marché (taux d’intérêt élevés, profits…) qui devrait assurer son développement autonome. Mais ou persistent les normes ? Telle organisation ouvertement catholique, au Mexique, facture des intérêts très élevés. Telle autre dans des pays influencés par l’Islam se voit interdire de facturer des intérêts au nom de la Charia.

"Si l’Islam, avec son Ouma, est une religion en expansion rapide, peut on analyser en quoi les normes issues de la morale religieuse se heurtent aux « normes » de marché ? Plus largement, les valeurs et comportements issus des religions pèsent-ils durablement sur le développement de la microfinance ?"

mercredi 14 avril 2010

Sur la responsabilité de l'offreur de prêt, par rapport aux responsabilités de celui qui accepte qu'on lui prête stupidement

Un papier rigolo (ou tragique?) sur l'état de l'enquête sur les monstres financiers qui nous ont mis dans la panade. Là, c'est Wash Mu qui y passe. L'enquête permet de montrer que les prêteurs prêtaient à n'importe qui et dans n'importe quelle condition...

je me rappelle une discussion fin 08 avec un américain, banquier et pas con à priori. IL résumait : "les gens avent ce qu'ils font. Y compris en empruntant. Et s'ils font des bêtises, c'est tant pis pour eux".

Pour lui, donc, les offreurs de crédit n'avaient aucune responsabilité dans le fait que beaucoup de clients étaient étranglés. Mais évidemment, il ne tient pas compte de l'argent, et de sa nature bien particulière. Soit parce que l'emprunteur est le dos au mur, soit parce qu'il se laisse griser (plus souvent parce qu'il est coincé).

Et en face, des gens qui lui ajoutent sous le nez des billets de banque en lui disant : c'est pour vous ! Signez là ! Résultat :

The Levin hearings show that WaMu systematically peddled loans to people it knew could not pay them back. This wasn't an accident. Levin exposed a WaMu internal audit that reviewed 132 loans, and found 115 involved confirmed fraud, with 80 having "unreasonable" income, meaning the income listed on the loan was so preposterous that any reasonable person, much less a trained loan officer, would have called it into question. The audit resulted in no - zero, nada -- changes in WaMu's lending practices. Fraud wasn't a problem; it was the business plan.

L'enquêteur résume :

According to the FBI, 80% of mortgage fraud is committed by the lender. We're not talking about stupid loan officers allowing borrowers to get away with something crazy that is bad for the bank. We're talking about clever loan officers pushing fraudulent documents in order to score bigger paychecks, and bank executives looking the other way so that they can keep getting big paychecks from the securitization machine. This isn't a problem unique to WaMu. This is how the U.S. mortgage system operated for half a decade.

80% ! dans un pays qui ne reconnait pas la responsabilité de l'offreur !

samedi 3 avril 2010

Aux US, si vous ne payez pas vos traites, on vous repique votre voiture. Pas besoin de décision de justice. Juste les bons outils.

An estimated 1.9 million cars were repossessed in 2009. The vast majority of these were "self-help" repossessions done under state laws that allow automobile dealers and lenders to take cars without court action or the involvement of law enforcement. Many of these cars were vital to the economic success of the families from whom they were taken. Perhaps not surprisingly, dozens of consumers, repossession agents and bystanders have been killed, injured or traumatized. Recent years have also seen rapid increases in the use of new technologies as part of repossessions, such as license plate scanners and electronic repossession devices. These new technologies raise issues such as privacy and safety concerns.

vendredi 2 avril 2010

Sibille - Draperi sur l'économie sociale et l'entreprise sociale (ou solidaire ?) - un débat qui n'en finit pas

Joli débat, un peu en trompe l'oeil, entre deux autorités de l'ESS : Draperi qui enseigne au Cnam et Sibille le banquier (il est VP du Crédit coop). Qui commence son papier par "mon ami Draperi"... heu, je me demande si le destinataire le vivra comme un "qui aime bien châtie bien", car il prend quand même une volée!

On n'est pas loin de la microfinance, car elle devrait relever de cette logique, au lieu de se subdiviser trop souvent en France entre un outil des pouvoirs publics, et un projet "de marché".

Le papier de Draperi est ici. Il est intéressant car il évite cette vieille caricature de l'ESS du type "le statut garantit la vertu". Mais il cogne dur sur une "nouvelle" conception de l'entreprise sociale qui, par américanisme, s'étendrait vers les bonnes oeuvres de philanthropes fortunés (très Bill Gates, comme conception !). Alors que, dit il, l'économie sociale, c'est avant tout l'émancipation de tous. Mais avec un échec patent pour ce qui concerne les volumes concernés, et même la pureté des conceptions.

Le papier de Sibille est ici ; et il est également intéressant, car très pragmatique, ce qu'il revendique. Cela dit, l'argument de type " ceux qui ne veulent pas bouger, c'est qu'ils ont peur de l'air du large" : ça craint un peu ! C'est toujours ce que l'on adresse aux personnes qui ont des principes, non ?

Je suis mal à l'aise car personnellement un peu au milieu ! C'est vrai que l'ESS sans les structures qui garantissent la participation de tous (n'abusons pas du terme de démocratie !), c'est une ESS un peu vidée de sa fonction "outil de peuple".

Mes réserves sur Draperi sont, en fait, très pragmatiques. Ce que je reprocherais le plus à l'ESS en tant que mouvement entrepreneurial, c'est son incapacité à générer "du leadership" (un américanisme de plus !) Et le MOUVES qui vient de se créer avec de belles et grandes personnalités --mon infatigable ex-président Claude Alphandéry en est !- - est plutôt un signe positif.

jeudi 1 avril 2010

MF islamique - concours CGAP typique = on ne veut que des projets profitables !

Voilà le genre de truc typique qui m'énerve. Un concours pour de nouveaux projets de MF. Cette fois ci, islamique : pourquoi pas ? Et avec 100 000 $ à la clé, quand même ! ! Mais les conditions répétées, ressassées, martelées dans le texte ci dessous, c'est : on ne veut que des projets qui veulent être rentables, et rentables tous seuls : profits profits, profits !

Durable veut dire profit ; autosuffisant = profit ; projet commercial = profit ; forces du marché = ce n'est même pas la peine de préciser !

Vive le profit ! je suis pour : mais pas n'importe comment ; surtout quand il s'agit de faire du profit en prêtant aux pauvres. Le problème, c'est qu'avec de tels projets, on véhicule un seul et unique modèle. Pas d'intervention de l'Etat, pas de mécènes, pas d'argent - cadeau. Non, c'est bizness et rien d'autre.

le CGAP se rend-il compte à quel point il oriente idéologiquement la MF avec de telles propositions ? je n'en suis pas certain. Alors que les preuves s'accumulent : la MF profitable est la MF qui prête aux "not so poors", selon l'expression consacrée. Et donc qui n'est qu'un paravant : que le marketing R&D de grandes banques qui feront un peu plus tard leurs profits sur le dos des pauvres.

MF islamique - tout marché

mercredi 3 mars 2010

18 mars : une journée Recherche sur la MF à Dijon

L'invitation est la. Ca promet d'être intéressant. C'est assez ouvert.

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