Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Compartamos

Fil des billets

lundi 30 août 2010

Sur Compartamos et les taux d'intérêt, une estimation Proparco

Je viens de retrouver par hasard un papier écrit en 2009 par Elodie Parent, une chargée d'affaire de Proparco (c'est une filiale de l'AFD) sur "entre taux d'intérêt et rentabilité, quel équilibre?" : bonne question ! Surtout après la mise en Bourse de SKS en Inde ...

juste une phrase en extrait :

"Ainsi, en 2006, si Compartamos s’était contenté d’un ROE de 15 %, au lieu de 56 %, elle aurait pu baisser de 29% les taux (qui seraient passés de 85 % à 56 %)".

je regrette qu'elle ne cite pas la source et la méthode de ces estimations : ce serait encore plus probant !

(Non que je sois obsédé par Compartamos, mais ça reste tellement suggestif sur l'avenir d'une partie de la MF !)

lundi 26 avril 2010

Compartamos : tout va bien. Sauf les performances sociales (pas d'info)

Voilà le dernier point d'actu de Compartamos, société cotée donc tenue de donner des évaluations tous les trimestres.

Tout augmente, les clients, les prêts et même les "non performing loans" (les prêts non ou mal remboursés). Mais on ne peut pas tondre un oeuf : ceux qui prêtent aux pauvres sont en train de s'apercevoir que les pauvres sont vraiment pauvres, et donc quand la crise est là, ils ont encore plus de mal que d'habitude !

Après la litanie des chiffres qui sont destinés aux actionnaires, un seul sur les "impacts sociaux" : les "risques" (comme on dit) augmentent. Ça, de la microfinance ? ça craint !

A mettre en regard : un interview de Yunus datant du 15 avril : faire une ligne de démarcation entre le microcrédit et les Loans Sharks : les requins, les usuriers...

mercredi 3 février 2010

Compartamos : 4, 3 Milliards de dollars de sub ou de quasi-subventions ? ?

Jean-Michel Servet m'envoie un extrait du dernier N° de la revue Banque. Un encadré sur Compartamos dit que ce fameux micro-préteur super-rentable aurait reçu plusieurs milliards de subventions au cours des premières années de son histoire. C'est un argument de plus sur la rentabilité. Si celle ci est obtenue après une longue période de non-rentabilité, on peut se demander à qui profite ces cadeaux lors de l'entrée triomphale en Bourse ! ?

J'en ai parlé et là., et aussi ici. Et voilà l'adresse de mon papier paru dans le RApport moral sur l'argent dans le monde.

Encore une pierre à l'édifice sur : la MF rentable, c'est bien. Quand c'est sur le dos des clients, c'est moins bien. Et au profit des actionnaires du Nord, c'est encore moins bien ! Et moins démonstratif sur : les marchés ont toujours raison !

lundi 6 avril 2009

Banco Compartamos "is one of the best things that could have happened to the poor in Mexico"

C'est dans le cours de la discussion entre Yunus et Michael Chu, à Genève. "Having had a hand in its creation, I think that Banco Compartamos is one of the best things that could have happened to the poor in Mexico."

Il a l'honnèteté de reconnaitre qu'il "avait les mains dedans", puisqu'il était à l'époque le président (ou quelque chose d'approchant ?) d'Accion, l'un des fondateurs de Compartamos - ONG, qui deviendrait ensuite l'und es actionnaires de Compartamos - Banque commerciale... Mais au total, je suis assez scandalisé qu'on puisse dire en Octobre 2008 que Cpompartamos était "une bonne chose" !

Sur Compartamos, voir ici,

ici la HArvard bus review

ici sur la rentabilité epoustouflante de Compar

et ici sur une présentation "grand public" du scandale

vendredi 14 novembre 2008

Compartamos et le consternant Richard Rosenberg

Encore un papier sur l'un des Blogs de la Banque mondiale sur le récent débat à Genève entre Yunus et Michael Chu, tenant pur et dur du "free market", comme son président sortant ; mais aussi ancien président de Accion, qui était impliqué très nettement dans le scandale Compartamos.

Si vous avez la patince de lire jusqu'au 8ème ou 9ème commentaire, Rosenberg répond à ses commentateurs. Le résultat est consternant. OUi, peut être que les Crédit unions facturent des interets inférieurs à ceux facturés par Compartamos. Mais les services ne sont peut être pas les mêmes (sont ils ou sont ils pas ? A ma connaissance, les Credit unions procurent des services à leurs clients -et associés- nettement supérieurs aux services procurés par les usuriers ! ! !)

Mais le pire est ici :

I agree with Jeff that it would be interesting to offer Compartamos clients the alternative of member-managed self-help savings and loan groups. My own unreliable guess is that clients would use both services. Jeff and Hugh Allen will correct me if I'm wrong, but my impression is that savings-financed loans within member-managed groups tend on average to be smaller, simpler, and sometimes shorter-term than MFI loans.

La question de savoir si la MF a absolument besoin de capitaux extérieurs pour se développer est une réelle question : Yunus répond non, si les investisseurs en question traitent la MF comme une "classe d'actifs" parmi d'autres : dont ils attendent la mêm rentabilité. Et, à mon avis, il a raison.

Rosenberg répond : on peut pas faire autrement ! on est préssés ! Et les self help groups et tous ces trucs compliqués, ça perd du temps !

Lamentable réduction du raisonnement à : la MF, c'est comme les autres marchés financiers. Faut que ça crache, et en vitesse. Peu importe les liens sociaux et la façon, nécessairement lente, de les construire.