Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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Tag - épargne solidaire

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mercredi 19 novembre 2008

"Les ambitions pragmatiques de la finance solidaire", un papier de synthèse dans une jeune revue

Voici un lien vers un papier que j'ai publié dans la jeune revue (c'est le N°2) "Les Cahiers de Friedland", disponible à la Documentation française.

C'est une synthèse assez factuelle sur les deux aspects de la question ; d'où vient l'argent ? (donc épargne solidaire, etc.) et ou va l'argent ? (ce que finance la finance solidaire).

Mon idée est de montrer qu'il subsiste un flou très net sur le contenu et donc les frontières de ce que l'on nomme "Finance solidaire". Le terme n'a pas le même sens en Français eet en Anglo-saxon. Mais les traits communs, les ambitions communes sont suffisamment proches pour que l'on puisse les décrire comme critères d'appartenance.

En gros, 2 points qui me paraissent intéressants pour nos réflexions en France :

- Nous sommes ici très orientés vers "Finance solidaire = financer les très pauvres", alors que les traditions anglo saxonnes s'étendent vers des réalisations beaucoup plus communautaires, et ne servent pas que les plus pauvres (voir les grosses Credit Unions aux Etats Unis : c'est un truc au total assez "petit bourgeois" !)

- l'une des caractéristiques des épargnes solidaires est d'être, au mieux, du "capital patient", pour reprendre une expression utilisée par Joël Le Bossé, parti au Québec pour mettre en pratique ses convictions. Financer des projets solidaires, c'est financer des projets complexes, avec plus d'objectifs, plus riches et plus complexes, que le pur "Retour sur investissement". Donc c'est lent, et souvent moins rentable.

(mais ça ne fait pas d'énormes b^tises du genre Subprimes !)

jeudi 6 novembre 2008

enchères inversées pour les produits d'épargne (personnellement, je déteste cette idée, mais bravo pour la techno)

C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.