Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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mercredi 7 octobre 2009

Sortir de la pauvreté grâce au microcrédit ? traduction en français du papier de the Economist

Rien de nouveau, mais c'est en français. Si vous avez la flemme de lire en anglais, merci Courrier international qui a traduit le récent papier de the Economist (qui avait fait couler de l'encre... déjà cité ici)

Rien de nouveau non plus dans The Economist. On ne parvient pas à prouver que la MF améliore de façon significative la vie des gens (y compris leur façon de consommer) ; mais tous ceux qui suivent de près cette activité savent :

1 - que ce n'est pas nouveau... le manque de preuve ne signifiant pas que les faits n'existent pas !

2 - qu'il faut regarder le thermomètre autant que la fièvre : les outils de mesure de variation de la pauvreté sont déglingués.

Vivement du Duflo sur grande échelle !

samedi 27 juin 2009

Déjeuner avec "La Randomista" Esther Duflo, oui, celles des "Savoirs contre pauvreté"

Par un concours de circonstances, j'ai déjeuné avec Esther Duflo, celle qui à 36 ans a été nommée professeure au Collège de France. Sa chaire s'appelle (le nom était décidé par le Collège de France, pas par elle, précise-t-elle) : "Savoirs contre pauvreté". Ce qui décrit assez exactement l'axe de ses travaux, très pragmatiques.

Son surnom "La Randomista" est ironique et affectueux à la fois (du moins je le suppose). Elle dit qu'elle a fini par interdire à ses étudiants du MIT d'éditer des T shirts avec ce titre et son visage dans un cadre très Che Guevara ! l'ironie a des limites !

Ce "Randomize" en anglais résume une méthode d'évaluation poussée à bout par Duflo. Si vous voulez savoir ce qui est efficace et ce qui ne l'est pas, prenez les mêmes protocoles que les agences pharmaceutiques. 100 personnes testent un Machin actif, et 100 personnes testent un placebo ; rendez vous quelques temps après pour mesure s'il y a eu des effets, quels effets, et ainsi de suite.

Dans le champ de la microfinance, elle dit qu'elle teste aujourd'hui des résultats à Hyderabad (c'est le thème de son dernier papier dans Libération) et une autre expérience encore en cours au Maroc, avec Al Amana et Fouad Abdelmoumi, que j'admire depuis longtemps. Il y a des effets mesurables. Mais sur deux ans, la "vie des gens" change-t-elle ? Non, ni leurs valeurs, ni leur culture...

donc rendez vous dans une génération ? Peut être, mais ça n'empèche pas d'avancer en attendant !

mercredi 4 février 2009

La MF reduit-elle la pauvreté en Inde ?

Un papier très intéressant parce que fondé sur des échantillons longs. En gros, les conclusions sont que

- oui, la MF contribue à réduire la pauvreté

- mais plutôt dans les zones rurales, plutôt pour les moins pauvres parmi les pauvres, plûtot s'ils s'agit de prêts pour l'équipement professionnel

Ce que j'apprécie dans ce type de conclusions, c'est leur modestie. Non, la MF n'est pas la panacée. Et si les chercheurs avaient la possibilité de prolonger leurs données, ils trouveraient sans doute ou est le "plafond" : on peut augmenter la capacité à produire de communautés pauvres et leurs gains de productivité, donc leur capacité à préserver les plus values ; mais sans doute dans des limites très étroites. D'autres facteurs interviennent ensuite (équipements collectifs, infrastructures...) qui re-freinent leurs capacités à aller plus haut et plus loin.

La, il ne s'agit plus de MF, mais de politiques plus globales de ddéveloppement.

vendredi 24 octobre 2008

Si vous avez des dettes et si vous êtes en bonne santé, vous remboursez mieux que si vous êtes malade (ironie inside)

Les "recherches" des gens sérieus me laissent parfois pantois. Ce titre par exemple :

NEWS WIRE: Good Health Helps Microfinance Borrowers Repay Loans

et j'ajouterais volontiers : mieux vaut être riche, jeune et en bonne santé que pauvre, vieux et malade.

Bon, j'arrête pour ce soir.

(cela dit, je me rappelle une "étude" de Free from Hunger qui tendait à montrer les impacts positifs de la MF sur la santé des enfants... Un peu border line sur le "lien causal" ! ! ! ! )

MàJ : je crains que tout cela mérite mieux que de l'ironie. Voir le papier cité ici. Free from Hunger a sans aucun doute raison de proposer des servcices de santé à ses clients ; mais FFH adopte une position "de principe" dans d'autres textes (que je n'ai pas sous la main) sur le fait que des IMF "devraient rende d'autres services" "aux communautés qu'elles servent" : je trouve ça inquiétant. Ce n'est pas à une ONG de décider à la place des communautés "qu'elle sert" si ce sont des services de santé dont elles ont besoin, ou d'autres choses, et dans quel ordre de priorité.

Je me rappelle un débat sur la liste du BIM, il y a quelques mois, dans lequel je défendais l'idée que les IMF devraient se contenter de faire leur métier, et de le faire bien et loyalement. Et que ça leur prendrait suffisamment de temps et d'énergie pour n'avoir pas envie d'interférer avec les choix, les décisions collectives que doivent prendre (et que savent prendre) les communautés auxquelles elles s'adressent, dans les autres domaines.

A moins que cette idée de "meilleure santé = meilleurs clients" soit une façon sophistiquée de diminuer le risque du prêteur ? C'est aussi une hypothèse !