Le rapport de l'Inspection des finances sur le microcrédit : ça m'énerve !
Par Benoit Granger le mardi 23 mars 2010, 18:44 - 1 3 1 - France - la demande - Lien permanent
le rapport de l'IGF de décembre 2009 sur le microcrédit, à télécharger ici (attention, c'est du lourd!). Franchement, je suis déçu ! L'IGF, qui est censée conseiller son ministre, propose une définition du microcrédit qui me parait être un choix idéologique simplet.
Page 4 : Il s'agit "d'un crédit à tire onéreux (ce qui exclut les prêts d'honneur,..." etc.
J'analyse cette position comme une position idéologique : il faut facturer des intérêts pour reconstituer le capital du prêteur, sinon on est dans un Machin désintéressé qui ne s'appelle pas crédit. Pourtant une tradition énorme du crédit gratuit, du crédit social, mutuel, coopératif prouve, s'il en était besoin, qu'il y a plusieurs façons de traiter la question. Et que celle ci est partisane.
J'ai traité du débat académique à propos des Welfarists et du Sud dans un gros papier indigeste et, pire encore, en Anglais. J'y reviendrai.
Commentaires
Ca ne mérite pas de s'énerver! C'est important d'avoir une définition claire. Celle que propose l'Inspection des Finances ne fait que reprendre la définition du microcrédit utilisée partout ailleurs dans le monde! Le crédit gratuit porte déjà un très beau nom: le prêt d'honneur. Pourquoi vouloir le débaptiser?
Attention! Ce n'est pas parce qu'il y a un taux d'intérêt que ce n'est pas "désintéressé": dans le projet, malheureusement avorté, de Proudhon de Banque du Peuple, il était bien prévu de couvrir les couts de gestion et du risque (sans faire de marge supplémentaire). D'ailleurs, le Crédit "Mutuel" et le Crédit "Coopératif" pratiquent aussi des taux d'intérêt il me semble!