Un papier clair concret et concis de Yunus (paru ds le Intl Herald tribune ? je ne suis pas sûr de la source). Pour moi, c'est la 1ère fois qu'il affirme aussi nettement les 2 points qui fondent ce que devrait être le microcrédit aujourd'hui :

- Laisser des investisseurs extérieurs faire la loi dans ce domaine, c'est provoquer la pression sur les taux d'intérêt et donc les pauvres. Le MC, dit il, n'a pas besoin de ces capitaux : l'épargne au sein d'un pays peut financer les prêts. Je ne suis pas certain que ce soit vrai tout le temps, dans tous les pays, mais c'est une stratégie peu utilisée.

- Le prix du prêt devrait être limité à cout de la ressource + 15 % au maximum (cad si on emprunte à 10%, plafonner les prêts à 25%

C'est une position un peu trop simple, car ça définit à la fois le plafond qui évite l'usure ; et ce que contiennent les couts de production du préteur. L'usure : en fait, les situations locales sont très différentes, et dans certains cas 25% est trop cher ; dans d'autres, c'est tout juste... Les couts : Avec 15% de spread, il faut financer les pertes sur prêt et la production elle même ; or 15% ne permet pas de faire beaucoup de palabres ni ce conseil, de formations aux emprunteurs, etc. Alors que l'on sait très bien que l'un des abus des pires en inde est d'avoir laissé les IMF prêter n'importe quoi à n'importe qui, sans vérifier si le crédit finançait des activités productives ! Ce qui prend du temps, et coûte cher !

La règle de Yunus plafonne également les dividendes versés aux apporteurs de capitaux de l'IMF : s'il s'agit d'épargnants qui sont également emprunteurs de l'IMF, ce que suggère Yunus, on peut supposer qu'ils seront peu exigeants, étant inclus dans la stratégie de l'IMF. S'il s'agit d'actionnaires extérieurs financiers, ils vont trouver ce régime peu attractif --hé bien tant pis, dit Yunus !

Pas mal. C'est un peu raide comme raisonnement, mais on attendait le grand chef depuis un moment sur ces thèmes.

il dit aussi qu'on aurait du depuis longtemps "interdire" d'appeler microcrédit, des trucs qui relèvent de l'usure. C'est ce que j'écrivais à propos du Cgap : au boulot, grand chef ! Traite les d'escrocs et fais les plier !