le microcrédit en Europe est-il fait pour les pauvres ?
Par Benoit Granger le mercredi 7 octobre 2009, 16:43 - 1 2 - Microfinance en Europe Ouest - Lien permanent
Bonne question, à laquelle tente de répondre l'étude publiée sur le site de Financité, l'oganisation belge.
Il me semble que les hypothèses de la Commission sont à prendre avec des pincettes. Je dois dire que je n'aime pas quand on m'expliqeu dans un bref tableau : il ya 100 pauvres dans ce pays ; 45% d'entre eux sont vapables de créer leur propre job ; donc c'est la taille du marché potentiel de la microfinance... .Les pauvres "condamnés" à créer leur propre job ? Ca fait froid dans le dos !
Mais sur l'aspect pauvreté, voilà un extrait intéressant :
L'exemple de l'ADIE en France
La France offre, semble-t-il, un bon exemple de "microcrédit qui vise les pauvres". L'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) propose un produit appelé microcrédit qui a les caractéristiques suivantes : montant maximum de 5.500 € pour une durée de maximum 2 années. Si l’on examine le tableau 4, on voit qu'en France un prêt de 4.700 € peut être remboursé en deux ans par une personne en risque de pauvreté. Cela signifie que le produit microcrédit de l'ADIE est accessible aux personnes pauvres. Il en résulte une bonne performance générale de la France ; l'ADIE y étant impliquée dans la plupart des prêts.
L'exemple de la Belgique
En Belgique, en revanche, le montant moyen des prêts en 2007 a été de 15.382 €10, avec une durée moyenne de 3-4 ans11. Cette valeur semble trop élevée comparativement à la capacité de remboursement d'une personne en risque de pauvreté qui, en vivant avec moins de 10.538 € par an, ne peut absorber plus de 7.904 (ou 10.035) € en 3 (ou 4) années. La Belgique ne semble donc pas atteindre, en moyenne, les personnes en risque de pauvreté.
En somme, ce n'est pas la demande qui crée l'offre, mais l'offre qui accepte (ou non) de prendre en compte la demande ? On sent qu'on est encore dans la vieille "charité" sophistiquée sous forme de prêts ! ? Ou alors dans la vieille banque, qui n'a pas su s'adapter à de nouveaux marchés ? !
Voici la conclusion :
à l'exception de quelques pays et de rares pratiques particulières, le microcrédit en Europe n’est pas utilisé pour combattre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les personnes en risque de pauvreté ne sont pas visées ni atteintes, en moyenne, dans la plupart des pays européens. Elles restent exclues du système financier, tant "classique" que plus "novateur", comme la microfinance.
Donc la MF comme moyen de soutenir l'activité ? mais aussi de contribuer à désagréger les vieilles solidarités collectives du monde salarial ?