Qu'est ce que la "performance globale" d'une entreprise ? Retour sur un exercice de méthode : l'insertion éco comparée aux TPE traditionnelles
Par Benoit Granger le mercredi 10 septembre 2008, 19:04 - 10 - Vrac - Lien permanent
Je rends Benoît Granger - SIFA - analyse comparée EI - TPE 1996disponible ici un travail d'analyse fait dans le cadre de la SIFA avec l'appui (décisif) de mon ami Michel de Sahb en 1996.
En gros, il s'agissait de démontrer si les entreprises d'insertion faisaient une "concurrence" déloyale aux entreprises traditionnelles du fait des subventions qu'elles recevaient, ou non ?
Et au passage, de mesurer leurs performances benchmarkées sur les TPE en question.
La réponse, assez irrécusable me semble-t-il, est que :
- les EI sont plutôt mieux gérées que les TPE tradi - les sub ne compensent pas, loin de là, les surcoûts - et la performance globale s'apprécie dans le double résultat : social et éco
Pour moi, ce rapport reste un travail fondateur, et dans les méthodes, et dans les résultats obtenus. Mais il a été peu utilisé. A mon avis, parce que nous bousculions des convictions et des cultures (du social, du business) trop étrangères les unes aux autres.
Beaucoup d'autres arguments, mais ceux là me reviennent en mémoire en premier.
Commentaires
Bonjour Benoît Granger
Désormais, toute création d'entreprise est tributaire de la finance. C'est la rançon du progrès et il n'est pas facile d'y échapper. Comme les moyens financiers sont exorbitants et continuellement disponibles, puisque une fois créé, l'argent ne peut plus disparaître, chacun est en droit de développer une stratégie pour les obtenir, les utiliser légalement et en vivre. Certains choisissent la macro finance et raisonnent bien au delà de centaines de milliards, vous avez choisi la micro finance, et réfléchir sur l'utilisation de dizaines de millions vous donne satisfaction. Cela vous permet de contribuer à la création de Très Petites Entreprises en accordant aux gérants des prêts modiques pour démarrer leurs activités.
Dans ce secteur d'activités, lorsque une TPE se développe, le gérant peut facilement rembourser son prêt, mais si elle stagne et ne parvient pas à obtenir de bons résultats, le gérant en difficulté est dans l'obligation de faire appel à des financiers spécialisés dans la solidarité. Ces spécialistes sont continuellement à la recherche de fonds publics ou privés, pour entretenir l'illusion d'un secteur économique qui n'a de solidaire que le nom. Tant que les rapports économiques entre le travail et la finance resteront fondés sur l'inégalité des droits sur les résultats, la solidarité ne pourra pas exister, puisque jusqu'à présent, la raison d'être de la finance est d'obtenir de l'argent avec de l'argent.
Vous le démontrez parfaitement avec la SIFA que vous avez démarrée avec un capital de 1 million 525 mille euros et qui s'élève aujourd'hui à 50 millions d'euros. Cette fabuleuse progression permet à la société d'investissement de disposer d'une somme d'argent croissante pour accorder du financement remboursable avec des taux d'intérêts inférieurs à ceux du marché, certes, mais qui la maintiennent dans le système. Le fondamental, c'est qu'elle continue de pratiquer la rémunération de l'argent, qui est une des pires calamités qui finira par détruire l'humanité.
Nous sommes dans la phase terminale de la crise du système capitalisme qui est à la fois, financière, économique et sociale. Pas moyen de la surmonter autrement qu'en créant des entreprises fondées sur l'égalité des droits économiques sur les résultats du travail collectif, qu'en abolissant la rémunération de l'argent, et en développant des arguments incontestables par une explication correcte sur le fonctionnement de l'économie. Comme vous le dites : Il y a du boulot.
André Virasolvy
merci pour cette intéressante contribution. Je ne partage pas du tout la fin de votre analyse sur le fait que "nous soyons dans la phase terminale du capitalisme", mais il est certain que faire vivre des "solidarités" aux marges des entreprises traditionnelles est un challenge passionnant !