C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.