C'st inquiétant de voir combien les débats sur les performances de la MF restent biasiés et incomplets. Aujourd'hui, c'est l'Economist qui répond (en ricanant) au WSJ, qui avait publié la semaine dernière un article. ce dernier avait suscité de nombreuses réponses sur un ton de vertueuse indignation, sur les blogs spécialisés.

L'Economist, on connait les tendances "tout va bien avec les lois du Free Market" de cet honorable hebdo, s'en prend aux mauvaises nouvelles données par le WSJ en se contentant d'interviewer la patron de Compartamos (mes lecteurs connaissent...) et de SKS, la plus grosse IMF indienne qui compte bientôt s'introduire en Bourse. En gros, le raisonnement sur le risques de surendettement des pauvres tient en une phrase :

Microfinance institutions in India have repayment rates of over 95%, suggesting that only a few borrowers are struggling with the debt they have taken on

C'est vrai : tant qu'ils remboursent, c'est qu'ils ne sont pas morts ; donc tout va bien. Mais savoir si les clients ont été enrichis grâce aux prêts, qui leur auraient permis de créer un début de patrimoine professionnels, la question n'est même pas abordée. Au contraire, la seul regret qu'exprime l'Economist, c'est qu'il n'existe pas assez de Credit bureaus : c'est à dire de base de données sur les clients, qui permettent aux préteurs de faire des prêts en se contentant de consulter des profils statistiques.

C'st un argument idiot. Plein de pays n'ont pas encore de Credit bureaus, a fortiori privés, et n'ont pas de volumes de prêts très inférieurs aux pays qui subissent cette modernité américaine. Et autant ces fichiers sont utiles pour les prêts conso, autant la MF n'est pas faite pour ça : lle est faite pour permettrre aux pauvres de créer des richesses, non de se laisser piéger dans l'endettement consommation inadaptée. Pas étonnant : l'autre argument de l'Economist, c'est un couplet en faveur de la BOP, la fameuse BOP de ce cher CK Prahalad.

(Je commence à ressembler à Don Quichotte, moi !)