En voilà un qui mérite d'être lu, y compris entre les lignes. Désormais, d'anciens "employeurs" n'hésitent plus à proposer à des candidats le statut d'autoentrepreneur pour les faire travailler, au lieu de les embaucher sous la forme d'un contrat de travail (c'est trop cher, c'est trop compliqué, c'est trop de risques en cas de conflit...)

La limite, ce sont des histoires que me racontent mes étudiants. L'un d'eux termine son apprentissage. Plus d'embauche, lui dit-on, c'est la crise. Mais comme tu travailles bien, on aimerait continuer avec toi. La solution ? Installe toi comme autoentrepreneur !

Là, on est au delà de l'acceptable. En bonne théorie économique, on transfère tous les risques de l'entrepreneur sur les (ex-) salariés, sans qu'ils bénéficient des autres caractéristiques de l'entrepreneur : maitriser son marché.

Dépendance à l'égard d'un seul donneur d'ordre ; disparition de la base même des protections sociales qui caractérisent les relations sociales dans le pays depuis des décennies... On va, à mon avis, trop vite trop fort.

Et pour des jeunes, c'est une "entrée dans le monde du travail" particulièrement brutale ! On les a déjà endettés jusqu'à leurs petits enfants inclus ; en plus, on leur refuse les protections sociales de leurs parents ! ... Dur pour eux !