D’abord bravo à Paul Loridant, l’infatigable. Il a organisé une journée remarquable, et la diversité des intervenants et des discours montre que, désormais, la microfinance des bisounours disparait du discours public. Deux personnes seulement nous faisaient encore le récit merveilleux de ces « clients » émerveillés qui redécouvrent l’humanité grâce au microcrédit : le représentant de la Bill et Melinda Gates Fundation, un peu inévitable, et l’homme venu de Mongolie. « L’un des nos clients qui n’avait plus de famille nous disait après son prêt : ça y est, j’ai des frères et des sœurs ».

Emouvant, bien sûr. Mais c’est attribuer au microcrédit plus, beaucoup plus que ce qu’il peut donner. Surtout quand il devient une industrie. « M F industry »… yes, man. Parlons entre gens sérieux. A part of finance industry, of course.

(Au passage, j’ai entendu Yunus, toujours aussi beau et calme, parler du CGAP en développant : « the Consultaltive Group to assist The Poorest », alors qu’il ya un moment déjà que le sigle a été transformé en « To assiste the poor », ce qui est un signe parmi d’autres)

Voici un CR partiel, partial, incomplet (je ne pouvais pas rester toute la journée) du Colloque international tenu au Sénat dans le cadre de la présidence française du G20. CR grognon par moment, car ce colloque, un de plus, donnait parfois tellement l’impression de répétition. On sait sur le plan macro que la MF, quand elle est bien gérée, devrait représenter un réel outil de développement. Or aujourd’hui encore, les fonds investis représentent quelques 3 à 5% de l’aide publique au développement (dixit Attali).

C’est l’un des problèmes majeurs. Ne pas mixer aide publique et investissements privés, c’est laisser toute la place à ces investisseurs privés. Qui s’avèrent myopes et monomaniaques : à part rechercher le profit, de préférence le maximum et à court terme, que savent-ils faire ?

(oui, je sais, c’est un jugement injuste et exagéré : quelques rares organisations tentent de mettre en avant la performance sociale comme objectif de leur investissement, à rang égal avec la profitabilité. Mais ils représentent quelle part des interventions des marchés financiers dans la MF ? peu de chose. Même si leur influence, semble-t-il, progresse).

Autre observation sur la qualité des interventions : seul le sous-gouverneur de la Banque du Brésil a sérieusement fait le lien entre objectifs de politique publique macro économique, et développement de la MF : y compris les prêts à la consommation, les services financiers, l’accès au compte, etc. C’était magistral.