C'est Benoit Willot qui s'y colle. Portrait de Catherine Barbaroux, nouvelle présidente qui succède à l'immense Maria Nowak à l'Adie. Portrait fait à partir du communiqué de l'Adie et de l'interview de CB dans La Croix.

Portrait intéressant car CB est à la fois "un grand serviteur de l'Etat", comme on dit dans les nécros, et une femme qui a une vraie expérience du "privé" (mais dans de grosses boites). Je l'ai rencontrée quand elle était Déléguée à l'Emploi (ou elle est restée sous des ministres de droite et de gauche), puis quand elle a fini sa carrière à la région Ile de France. Assez tranchante, mais avec bonhommie. Tout à faire représentative de ce "modèle français", avec forte implication des pouvoirs publics et contribution au dynamisme des grandes boites...

Comment vit-elle ce que j'appelle la posture idéologique de l'Adie dans un débat assez vif, l'an dernier ? On verra. Mais "doubler la production" : avec quels objectifs ? Acquérir la fameuse autonomie financière, le graal avoué de Maria ? En continuant de mettre la pression sur la productivité, et en montant les taux d'intérêt des prêts ? Ou bien mettre en place de façon voulue, systématique, ces partenariats publics-privés que j'ai prôné (avec d'autres) ?

Elle commence par dire que "beaucoup de clients potentiels ne connaissent pas l'Adie" : donc communiquer. Mais les attirer en direct vers l'Adie, le prêteur ? ou bien passer par les réseaux d'accueil, qui filtrent et conseillent ? La encore, ce sera un enjeu.

En tous cas, bienvenue à elle. L'Adie est une réalisation fantastique, qui doit presque tout à Maria, et beaucoup aux équipes, d'une efficacité et d'une fidélité fantastiques. Pour la prochaine période, il me semble que les enjeux sont désormais dans "la coopération" avec les banques, qui ressemblera de plus en plus à une partie de bras de fer. Et la technologie, avec le mobile et le scoring. Avec un risque de perte de ce qui constitue le coeur de métier : la confiance, les yeux dans les yeux, entre le prêteur et l'emprunteur.