J'ai écouté attentivement, et j’ai eu l’impression que le discours de Maria Nowak évolue. Elle dit, belle image empruntée à l’admirable Geremek dans son Histoire de la pauvreté au moyen âge, que le traitement des pauvres sort enfin de l’alternative « la potence ou la pitié ».

Elle dit : le crédit est une outil ancien à double face; qui crée de la richesse et des dettes. Elle insiste, et c’est là que ça m’intéresse : il est « à la frontière d’un bien public et d’un bien privé, créant des externalités positives au-delà des clients ».

Tiens : un « bien public » ? dans la bouche de Maria, c’est, à ma connaissance, et je la lis et l’écoute depuis 25 ans, une nouveauté. Les « externalités positives », c’est le vocabulaire des libéraux, une concession faite à leur corps défendant. Tant de phénomènes ne marchaient pas dans leur pensée mécaniste (seule mon intérêt individuel, etc.).

Mais l’idée que l’on trouve des ingrédients des « Biens publics » dans le microcrédit signifie, tel que je le comprends, qu’on admet qu’il ne s’agit pas uniquement d’une « activité de marché ».

Enorme concession de Maria. Car l’autre définition des biens publics, c’est qu’ils ne se gèrent pas comme des biens privés. Etc, j’y reviendrai…