Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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lundi 8 décembre 2008

Les taux d'intérêt du P2P, une estimation

C'est dans un papier publié par Forbes, et on peut supposer qu'ils ont fait le tour au téléphone. C'est surtout, ce qui m'intéresse, les taux des prêts P2P pour le micro business, plus que pour les prêts conso :

Every Web site, with the exception of Prosper, mandates that users meet certain criteria: credit scores of approximately 640 and a debt-to-equity ratio of around 30%. In general, analysts say that small businesses can often get lower rates than they would through credit cards or other alternatives. For example, Renaud Laplanche, CEO and founder of Lending Club, estimates that borrowers on his site pay 12% interest rates on average. Ben Decio, president of GlobeFunder, points to a higher range for his company's borrowers: between 8% and 22%. By contrast, many credit cards charge between 20% and 30%.

De fait, les prêts revolving (par cartes) sont plus couteux aux USA que chez nous --mais pas de beaucoup, finalement. La grosse différence vient des scores : nous n'avons pas de Crédit bureaux, donc nous n'avons pas d'automatisation possible de la confiance.

Et je ne suis pas certain que ce soit une mauvaise chose (du mal à me faire une idée sur la question !)

L'autre grosse? énorme différence vient des prêteurs "du coin de la rue", des payday lenders, des pawn et des autres Sharks : l'usure est très répandue aux USA, alors qu'elle semble limitée chez nous;

mercredi 3 décembre 2008

Savez vous quelle est la distinction entre good et bad inequalities ?

C'est une note en bas de page du rapport de l'OIT sur les salaires en 2008, p 27

Attempts have even been made to somehow reconcile these views by distinguishing “good” and “bad” inequalities, with the recognition that inequalities may be good or harmful to economic growth depending on their underlying forces. Chaudhuri and Ravallion (2007), for instance, consider inequalities as “good” if they refl ect “the role of economic incentives” (created within the market), whereas “bad” inequalities refer to “those that prevent individuals from connecting to the market and limit investment and accumulation of human and physical capital”.

Ca me laisse sans voix. Si les inégalités sont créées par le marché, c'est OK. Si les inégalités vous empèchent de vosu connecter au marché, c'est pas bien. Point final ?

Par ailleurs, l'OIT établit clairement que les inégalités ont augmenté dans les dernières années !

(je le lisais pour voir s'il existe sdes infos sur les revenus comparés des salariés et des micro entrepreneurs : ya pas )

mardi 2 décembre 2008

60 sociétés de P2P dans 12 pays : "ce ne sont pas les fabricants de calèches qui ont inventé le train" !

La devise est connue ; elle est typiquement Shumpeterienne. Ce ne sont pas les entrepreneurs installés qui sont les mieux capables d'anticiper des besoins, des demandes nouvelles, et, a fortiori, la techno qui vont avec. Les banques de détail sont en train de jouer le rôle des fabricants de calèches, car l'essentiel de l'innovation dans les projets P2P se font sans elles, et parfois contre elles.

Deux papiers assez vifs sur ce thème. L'un d'un observateur avisé ; l'autre du temple de la finance, le FT (zut, perdu le lien)

Je cherche à connecter avec les recherches de la FING sur la fabrication de la confiance sur le Net. La connexion avec la MF est évidente. Si on est d'une part sur les fondamentaux ( = MF = confiance) et sur des convictions plus politiques type Yunus ( = pas d'investisseurs étrangers s'ils se contentent de chercher des taux d'intérêt élevés), on est bine dans la confiance ; à l'opposé de la défiance qui fonde aujourd'hui les technologies du prêt.

MàJ : il n'y avait pas de règlementation très stabilisée aux USA sur le régime juridique applicables aux P2P. Prosper vient d'en faire les frais, avec 1M$ de "settlement" avec la SEC.

C'est un peu technique, mais peu importe : le gros problème est ailleurs. Si les prêts de Prosper peuvent être analysés par un juge comme étant des produits financiers qui n'ont pas été enregistrés alors qu'ils devaient l'être, les prêteurs qui ont fait des prêts non-remboursés pourraient se retourner contre la plate forme ! ! ce qui met par terre le modèle lui même. Dans le modèle P2P, la plate forme est un simple lieu (virtuel) de rencontres qui ne prend aucune responsabilité dans le bon achèvement des transactions !

(c'est sur cette base que Friendsclear a démarré en France, en bordant soigneusement la partie juridique)

cela dit, ils sont, semble-t-il, assez optimistes

dimanche 23 novembre 2008

DB - doing business, la critique méthodo

Les rapports Doing Business acquièrent une influence assez inquiétante sur les pays fragiles (en développement et / ou en transition). On le sait ; et c'est uen sorte de course à l'échalote, un concours de "modernité" (?) reposant tout entier sur des critères de classement qui sont très discutables.

A propos de discussion, j'ai retrouvé ici le rapport fait par un organisme indépendant sur la validité méthodologique des rapports DB. C'est un peu technique mais passionnant.

Sur mes réticences à l'égard de DB : femmes, taxes

MàJ : magnifique mise en perspective historique sur Doing Business : "Napoléon contre la croissance?" (ironie inside) par l'historienne Claire Lemercier

vendredi 14 novembre 2008

Une leçon sur l'évaluation des politiques publiques (ma marotte) ; application consternante aux politiques d'insertion des jeunes

BEnoît Willot rapporte ce dialogue surréaliste entre le ministre de l'Emploi et les parlementaires. Merci, c'est très gentil d'envoyer les résultats de vos missions locales pour l'insertion des jeunes au ministère, mais nous n'en faisons rien. Juste des tableaux Excel qui ne servent à rien. Voilà.

( par rapport au sujet de ce blog, il s'agit d'évaluation des politiques publiques, pas tout à fait de microfinance, car la majorité des jeunes qui passent dans les missions locales ne créent pas leur propre job)

Mais je dois dire que je reste abasourdi par ce foutage de gueule explicite. Oui, élus du peuple, faites des trucs sur le terrain ; décarcassez vous, bougez vous pour les jeunes en difficulté, et obéissez aux injonctions de l'Administration Centrale. Mais à part ça, on s'en fout de vos travaux.

Rappelons que Monsieur Laurent Wauquiez avait répondu récemment qu'il "ne savait pas" si c'était efficace, les missions locales (gag déjà relevé par Benoît Willot). On avait envie de lui répondre de lire un peu les rapports, nombreux et sérieux, qu'il reçoit. Ou au moins de les faire lire par quelqu'un qui lui en rendrait compte.

Bon, hé bien ne fatiguons pas le ministre avec de tels détails. Son administration fait des tableaux. C'est mieux que de jeter les rapports à la poubelle directement.

MàJ : Abhervé s'énerve à son tour sur cette ignorance "réelle ou supposée" du ministre.

mardi 11 novembre 2008

Dans le contexte de la MF, il y a une augmentation énorme de l'endettement des personnes. Pour préserver leur pouvoir d'achat ?

C'est un papier d'un économiste "de gauche" qui me fait penser à cette question du contexte de la MF dans les pays développés.

En gros, l'analyse de Maucourant consiste à dire que l'endettement des personnes (il parle des classes moyennes, mais on peut sans doute étendre son raisonnement au delà) augmente dans une période (années 20 analysées par Polanyi) ou la classe dominante comprime les salaires. Ceux dont les revenus sont avant tout des salaires sont "encouragés" à s'endetter pour préserver leur niveau de vie.

Il y a 2 chose intéressantes quant au contexte de la MF :

- d'abord récuser les analyses complotistes : les "dominants" ont des pouvoirs qu'il ne faut pas exagérer

- ensuite la question du niveau de vie des classes moyennes n'est pas la même que celle de "la survie" de micro-groupes exclus (les clients de la MF)

Mais je retiens 2 autres choses qui donnent du sens au succès de la MF :

- la technologie : le scoring, par exemple, nécessite une puissance de calcul et une vitesse de transmission de l'info qui facilite énormément la "transparence" des marchés --ou qui réduit les asymétries d'information, comme dirait tonton Stiglitz

- et plus largement, l'analyse qui mérite d'être élargie est celle du transfert systématique à l'époque contemporaine, d'une partie de la dette collective (dont celle de l'Etat) vers les individus.

Un seul exemple : faire du "rêve américain" le fait de devenir propriétaire de sa maison est un truc de petit-bourge, bien sûr (ou elle est l'aventure du Am Dream ! ! !) ; mais surtout évite à l'Etat de faire de gros efforts pour le logement collectif, avec une programmation rationnelle de la dette collective qui en résulte..

Donc c'est aussi :

- transférer la dette, en fonction de leurs motivations propres, vers les familles

- et quand on laisse prêter des crétins irresponsables et greedy aux pauvre, on fabrique une crise Subprime !

MàJ : une jolie citation d'un blog que j'aime bien :

Autrement dit, pour que les Américains riches restent riches, il faut que les pauvres aient de l’argent pour consommer. Sauf qu’au lieu de leur donner en les payant plus, on leur prête. Conséquence non dite et que devraient méditer ceux qui se réjouissent des déboires du consommateur américain, ce seront les Américains pauvres et uniquement eux qui devront apprendre à se serrer la ceinture. On imagine les conséquences politiques que cela pourrait avoir aux Etats-Unis.

bin voilà, c'est un peu ça !

jeudi 6 novembre 2008

Caroline Fourest, sur le vécu d'une prêteuse de Kiva

Lire ce papier dans Le Monde de ce soir : c'est magnifique. Non que l'information soit exceptionnelle, elle confirme ce que nous savons sur l'efficacité des montages P2P de type Kiva. Mais plutôt su le ton, la sophistiquée naïveté de l'auteure pour faire comprendre combien c'est simple, c'est efficace et c'est accessible à tout le monde...

Sur le reste, évidemment, plein d'agacements divers...

L'autre coté magnifique, c'est que Caroline Fourest est connue pour avoir un caractère de chien. L'une des brillantes polémistes de l'époque (voir Charlie Hebdo, vois sa revue ProChoix...). L'une de celles qui s'est battue, et se bat contre les "obscurantismes" les plus divers (islamistes, mais pas que !)

C'est un hommage laïc à la MF qui vaut le coup !

Un rapport de USaid sur les progès du P2P lending dans la MF

Le texte est accessible ici. Oui, il y a d'énormes progrès du P2P, y compris dans une petite partie de l'univers de la MF. Mais qualifier ça de progrès de la "démocratie financière" est une pure stupidité, à mon avis. (Sauf à constater que le titre dépasse largement le contenu de l'étude, ce qui semble être le cas).

Au contraire, c'est la qualité de l'intermédiation qui fait la qualité des interventions en MF ; du moins dans la grande majorité des cas.

C'est ce que font Kiva aux Etats Unis et aussi Babyloans en France. Il faut passer par des opérateurs professionnels pour donner une réelle qualité aux interventions financières en MF.

Kiva semble avoir pris conscience des enjeux puisque ce rapport annonce que :

In 2009, Kiva plans to clearly define, in conjunction with its MFI partners, metrics for the social impact of its funding (such as reaching out to new underserved markets or sectors, lowering interest rates, etc) and plans to hold partner MFIs accountable for social impact targets

ce qui est une excellente nouvelle.

Car si la MF, par cette technique, sert plus à appauvrir les pauvres qu'à les enrichir, comme on le constate parfois, ce sera encore un échec.

enchères inversées pour les produits d'épargne (personnellement, je déteste cette idée, mais bravo pour la techno)

C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.

Les nouveaux services financiers débarquent en France - le lien avec la MF me parait évident

Cette analyse remarquable décrit Optissima, concentré de services financiers personnels qui ont intégré DébitCredit, un logiciel de gestion en ligne de comptes bancaires.

J'avais rencontré l'auteure de DébitCrédit, la non moins remarquable Priscilla Rozé-Pagès en lui demandant de venir expliquer son projet à mes étudiants francophones (14 nationalités !) lors de l'Université d'été des créateurs, en 2006. Depuis, elle a développé son outil de gestion, puis l'a brillamment vendu à Optissima, qui avait sous doute plus de capacités qu'elle à diffuser l'application. Bravo.

D'après Fabrice Epelboin (l'auteur du billet cité ci dessus), Optissima propose des services qui sont en avance sur l'offre américaine, pourtant très en avance sur le e-banking.

Le lien avec la MF en France est (potentiellement) évident. La gestion des comptes personnels est l'un des aspects de la gestion tout court d'une micro entreprise, ou les flux professionnels et personnels sont intimement liés.

Je me demande notamment si le statut d'auto-entrepreneur (qui risque d'encourager cette confusion) n'est pas une cible idéale pour former des micro entrepreneurs à une telle gestion financière basique.

lundi 3 novembre 2008

Le 10ème anniversaire de PlaNet Finance - un CR

Sur le blog (très bien fait) d'une étudiante, un CR de l'évenement. J'aime bien ce que dit Sebastien Duquet sur "revenir aux fondamentaux"

vendredi 31 octobre 2008

"Education financière, oui mais laquelle" ? - Une question commune en Europe, et qui est liée aux risques de surendettement

La question est posée par mes vieux amis de Financité, à Bruxelles. C'est une tendance d'avant la crise financière. La Commission (et les grandes banques) voudraient que l'on investisse dans "l'éducation" financière ; du moins la sensibilisation de citoyens...

Le problème, dit Financité, c'est que l'on doit commencer par se mettre d'accord sur les objectifs, les méthode et le contenu. Car :

S'agit-il de former des citoyens responsables ou de dédouaner les acteurs financiers de leurs responsabilités, en transférant la gestion des risques sur le dos des particuliers ? Le rapport de la CBFA met en garde contre une telle dérive. Cependant, pour l'éviter, un plan d'action national d'éducation financière tel que suggéré par la CBFA, devrait clarifier ses objectifs sociétaux

En Allemagne, c'est IFF (à l'origine de ECRC, dont je suis administrateur) qui fait le meilleur boulot.

En Grande Bretagne, un réseau dense de Money Advice n'empêche pas le surendettement --qui prend des proportions catastrophiques

En France, on n'a pas grand chose, hors la traditionnelle protection (mitée) de l'Etat... Et convaincre des profs de faire de l'éducation financière, ou d'accepter dans leurs classes qu'on en fasse : ya du boulot, à mon avis !

mardi 28 octobre 2008

Services financiers en mileu rural et méthodes de la recherche en MF (les rencontres Boulder Bergame)

C'est plutôt le 2ème point que je trouve fascinant ; c'est pourquoi je me suis rural - méthodes de recherche en MFpermis de sauvegarder ce mail (ce qui ne se fait pas !)

(bizarre, la façon dont le lien eset crée ? ? )

Plein de gens que j'estime !

"Pauvres parmi les pauvres ? Des femmes", un papier impressionnant de Jeanine Mossuz-Lavau

C'est ici, et ça parle de la France. Ce n'est pas directement lié au sujet de ce blog, mais, rappel, les femmes sont les premières clientes de la MF au Sud.

dimanche 26 octobre 2008

P2P aux Etats Unis : turbulences en vue ; du coté de la SEC comme du coté des emprunteurs

Un long papier dans le Herald sur les ennuis des P2P lenders aux Etats Unis. Ils ont des problèmes de reconnaissance par la SEC en tant que Brokers ; mais il semble qu'ils aient aussi des problèems avec les emprunteurs --ou certains emprunteurs qui sont clairement à l'affut des naïfs.

J'attendais depuis un moment un papier de ce genre ; mais celui ci est juste fait de quelques coups de projecteurs journalistiques. Une bonne grosse étude statistique devient nécessaire.

Et ceci explique sans doute que les plate formes haussent leurs exigences sur les données des emprunteurs, comme je l'avais noté à propos de Lending club.

samedi 25 octobre 2008

Les désolantes méthodes d'info du ministère des finances sur l'impot et les créateurs

C'et assez consternant. Si vous allez dans la "Bibliothèque des entreprises" du ministère (c'est ici), vous vous dites : chic alors ! je vais trouver tout ce qui me concerne.

Vous tombez sur un lien qui a l'air passionnant : ça s'appelle "livret fiscal du créateur d'entreprise" --Super ! je vais enfin comprendre à quelle sauce je vais être mangé.

Bon, bin cliquez

Joli, non ? Ya marqué BIC, BNC, BA, IS... Et comment je sais, moi, si je suis BIC, BNC, ou autre chose ? Et que je sais même pas ce que veulent dire ces diminutifs ! ?

Bin faut explorer, mon gars !

Comme ergonomie, on peut faire mieux, à mon avis

mardi 21 octobre 2008

Yunus critique le plan de sauvetage américain au nom de l'efficacité des marchés

Un interview pur le FT ici.

Curieuse position (mais je n'ai peut être pas tout pigé à l'itw télé) qui consiste à critiquer le Bail out, le sauvetage des banques américaines par le gouvernement : parce que le marché sait résoudre tous les problèmes ! Et ceci, si j'ai compris, au nom d'une histoire ancienne : les gouvernements sont inefficaces ; ils l'ont prouvé avec leurs politiques d'aide au Sud !

Heu --quel est le rapport ! ?

Cette foi dans le marché est une caractéristique de Yunus. Mais ça devient un peu confus pour des esprits occidentaux un peu simples comme moi. Entre le concept d'entreprise sociale qui me parait flou, et la privatisation de tout, parce que le privé c'est efficaces et le public, ça ne l'est pas ... je dois dire que j'ai un peu le tournis !

lundi 20 octobre 2008

Microcrédit macrocrédit et naïveté

Une tribune dans Les Echos d'aujourd'hui de Jérôme Batout, un prof de la London School of economics. Il se livre à l'exercice qui consiste à comparer les macrocrédits sur lesquels Lehmann a chuté, et les microcrédits de Yunus.

Le passage montrant l'erreur d'analyse du prof :

Notre question : qu'y a-t-il dans le microcrédit qui vaut mieux que le macrocrédit ? Au départ, on a pourtant deux situations totalement analogues : un prêteur, un emprunteur et de l'incertitude. Le prêteur va-t-il rembourser ? Toute la question est là. A Wall Street, on s'est dit : puisqu'il n'est pas sûr qu'il rembourse, autant que quelqu'un d'autre que nous se pose la question : transférons le risque. A l'arrivée, plus personne ne se sent responsable du risque : ni l'emprunteur, qui ne sait pas vraiment, au final, à qui il doit, ni le créancier, possiblement situé à Stockholm, et qui n'a jamais mis les pieds à Cincinnati, où réside pourtant son débiteur.

Dans les campagnes du Bangladesh, à l'inverse, le banquier n'élude pas la question de l'incertitude. Plutôt que de la voiler en certitude, il s'efforce de réduire l'incertitude en annonçant aux emprunteurs qu'ils seront solidaires en cas de défaut. La valeur financière n'est pas la seule en jeu. Avant que d'être financier, le crédit est éthique : la relation de confiance, relation de crédit, précède la situation de crédit. Dans un cas, à Wall Street, on opte pour la diversification des risques en peinant à voir qu'elle mène à la déresponsabilisation de tous et, à terme, à la crise de confiance générale ; à Dacca, on opte pour la concentration des risques en calculant qu'elle favorise la responsabilisation de chacun.

Dans le vrai monde réel, la distinction angélique entre l'un et l'autre n'a plus cours. Les méthodologies du "macrocrédit" ont contaminé les microcrédits, et la "confiance" et le sens des responsabilités disparaissent progressivement.

Il ne reste, au mieux, qu'une différence : les micro prêteurs sont nez à nez avec leurs emprunteurs ; donc socialement, ils ne peuvent ignorer les impacts de leur activité. Idéalement, c'est un rapport de force social (et non financier) qui fera la différence.

Isabelle Guérin à la rencontre Babyloans

un bref CR de la rencontre organisée mercredi dernier par Babyloans, qui cite brièvement Isabelle Guérin.

Pas de chance : cette tentative ne démarre pas à la meilleure période ! les risques augmentent et les fonds diminuent... Ca fait beaucoup d'éléments négatifs !

mercredi 15 octobre 2008

Le Credit crunch commence pour les MFI - exemple Cambodge

C'était faux de croire que la crise financière serait sans effet sur la MF. Premières alertes dans un quotidien cambodgien.

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