Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 6 novembre 2008

Un rapport de USaid sur les progès du P2P lending dans la MF

Le texte est accessible ici. Oui, il y a d'énormes progrès du P2P, y compris dans une petite partie de l'univers de la MF. Mais qualifier ça de progrès de la "démocratie financière" est une pure stupidité, à mon avis. (Sauf à constater que le titre dépasse largement le contenu de l'étude, ce qui semble être le cas).

Au contraire, c'est la qualité de l'intermédiation qui fait la qualité des interventions en MF ; du moins dans la grande majorité des cas.

C'est ce que font Kiva aux Etats Unis et aussi Babyloans en France. Il faut passer par des opérateurs professionnels pour donner une réelle qualité aux interventions financières en MF.

Kiva semble avoir pris conscience des enjeux puisque ce rapport annonce que :

In 2009, Kiva plans to clearly define, in conjunction with its MFI partners, metrics for the social impact of its funding (such as reaching out to new underserved markets or sectors, lowering interest rates, etc) and plans to hold partner MFIs accountable for social impact targets

ce qui est une excellente nouvelle.

Car si la MF, par cette technique, sert plus à appauvrir les pauvres qu'à les enrichir, comme on le constate parfois, ce sera encore un échec.

enchères inversées pour les produits d'épargne (personnellement, je déteste cette idée, mais bravo pour la techno)

C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.

Les nouveaux services financiers débarquent en France - le lien avec la MF me parait évident

Cette analyse remarquable décrit Optissima, concentré de services financiers personnels qui ont intégré DébitCredit, un logiciel de gestion en ligne de comptes bancaires.

J'avais rencontré l'auteure de DébitCrédit, la non moins remarquable Priscilla Rozé-Pagès en lui demandant de venir expliquer son projet à mes étudiants francophones (14 nationalités !) lors de l'Université d'été des créateurs, en 2006. Depuis, elle a développé son outil de gestion, puis l'a brillamment vendu à Optissima, qui avait sous doute plus de capacités qu'elle à diffuser l'application. Bravo.

D'après Fabrice Epelboin (l'auteur du billet cité ci dessus), Optissima propose des services qui sont en avance sur l'offre américaine, pourtant très en avance sur le e-banking.

Le lien avec la MF en France est (potentiellement) évident. La gestion des comptes personnels est l'un des aspects de la gestion tout court d'une micro entreprise, ou les flux professionnels et personnels sont intimement liés.

Je me demande notamment si le statut d'auto-entrepreneur (qui risque d'encourager cette confusion) n'est pas une cible idéale pour former des micro entrepreneurs à une telle gestion financière basique.

lundi 3 novembre 2008

Le 10ème anniversaire de PlaNet Finance - un CR

Sur le blog (très bien fait) d'une étudiante, un CR de l'évenement. J'aime bien ce que dit Sebastien Duquet sur "revenir aux fondamentaux"

vendredi 31 octobre 2008

"Education financière, oui mais laquelle" ? - Une question commune en Europe, et qui est liée aux risques de surendettement

La question est posée par mes vieux amis de Financité, à Bruxelles. C'est une tendance d'avant la crise financière. La Commission (et les grandes banques) voudraient que l'on investisse dans "l'éducation" financière ; du moins la sensibilisation de citoyens...

Le problème, dit Financité, c'est que l'on doit commencer par se mettre d'accord sur les objectifs, les méthode et le contenu. Car :

S'agit-il de former des citoyens responsables ou de dédouaner les acteurs financiers de leurs responsabilités, en transférant la gestion des risques sur le dos des particuliers ? Le rapport de la CBFA met en garde contre une telle dérive. Cependant, pour l'éviter, un plan d'action national d'éducation financière tel que suggéré par la CBFA, devrait clarifier ses objectifs sociétaux

En Allemagne, c'est IFF (à l'origine de ECRC, dont je suis administrateur) qui fait le meilleur boulot.

En Grande Bretagne, un réseau dense de Money Advice n'empêche pas le surendettement --qui prend des proportions catastrophiques

En France, on n'a pas grand chose, hors la traditionnelle protection (mitée) de l'Etat... Et convaincre des profs de faire de l'éducation financière, ou d'accepter dans leurs classes qu'on en fasse : ya du boulot, à mon avis !

mardi 28 octobre 2008

Services financiers en mileu rural et méthodes de la recherche en MF (les rencontres Boulder Bergame)

C'est plutôt le 2ème point que je trouve fascinant ; c'est pourquoi je me suis rural - méthodes de recherche en MFpermis de sauvegarder ce mail (ce qui ne se fait pas !)

(bizarre, la façon dont le lien eset crée ? ? )

Plein de gens que j'estime !

"Pauvres parmi les pauvres ? Des femmes", un papier impressionnant de Jeanine Mossuz-Lavau

C'est ici, et ça parle de la France. Ce n'est pas directement lié au sujet de ce blog, mais, rappel, les femmes sont les premières clientes de la MF au Sud.

dimanche 26 octobre 2008

P2P aux Etats Unis : turbulences en vue ; du coté de la SEC comme du coté des emprunteurs

Un long papier dans le Herald sur les ennuis des P2P lenders aux Etats Unis. Ils ont des problèmes de reconnaissance par la SEC en tant que Brokers ; mais il semble qu'ils aient aussi des problèems avec les emprunteurs --ou certains emprunteurs qui sont clairement à l'affut des naïfs.

J'attendais depuis un moment un papier de ce genre ; mais celui ci est juste fait de quelques coups de projecteurs journalistiques. Une bonne grosse étude statistique devient nécessaire.

Et ceci explique sans doute que les plate formes haussent leurs exigences sur les données des emprunteurs, comme je l'avais noté à propos de Lending club.

samedi 25 octobre 2008

Les désolantes méthodes d'info du ministère des finances sur l'impot et les créateurs

C'et assez consternant. Si vous allez dans la "Bibliothèque des entreprises" du ministère (c'est ici), vous vous dites : chic alors ! je vais trouver tout ce qui me concerne.

Vous tombez sur un lien qui a l'air passionnant : ça s'appelle "livret fiscal du créateur d'entreprise" --Super ! je vais enfin comprendre à quelle sauce je vais être mangé.

Bon, bin cliquez

Joli, non ? Ya marqué BIC, BNC, BA, IS... Et comment je sais, moi, si je suis BIC, BNC, ou autre chose ? Et que je sais même pas ce que veulent dire ces diminutifs ! ?

Bin faut explorer, mon gars !

Comme ergonomie, on peut faire mieux, à mon avis

mardi 21 octobre 2008

Yunus critique le plan de sauvetage américain au nom de l'efficacité des marchés

Un interview pur le FT ici.

Curieuse position (mais je n'ai peut être pas tout pigé à l'itw télé) qui consiste à critiquer le Bail out, le sauvetage des banques américaines par le gouvernement : parce que le marché sait résoudre tous les problèmes ! Et ceci, si j'ai compris, au nom d'une histoire ancienne : les gouvernements sont inefficaces ; ils l'ont prouvé avec leurs politiques d'aide au Sud !

Heu --quel est le rapport ! ?

Cette foi dans le marché est une caractéristique de Yunus. Mais ça devient un peu confus pour des esprits occidentaux un peu simples comme moi. Entre le concept d'entreprise sociale qui me parait flou, et la privatisation de tout, parce que le privé c'est efficaces et le public, ça ne l'est pas ... je dois dire que j'ai un peu le tournis !

lundi 20 octobre 2008

Microcrédit macrocrédit et naïveté

Une tribune dans Les Echos d'aujourd'hui de Jérôme Batout, un prof de la London School of economics. Il se livre à l'exercice qui consiste à comparer les macrocrédits sur lesquels Lehmann a chuté, et les microcrédits de Yunus.

Le passage montrant l'erreur d'analyse du prof :

Notre question : qu'y a-t-il dans le microcrédit qui vaut mieux que le macrocrédit ? Au départ, on a pourtant deux situations totalement analogues : un prêteur, un emprunteur et de l'incertitude. Le prêteur va-t-il rembourser ? Toute la question est là. A Wall Street, on s'est dit : puisqu'il n'est pas sûr qu'il rembourse, autant que quelqu'un d'autre que nous se pose la question : transférons le risque. A l'arrivée, plus personne ne se sent responsable du risque : ni l'emprunteur, qui ne sait pas vraiment, au final, à qui il doit, ni le créancier, possiblement situé à Stockholm, et qui n'a jamais mis les pieds à Cincinnati, où réside pourtant son débiteur.

Dans les campagnes du Bangladesh, à l'inverse, le banquier n'élude pas la question de l'incertitude. Plutôt que de la voiler en certitude, il s'efforce de réduire l'incertitude en annonçant aux emprunteurs qu'ils seront solidaires en cas de défaut. La valeur financière n'est pas la seule en jeu. Avant que d'être financier, le crédit est éthique : la relation de confiance, relation de crédit, précède la situation de crédit. Dans un cas, à Wall Street, on opte pour la diversification des risques en peinant à voir qu'elle mène à la déresponsabilisation de tous et, à terme, à la crise de confiance générale ; à Dacca, on opte pour la concentration des risques en calculant qu'elle favorise la responsabilisation de chacun.

Dans le vrai monde réel, la distinction angélique entre l'un et l'autre n'a plus cours. Les méthodologies du "macrocrédit" ont contaminé les microcrédits, et la "confiance" et le sens des responsabilités disparaissent progressivement.

Il ne reste, au mieux, qu'une différence : les micro prêteurs sont nez à nez avec leurs emprunteurs ; donc socialement, ils ne peuvent ignorer les impacts de leur activité. Idéalement, c'est un rapport de force social (et non financier) qui fera la différence.

Isabelle Guérin à la rencontre Babyloans

un bref CR de la rencontre organisée mercredi dernier par Babyloans, qui cite brièvement Isabelle Guérin.

Pas de chance : cette tentative ne démarre pas à la meilleure période ! les risques augmentent et les fonds diminuent... Ca fait beaucoup d'éléments négatifs !

mercredi 15 octobre 2008

Le Credit crunch commence pour les MFI - exemple Cambodge

C'était faux de croire que la crise financière serait sans effet sur la MF. Premières alertes dans un quotidien cambodgien.

Lending club : mieux vaut prêter aux riches ! ...

Lending club est l'un de ces nouveaux prêteurs "P2P" aux Etats Unis. Il ne s'agit pas de MF au sens strict, mais de toutes sortes de prêts conso. Mais on sait (c'est l'un des thèmes de ce blog) que les prets conso et les prets pro se rapprochent.

Les "new requirements" concernant les nouveaux emprunteurs sont assez impressionnants !

Bien sûr, on peut essayer de mentir ; mais pas longtemps, et c'est plus risqué aux US qu'ici !

samedi 11 octobre 2008

Les crédits à la consommation baissent aux Etats Unis pour la première fois depuis des décennies

C'est ici (Fed reserve) mais on ne connait pas les causes (la Fed se contente d'enregistrer les chiffres). Une part de cette baisse est sans aucun doute liée aux restrictions décidées par les prêteurs. Ce qui ne peut qu'accentuer le nombre de faillites personnelles aux Etats-Unis.

dimanche 14 septembre 2008

La responsabilité du prêteur dans l'octroi de crédit

C'était le titre d'un colloque organisé l'an dernier par ECRC et l'INC

CR à cette adresse

Il s'agit de la situation française et du contexte européen, mais de nombreux sujets sont communs à la MF

mercredi 10 septembre 2008

Qu'est ce que la "performance globale" d'une entreprise ? Retour sur un exercice de méthode : l'insertion éco comparée aux TPE traditionnelles

Je rends Benoît Granger - SIFA - analyse comparée EI - TPE 1996disponible ici un travail d'analyse fait dans le cadre de la SIFA avec l'appui (décisif) de mon ami Michel de Sahb en 1996.

En gros, il s'agissait de démontrer si les entreprises d'insertion faisaient une "concurrence" déloyale aux entreprises traditionnelles du fait des subventions qu'elles recevaient, ou non ?

Et au passage, de mesurer leurs performances benchmarkées sur les TPE en question.

La réponse, assez irrécusable me semble-t-il, est que :

- les EI sont plutôt mieux gérées que les TPE tradi - les sub ne compensent pas, loin de là, les surcoûts - et la performance globale s'apprécie dans le double résultat : social et éco

Pour moi, ce rapport reste un travail fondateur, et dans les méthodes, et dans les résultats obtenus. Mais il a été peu utilisé. A mon avis, parce que nous bousculions des convictions et des cultures (du social, du business) trop étrangères les unes aux autres.

Beaucoup d'autres arguments, mais ceux là me reviennent en mémoire en premier.

page 3 de 3 -