Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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samedi 3 juillet 2010

voilà pourquoi je n'ai plus un visiteur venant de Google : ce crétin me prend pour un spammeur !

C'est ici, chez l'excellentissime Véronis

(a part ça, je vous avouerai que je m'en fous : ce blog est un blog nombriliste, dont je rencontre les lecteurs dans la vraie vie, donc tant pis ! je ne deviendrai pas célèbre sur la Toile ! )

vendredi 28 mai 2010

Conférence Microfinance et religion - L’islam est il plus proche des entrepreneurs pauvres ?

juste pour vous mettre en appetit, chers lectrices-teurs

"Les règles morales issues des religions du Livre ont eu une influence évidente dans l’histoire du crédit ; encore plus dans les débuts du microcrédit, puisque celui-ci s’adresse aux pauvres : de Raffeisen, conservateur protestant, aux banques coopératives fortement teintées de catholicisme.

"La microfinance d’aujourd’hui abandonne ses origines charitables pour devenir une activité de marché (taux d’intérêt élevés, profits…) qui devrait assurer son développement autonome. Mais ou persistent les normes ? Telle organisation ouvertement catholique, au Mexique, facture des intérêts très élevés. Telle autre dans des pays influencés par l’Islam se voit interdire de facturer des intérêts au nom de la Charia.

"Si l’Islam, avec son Ouma, est une religion en expansion rapide, peut on analyser en quoi les normes issues de la morale religieuse se heurtent aux « normes » de marché ? Plus largement, les valeurs et comportements issus des religions pèsent-ils durablement sur le développement de la microfinance ?"

mercredi 14 avril 2010

Sur la responsabilité de l'offreur de prêt, par rapport aux responsabilités de celui qui accepte qu'on lui prête stupidement

Un papier rigolo (ou tragique?) sur l'état de l'enquête sur les monstres financiers qui nous ont mis dans la panade. Là, c'est Wash Mu qui y passe. L'enquête permet de montrer que les prêteurs prêtaient à n'importe qui et dans n'importe quelle condition...

je me rappelle une discussion fin 08 avec un américain, banquier et pas con à priori. IL résumait : "les gens avent ce qu'ils font. Y compris en empruntant. Et s'ils font des bêtises, c'est tant pis pour eux".

Pour lui, donc, les offreurs de crédit n'avaient aucune responsabilité dans le fait que beaucoup de clients étaient étranglés. Mais évidemment, il ne tient pas compte de l'argent, et de sa nature bien particulière. Soit parce que l'emprunteur est le dos au mur, soit parce qu'il se laisse griser (plus souvent parce qu'il est coincé).

Et en face, des gens qui lui ajoutent sous le nez des billets de banque en lui disant : c'est pour vous ! Signez là ! Résultat :

The Levin hearings show that WaMu systematically peddled loans to people it knew could not pay them back. This wasn't an accident. Levin exposed a WaMu internal audit that reviewed 132 loans, and found 115 involved confirmed fraud, with 80 having "unreasonable" income, meaning the income listed on the loan was so preposterous that any reasonable person, much less a trained loan officer, would have called it into question. The audit resulted in no - zero, nada -- changes in WaMu's lending practices. Fraud wasn't a problem; it was the business plan.

L'enquêteur résume :

According to the FBI, 80% of mortgage fraud is committed by the lender. We're not talking about stupid loan officers allowing borrowers to get away with something crazy that is bad for the bank. We're talking about clever loan officers pushing fraudulent documents in order to score bigger paychecks, and bank executives looking the other way so that they can keep getting big paychecks from the securitization machine. This isn't a problem unique to WaMu. This is how the U.S. mortgage system operated for half a decade.

80% ! dans un pays qui ne reconnait pas la responsabilité de l'offreur !

samedi 3 avril 2010

Aux US, si vous ne payez pas vos traites, on vous repique votre voiture. Pas besoin de décision de justice. Juste les bons outils.

An estimated 1.9 million cars were repossessed in 2009. The vast majority of these were "self-help" repossessions done under state laws that allow automobile dealers and lenders to take cars without court action or the involvement of law enforcement. Many of these cars were vital to the economic success of the families from whom they were taken. Perhaps not surprisingly, dozens of consumers, repossession agents and bystanders have been killed, injured or traumatized. Recent years have also seen rapid increases in the use of new technologies as part of repossessions, such as license plate scanners and electronic repossession devices. These new technologies raise issues such as privacy and safety concerns.

vendredi 2 avril 2010

Sibille - Draperi sur l'économie sociale et l'entreprise sociale (ou solidaire ?) - un débat qui n'en finit pas

Joli débat, un peu en trompe l'oeil, entre deux autorités de l'ESS : Draperi qui enseigne au Cnam et Sibille le banquier (il est VP du Crédit coop). Qui commence son papier par "mon ami Draperi"... heu, je me demande si le destinataire le vivra comme un "qui aime bien châtie bien", car il prend quand même une volée!

On n'est pas loin de la microfinance, car elle devrait relever de cette logique, au lieu de se subdiviser trop souvent en France entre un outil des pouvoirs publics, et un projet "de marché".

Le papier de Draperi est ici. Il est intéressant car il évite cette vieille caricature de l'ESS du type "le statut garantit la vertu". Mais il cogne dur sur une "nouvelle" conception de l'entreprise sociale qui, par américanisme, s'étendrait vers les bonnes oeuvres de philanthropes fortunés (très Bill Gates, comme conception !). Alors que, dit il, l'économie sociale, c'est avant tout l'émancipation de tous. Mais avec un échec patent pour ce qui concerne les volumes concernés, et même la pureté des conceptions.

Le papier de Sibille est ici ; et il est également intéressant, car très pragmatique, ce qu'il revendique. Cela dit, l'argument de type " ceux qui ne veulent pas bouger, c'est qu'ils ont peur de l'air du large" : ça craint un peu ! C'est toujours ce que l'on adresse aux personnes qui ont des principes, non ?

Je suis mal à l'aise car personnellement un peu au milieu ! C'est vrai que l'ESS sans les structures qui garantissent la participation de tous (n'abusons pas du terme de démocratie !), c'est une ESS un peu vidée de sa fonction "outil de peuple".

Mes réserves sur Draperi sont, en fait, très pragmatiques. Ce que je reprocherais le plus à l'ESS en tant que mouvement entrepreneurial, c'est son incapacité à générer "du leadership" (un américanisme de plus !) Et le MOUVES qui vient de se créer avec de belles et grandes personnalités --mon infatigable ex-président Claude Alphandéry en est !- - est plutôt un signe positif.

jeudi 1 avril 2010

MF islamique - concours CGAP typique = on ne veut que des projets profitables !

Voilà le genre de truc typique qui m'énerve. Un concours pour de nouveaux projets de MF. Cette fois ci, islamique : pourquoi pas ? Et avec 100 000 $ à la clé, quand même ! ! Mais les conditions répétées, ressassées, martelées dans le texte ci dessous, c'est : on ne veut que des projets qui veulent être rentables, et rentables tous seuls : profits profits, profits !

Durable veut dire profit ; autosuffisant = profit ; projet commercial = profit ; forces du marché = ce n'est même pas la peine de préciser !

Vive le profit ! je suis pour : mais pas n'importe comment ; surtout quand il s'agit de faire du profit en prêtant aux pauvres. Le problème, c'est qu'avec de tels projets, on véhicule un seul et unique modèle. Pas d'intervention de l'Etat, pas de mécènes, pas d'argent - cadeau. Non, c'est bizness et rien d'autre.

le CGAP se rend-il compte à quel point il oriente idéologiquement la MF avec de telles propositions ? je n'en suis pas certain. Alors que les preuves s'accumulent : la MF profitable est la MF qui prête aux "not so poors", selon l'expression consacrée. Et donc qui n'est qu'un paravant : que le marketing R&D de grandes banques qui feront un peu plus tard leurs profits sur le dos des pauvres.

MF islamique - tout marché

mercredi 3 mars 2010

18 mars : une journée Recherche sur la MF à Dijon

L'invitation est la. Ca promet d'être intéressant. C'est assez ouvert.

mercredi 24 février 2010

Mieux vaut être riche qualifié et en bonne santé, one more time (c'est lassant !)

Je tombe sur ce morceau de choix dans la fausse naïveté INSEE typique et répétitive (l'Insee fait ça chaque année, donc pourquoi s'énerver ?)

En résumé, sur 100 entreprises créées une année, 5 ans après, il en reste 50, à la louche. La ou vous allez tomber de votre chaise, c'est que parmi les 50, celles qui marchent le mieux sont celles créées avec beaucoup d'argent, par des gens (plutôt des hommes !) diplômés, et qui ont une expérience du métier dans lequel ils entreprennent. Incroyable, non ?

A force de décrire ainsi des "faits", on finit par inverser causes et conséquences. Par exemple :

"les entreprises dont le nombre de salariés a augmenté au cours des 3 premières années franchissent, toutes choses égales par ailleurs, 1,6 fois plus souvent le cap des 5 ans que les autres." De même, plus le chiffre d’affaires a progressé 3 années après la création, plus les chances de pérennité de l'entreprise à 5 ans apparaissent élevées.

On lit : augmentez votre CA, et ça ira bien pour vous. Alors que la cause c'est : j'ai un projet ambitieux, des compétences et des bons et nombreux clients DONC mon CA augmente (conséquence), et non l'inverse...

A force de présenter les chiffres de cette façon, on va finir de persuader les pauvres, les femmes, les jeunes et les sans fric ni diplômes que ce n'est pas la peine d'essayer : il sont bons pour le plantage, c'est statistique mon bon monsieur ! ET bien sûr, au passage, on finira d'en cnvaincre les banquiers de base, qui, eux, n'ont vraiment pas envie de perdre leur temps avec des clients pareils !

vendredi 19 février 2010

Les poissardes jurent d'étrangler celle qui ne serait pas fidèle au paiement --donc qui ne pourrait pas rembourser leur prêt - Un "groupe lending" pré-Yunus

C'est dans Laurence Fontaine « L’économie morale », qui a retrouvé ce magnifique passage de Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, dans les 1750 et quelques :

Le (préteur à la petite semaine) se rend alors dans une maison écartée, dans une salle ou il n’y a qu’une mauvaises tapisserie, un grabat, trois chaises et un crucifix. La, il donne audience à soixante poissardes, revendeuses et pauvres fruitières. Puis il leur dit d’une voix composée : « mes amies, vous voyez que je ne suis pas plus riche que vous ; voilà mes meubles, voilà le lit ou je couche quand je viens à Paris : je vous donne mon argent sur votre conscience et religion ; car je n’ai de vous aucune signature, vous le savez, je ne puis rien réclamer en justice. Je suis utile à votre commerce, et quand je prodigue ma confiance, je dois avoir ma sûreté. Soyez donc toutes ici solidaires l’une pour l’autre, et jurez devant ce crucifix, l’image de notre divin sauveur, que vous me ferez aucun tort, et que vous me rendrez fidèlement ce que je vais vous confier » Toutes les poissardes et fruitières lèvent la main, et jurent d’étrangler celle qui ne serait pas fidèle au paiement : des serments épouvantables se mêlent à de longs signes de croix. Alors l’adroit sycophante prend des noms, et distribue à chacune un écu de six livres, en leur disant : « je ne gagne pas ce que vous gagnez, il s’en faut ». la cohue se dissipe, et l’anthropophage reste seul avec deux émissaires dont il règle les comptes et paie les gages.

vendredi 20 novembre 2009

Sur le déversement des emplois, au sens contrat de travail, vers les activités, au sens : vas y mon gars, fais toi autoentrepeneur, c'est le bonheur

le point de vue américain est ici.

Berhent explique qu'il a fallu un choc conjoncturel (?) de très grande ampleur pour que le débat intellectuel se déplace de : "une politique de l'emploi, ça sert à rien, suffit d'attendre que ça reparte" vers "une politique de l'emploi, ça peut être un ensemble de décisions qui pèsent sur les marchés".

il termine prudent :

Naturellement, de telles mesures (note : de soutien aux états par le fédéral) sont assez étrangères à la pensée économique dominante dans les milieux politiques américains, y compris au sein des démocrates. Il suffirait que l’administration Obama évoque la possibilité de le prendre en considération pour que les républicains brandissent le spectre du « socialisme », comme ils l’ont fait cet été dans le débat sur la réforme de la santé. L’enlisement de la crise actuelle pourra-t-il faire bouger les lignes? Rendez-vous au sommet-emploi de la Maison Blanche le 3 décembre…

Je suis sans aucun doute influencé par ma fréquentation des historiens ces temps ci, mais décidément, j'aime ces modestes scientifiques des "sciences molles" qui utilisent assez peu les outils réputés exacts (les maths des économistes) et beaucoup les faits et leur mise en perspective.

Le rapport ? on est en train d'inventer en Europe des formes d'emploi qui se rapprochent de "l'autonomie", en tous cas de l'individualisation qui sont une façon sophistiquée de contourner les règles devenues trop rigides des emplois d'un marché normé ( = pour aller vite, des grandes entreprises, sur le modèle de l'emploi public).

Et quand on traite ça sous la forme d'un encouragement à l' "esprit entrepreneurial", ça m'inquiète ! Entrepreneur c'est autre chose : c'est d'abord en avoir la volonte, de préférence. pas y être condamné ! ! !

mercredi 11 novembre 2009

Pourquoi les pauvres ont-ils des comportements aberrants ?

Je sors d’une séance de ce séminaire à l’ENS, rue d'Ulm, que je suis depuis 3 ans sur les «histoires de crédit ». Aujourd’hui une sociologue nous décrivait une partie de sa thèse sur le crédit conso. Les pauvres « se font avoir » : les faits, les chiffres sont la. Pour financer leurs vacances ou une fin de mois difficile, les pauvres prennent du revolving à 20% et les riches (disons les petits bourges) se débrouillent avec leur banque à 6 ou 9%. Les pauvres se font avoir. Les pauvres ont des comportements aberrants, ou du moins irrationnels !

(qui s'expliqnent en fait par la volonté d'une impersonnalisation : je ne veux pas être jugé par le teneur de compte de ma manque, qui sait que je suis pauvre)

Coïncidence : je tombe 2 heures plus tard sur ce commentaire par Isabelle Guérin du livre qui fait grand bruit : Collins Daryl, Jonathan Morduch, Stuart Rutherford, Orlanda Ruthven Porfolios of the Poor. How the World’s Poor Live on $2 a Day (2009)., Princeton: Princeton University Press. – que j’ai évidemment la flemme de lire en anglais !

Isabelle termine par :

Le livre est aussi un vibrant plaidoyer pour le micro-crédit à la consommation. Convaincre les praticiens de la microfinance, et leurs bailleurs de fonds, que le microcrédit est souvent détourné d’usages « productifs » est tout à fait louable. Prétendre que les pauvres ont besoin d'emprunter pour les besoins sociaux est également parfaitement légitime. Mais ne faut-il pas simultanément tenir compte des risques du crédit à la consommation et mener une réflexion et un débat de fond sur ce que cela signifie en termes de politique et de choix de société ? Et ne faut-il pas en repenser les conditions, notamment en termes de coût ? S'il n'y a pas d'augmentation des revenus et aucun mécanisme de redistribution, la dette entraîne nécessairement la paupérisation. C'est un effet mécanique très simple, à moins qu'elle soit exempte de frais, mais ce n'est pas le cas de la microfinance. Les risques sont d’autant plus prononcés dans la mesure où le désir de consommer est très probablement croissant parmi les pauvres.

Oui, et pas seulement au Sud. Je suis sidéré, dans les histoires de crédit que l’on a de la part de sociologues, économistes, etc, de la pression qu’exercent les besoins et les désirs de conso, de dépenses. Et les prêteurs spécialisés (prêteurs conso) nous expliquent gentiment qu’ils n’exercent aucune pression vis-à-vis des clients. Bin voyons. Juste en leur disant « vous avez une réserve d’argent, qu’attendez vous pour l’utiliser ? » : c’est pas une pression ça ? Le revolving correspond « à un besoin » plaidait le responsable de l’organisation professionnelle il y a qqs jours dans Le Monde. Bin oui, à un besoin. Mais surtout un besoin d‘impersonnalisation de la relation. Les pauvres ont des comportements aberrants parce qu’ils ont une marge de manœuvre très limitée ; et parce que les trésors de talent des offreurs réussissent à leur maquiller les risques de leurs actes. Égalité contractuelle ? Tu parles ! il faut vraiment être soit très hypocrite, soit très ignorant pour continuer à plaider cette fiction !

Autre partie de la séance à l'ENS : un long récit des relations commerciales entre un anglais catholique établi à Anvers, qui faisait commerce de diamants et de textiles avec des juifs anglais de Londres, des huguenots réfugiés au Portugal, des protestants d'Amsterdam, et les uns et les autres se canardaient de temps à autres avec des Ashkenazim d'Europe centrale, le tout entre 1700 et 1752, date ou John Damer meurt... J'adore ! le tout raconté par un historien belge néerlandophone d'une vois lente et douce, recto tono, même quand il nous racontait les mésaventures des courriers, de la confiance et des crédits et du contrôle sans le dire, des uns et des autres, les uns sur les autres... Il exploite 800 lettres sur un fonds de 15 000, et raconte vraiment très bien.

J'adore ces séances à Normale Sup, ou j'ai l'impression de voguer loin de mon quotidien, de voir vivre la vie de gens intéressants, actifs, entreprenants, et qui ont laissé de faibles traces de leurs vies sur cette terre, que l'on se raconte longtemps après pour tenter d'y trouver un sens ! ...

loin et tellement proches. L'envie, la méfiance, mais aussi la confiance, l'altruisme, l'hommage des égaux, que de sentiments qui démentent l'hypothèse même de l' "homo oeconomicus", le supposé champion de l'égoïsme et de la rationnalité ! Quelle ramassis de stupidités, resassées depuis ce malheureux Adam Smith, qui n'en disait pas tant ! ...

jeudi 22 octobre 2009

CK Prahalad "penseur le plus influent" du monde des affaires ? Ca me désole !

C'est ici. Surtout quand c'est pr la 2ème ou 3ème fois. Alors que son BOP repose sur des sophismes...

mardi 20 octobre 2009

Institute for social banking - des nouvelles

L'an dernier, j'avais participé à l'Université d'été organisée par l'ISB au Danemark : formidable !

L'ISB propose des infos sur ce qu'il fait ; réunion en Novembre, etc.

mardi 13 octobre 2009

les personnes âgées sont-elles les prochaines cibles des prêteurs prédateurs ? (expression typiquement américaine, mais très claire, non ?)

C'est ici, et c'est impressionnant ! "Are Senior Citizens the New Targets for Predatory Lenders?" Christine Lagarde, notre ministre de l'économie, vient de refuser de règlementer le revolving. Pendant ce temps, aux Etats -Unis, ou les abus en matière de surendettement sont infiniment pires que chez nous, on se demande qui est la prochaine victime. Quand les revenus diminuent, comment faire autrement que de s'endetter pour maintenir un minimum de pouvoir d'achat ? non, ce n'est pas LA solution ; au contraire, c'est une solution de désespoir --de personnes acculées à trouver n'importe quel moyen immédiat de survie. Et on continuera de prétendre que le surendettement, c'est la responsabilité de ces emprunteurs irresponsables ?

disgusting !

dimanche 27 septembre 2009

How Did Economists Get It So Wrong?

voilà le lien sur le papier de Krugman cité dans mon précédent papier.

C'est costaud, mais faut le lire !

mardi 7 juillet 2009

Les MFI comme distributeurs : risques de dépendance accrue dans la conso des pauvres

Mon titre n'est pas très explicite. Juste un reminder. Il renvoie à un papier comme celui ci par exemple. C'est une discussion en cours avec des amis, dont Cyril Rollinde, installé en Inde.

La question est : des industriels constatent que les MFI sont des réseaux de distrib très ramifiés, au contact quasi quotidien de leurs clients. Donc on pourrait se servir de ces réseaux comme des réseaux de distrib de n'importe quoi à vendre aux mêmes.

Le risque : "imposer" le prêt et l'achat. En gros, tu prends un microcrédit pour acheter tel ou tel Truc, qui fait partie de la catégorie Consommation beaucoup plus que la catégorie Outil de prod pour créer un business... Et par hasard, c'et le même sous une autre casquette, qui te tente avec les produits de conso, et qui t'attire avec le prêt.

Joli piège, jolie dépendance crée aussitôt. (Rappel : Wal Mart au Mexique a obtenu une licence de banque !)

Le risque supplémentaire : si ce sont les actionnaires étrangers du MFI qui lancent de tels projets, on les imagine bien passant des alliances avec les industriels étrangers qui cherchent des distributeurs locaux. Et dans ce cas, on est typiquement dans une relation inégale : que feront les industriels locaux face à un tel rouleau compresseur ?

mercredi 25 février 2009

Michel Abhervé et la critique des erreurs des banques coopératives

Le papier publié depuis quelques temps par Michel Abhervé (prof dans un master de l'économie sociale) et Pierre Dubois continue à faire du bruit.

J'étais hier soir à une réunion proposée par AlterMundi pour en discuter : j'étais impressionné par la qualité des débats et la sensibilité du public (70 personnes environ?) à ce thème. Que les grandes banques (sous entendu : capitalistes) fassent des erreurs énormes liées à la spéculation, on peut comprendre. mais NOS banques, celles de l'économie sociale ? ? Natixis est revenu sur la table à plusieurs reprises, ainsi que, plus généralement, le pouvoir passé des sociétaires et administrateurs vers la "technostructure" de ces banques.

Pas de grande décision prise en séance, mais une volonté encore fragile, de "reprendre le pouvoir" ? Peut être bien.

Evidemment, la prise de pouvoir en cours au sein du nouveau groupe Banques populaires - Caisses d'épargne n'est pas un très bon signe dans cette direction ! ! Mais "le réveil des sociétaires" peut avoir lieu bientôt !

dimanche 4 janvier 2009

Avant Yunus, les Monts de piété et les prêteurs informels...

Mon voisin de blog, Benoît Willot, traite du prêt sur gage, le fameux mont de piété ; devenu Crédits municipaux en France. Coïncidence : je viens de terminer la lecture de l'extraordinaire livre de l'historienne Laurence Fontaine, "L'économie morale - pauvreté, crédit confiance dans l'Europe préindustrielle". C'est une fantastique synthèse de ce que l'on sait sur ces liens tellement subtils entre crédit, confiance ; don et usure ; stratégies des nobles et des pauvres ; puis la laïcisation progressive de la morale, dès avant la révolution...

J'y reviendrai, car c'est un grand livre.

dimanche 28 décembre 2008

« La difficulté d’abolir les usuriers étant à peu près la même que celle d’empêcher les gens qui ont besoin d’eau d’y avoir recours

« La difficulté d’abolir les usuriers étant à peu près la même que celle d’empêcher les gens qui ont besoin d’eau d’y avoir recours, on a considéré qu’une tolérance conditionnelle était le seul et le meilleur parti qu’il y eut à prendre ». C’est dans le magnifique livre de Laurence Fontaine, « L’économie morale – pauvreté crédit et confiance dans l’Europe préindustrielle », p 128.

C’est une citation d’un mémoire composé en 1770 par ordre de Sartine à la demande de Marie-Thérèse. Et l’actualité de la question est énorme. Même si le mont de piété, devenu Crédit municipal, a ralenti la mise en gage des biens par les pauvres... A l’époque, la motivation principale des réformateurs pour contrôler l’activité de prêteurs est d’une part le taux d’intérêt, très élevé ; d’autre part, le vol des gages (on vient mettre en gage une nippe, un objet, que finalement le vendeur vendra : donc impossible de le récupérer).

Mais la question des taux d’intérêt n’est pas si simple. Même Turgot, également cité par Laurence Fontaine, défendra les petits prêteurs de rue dans son « Mémoire sur les prêts d’argent ». Il décrit parfaitement ce « prêt à la petite semaine » aux taux d’intérêt énormes. Cependant « les emprunteurs ne se plaignent pas des conditions de ce prêt sans lequel ils ne pourraient faire un commerce qui les fait vivre, et les prêteurs ne s’enrichissent pas beaucoup parce que cet intérêt exorbitant n’est guère que la compensation du risque que court le capital ».

Argument pragmatique, hors de toute moralisation ; et qui reste insuffisant s’il y a trop d’abus. Curieux : les philanthropes seront contre l’usure avec constance ; mais parmi eux, les seuls qui sont conséquents ont crée les Monts de piété. Les autres se sont contentés de critiquer au nom de la morale et de l’ « injustice » que subissaient les pauvres... pas très efficace !

Pour éviter le gage, Laurence Fontaine cite également le discours du prêteur (page 134) aux femmes des marchés (« poissardes revendeuses et pauvres fruitières »...) : soyez solidaires entre vous et jurez sur le christ que vous me rendrez, etc... Donc la caution (morale) remplace le gage et la transaction devient plus rentable pour tout le monde !

Bref, Yunus n’a rien inventé ! Plaisanteries mises à part, je dois dire que Yunus m’a souvent agacé par cette fausse naïveté avec laquelle il raconte les débuts de la Grameen. « J’ai leur ai prêté 2 dollars et me suis aperçu qu’elles remboursaient »... je "me suis aperçu" ? ? comme si les pauvres pouvaient faire autrement ! Par définition, ils remboursent puisqu’ils savent que sinon, eux qui n’ont presque rien, ils n’auront plus accès à rien du tout.

Mais surtout Yunus était à l’époque un universitaire brillant : il connaissait tout de même un petit peu d’histoire économique. Les activités financières des pauvres, c’est un truc de toute éternité. Les pauvres sont doués pour trouver des solutions de la vie quotidienne à leurs problèmes quotidiens : c'est ce qui leur permet de survivre. Donc même s’il a su donner une dimension nouvelle, très industrielle, à cette technique de prêts aux cercles de caution, ces principes étaient pratiqués, logiquement, ailleurs en fonction des besoins.

dimanche 14 décembre 2008

Arrêter de "Romanticizing the Poor" : une critique qui a l'air solide de ce fameux BOP

Dommage, l'accès est payant. Dès que j'aurai accès à une base de données universitaire, j'espère que je pourrai en lire et en faire un CR. Stop "Romanticizing the Poor", s'énerve le prof Annel Karnani. Avec juste cette citation sur le site de la revue de Standford, qui donne l'eau à la bouche :

Market solutions to poverty are very much in vogue. These solutions, which include services and products targeting consumers at the “bottom of the pyramid,” portray poor people as creative entrepreneurs and discerning consumers. Yet this rosy view of poverty-stricken people is not only wrong, but also harmful. It allows corporations, governments, and nonprofits to deny this vulnerable population the protections it needs. Romanticizing the poor also hobbles realistic interventions for alleviating poverty.

(passage mis en gras par moi)

Toutes les critiques de la vue fondamentalement naïve de cette trop fameuse "BOP" me paraissent bienvenues. (les gens visés par Prahalad et ses copains qui sont à la Base of the pyramid... Je me rends compte que je n'ai même pas d'entrée sur ce thème ! Va falloir bosser !)

MàJ : après recherches, il avait aussi une critique féroce de la MF ici :

Microfinance Misses Its Mark

Despite the hoopla over microfinance, it doesn’t cure poverty. But stable jobs do. If societies are serious about helping the poorest of the poor, they should stop investing in microfinance and start supporting large, labor-intensive industries. At the same time, governments must hold up their end of the deal, for market-based solutions will never be enough

[ téléchargeable ici|http://www.ssireview.org/articles/entry/microfinance_misses_its_mark/]

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