Joli débat, un peu en trompe l'oeil, entre deux autorités de l'ESS : Draperi qui enseigne au Cnam et Sibille le banquier (il est VP du Crédit coop). Qui commence son papier par "mon ami Draperi"... heu, je me demande si le destinataire le vivra comme un "qui aime bien châtie bien", car il prend quand même une volée!

On n'est pas loin de la microfinance, car elle devrait relever de cette logique, au lieu de se subdiviser trop souvent en France entre un outil des pouvoirs publics, et un projet "de marché".

Le papier de Draperi est ici. Il est intéressant car il évite cette vieille caricature de l'ESS du type "le statut garantit la vertu". Mais il cogne dur sur une "nouvelle" conception de l'entreprise sociale qui, par américanisme, s'étendrait vers les bonnes oeuvres de philanthropes fortunés (très Bill Gates, comme conception !). Alors que, dit il, l'économie sociale, c'est avant tout l'émancipation de tous. Mais avec un échec patent pour ce qui concerne les volumes concernés, et même la pureté des conceptions.

Le papier de Sibille est ici ; et il est également intéressant, car très pragmatique, ce qu'il revendique. Cela dit, l'argument de type " ceux qui ne veulent pas bouger, c'est qu'ils ont peur de l'air du large" : ça craint un peu ! C'est toujours ce que l'on adresse aux personnes qui ont des principes, non ?

Je suis mal à l'aise car personnellement un peu au milieu ! C'est vrai que l'ESS sans les structures qui garantissent la participation de tous (n'abusons pas du terme de démocratie !), c'est une ESS un peu vidée de sa fonction "outil de peuple".

Mes réserves sur Draperi sont, en fait, très pragmatiques. Ce que je reprocherais le plus à l'ESS en tant que mouvement entrepreneurial, c'est son incapacité à générer "du leadership" (un américanisme de plus !) Et le MOUVES qui vient de se créer avec de belles et grandes personnalités --mon infatigable ex-président Claude Alphandéry en est !- - est plutôt un signe positif.