Dans le contexte de la MF, il y a une augmentation énorme de l'endettement des personnes. Pour préserver leur pouvoir d'achat ?
Par Benoit Granger le mardi 11 novembre 2008, 14:01 - 10 - Vrac - Lien permanent
C'est un papier d'un économiste "de gauche" qui me fait penser à cette question du contexte de la MF dans les pays développés.
En gros, l'analyse de Maucourant consiste à dire que l'endettement des personnes (il parle des classes moyennes, mais on peut sans doute étendre son raisonnement au delà) augmente dans une période (années 20 analysées par Polanyi) ou la classe dominante comprime les salaires. Ceux dont les revenus sont avant tout des salaires sont "encouragés" à s'endetter pour préserver leur niveau de vie.
Il y a 2 chose intéressantes quant au contexte de la MF :
- d'abord récuser les analyses complotistes : les "dominants" ont des pouvoirs qu'il ne faut pas exagérer
- ensuite la question du niveau de vie des classes moyennes n'est pas la même que celle de "la survie" de micro-groupes exclus (les clients de la MF)
Mais je retiens 2 autres choses qui donnent du sens au succès de la MF :
- la technologie : le scoring, par exemple, nécessite une puissance de calcul et une vitesse de transmission de l'info qui facilite énormément la "transparence" des marchés --ou qui réduit les asymétries d'information, comme dirait tonton Stiglitz
- et plus largement, l'analyse qui mérite d'être élargie est celle du transfert systématique à l'époque contemporaine, d'une partie de la dette collective (dont celle de l'Etat) vers les individus.
Un seul exemple : faire du "rêve américain" le fait de devenir propriétaire de sa maison est un truc de petit-bourge, bien sûr (ou elle est l'aventure du Am Dream ! ! !) ; mais surtout évite à l'Etat de faire de gros efforts pour le logement collectif, avec une programmation rationnelle de la dette collective qui en résulte..
Donc c'est aussi :
- transférer la dette, en fonction de leurs motivations propres, vers les familles
- et quand on laisse prêter des crétins irresponsables et greedy aux pauvre, on fabrique une crise Subprime !
MàJ : une jolie citation d'un blog que j'aime bien :
Autrement dit, pour que les Américains riches restent riches, il faut que les pauvres aient de l’argent pour consommer. Sauf qu’au lieu de leur donner en les payant plus, on leur prête. Conséquence non dite et que devraient méditer ceux qui se réjouissent des déboires du consommateur américain, ce seront les Américains pauvres et uniquement eux qui devront apprendre à se serrer la ceinture. On imagine les conséquences politiques que cela pourrait avoir aux Etats-Unis.
bin voilà, c'est un peu ça !