Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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Tag - CGAP

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dimanche 22 février 2009

CGAP et JP Morgan : Des institutions de microfinance beaucoup plus rentables que des banques traditionnelles comparables

On se rappelle l’énorme scandale causé par la mise en Bourse à Mexico et New York de Compartamos, une ancienne IMF mexicaine devenue banque. Le surprofit retiré par les actionnaires (y compris les dirigeants de l’institution), le fait que le CGAP ait tenté de justifier l’opération, tout ceci a provoqué un débat violent entre, pour aller vite, Welfaristes et Institutionnalistes de la MF. Voir la remarquable synthèse publiée fin 2007 par Sébastien Dugas-Iregui : « Le débat entre institutionnalistes et welfaristes en microfinance », UQAM, novembre 2007

Deux notes de JP Morgan, puis JP Morgan et CGAP

L’histoire ne s’arrête pas la. D’abord, Compartamos a continué son développement sur le même modèle (même si sa carrière en Bourse n’a pas été brillante –comme toutes les valeurs financières ces derniers temps !). Ensuite la crise économique exige de revoir en profondeur la question de sources de capitaux nécessaires aux IMF pour développer leurs prêts.

Mais le plus inquiétant dans ce scandale, c’est que les conceptions de institutionnalistes ne paraissent pas bouger beaucoup : or elles sont à l’origine des « abus », je ne trouve pas d’autre terme dans l’immédiat, du secteur.

Ce sont deux notes de JP Morgan en 2008 et de JP Morgan et le CGAP publiée en février 2009 qui en donnent une preuve très inquiétante.

Il y avait eu d’abord la note de richard Rosenberg sur l’opération Compartamos elle-même, toujours disponible en anglais sur le site du CGAP, approuvant plus ou moins l’opération (sur le style « il n’y a pas d’autre solution »)

Puis le commentaire d’Accion (ancien subventionneur de Compatamos-ONG, puis actionnaire de Compartamos-Banque) ; et une discussion en ligne, après les accusations dont Accion fait l’objet.

Le scandale n’a pas empêché Compartamos continuer de se développer, avec dans les comptes 2007 plus de 830 000 clientes actives (+36% en un an) : 98% des clients sont des femmes), en vendant des assurances – vie, en étant nommée « Sustainable Bankers of the Year » par l’IFC et le Financial Times et une « mention honorable » pour la transparence financière par le CGAP. Et l’agence de rating Standard & Poor améliore sa note (de A+ à AA-)

Compartamos, c'est très très rentable

En 2007, Compartamos affiche un ROE (return on equity : retour sur fonds propres) de 47,9% « contre 20 à 25% pour les banques latino américaines », constate JP Morgan en Avril 2008 . C'est-à-dire que cette « banque pour les pauvres » est beaucoup plus rentable pour ses actionnaires qu’une banque « ordinaire ». En février 2009 une nouvelle étude commune JP Morgan et CGAP montre que Compartamos reste loin au dessus des autres en termes de performances financières (revenu net rapporté au bilan : 68,5%). C’est vrai comparé à d’autres IMF (24,4%) mais surtout à l’échantillon des banques dites « des marchés émergents » analysées par JP Morgan (6,1%)

D’où le conseil explicite de JP Morgan à Compartamos : « s’il y a peu de concurrence, pourquoi baisser les taux d’intérêt ? ». On comprend d’où vient la rentabilité du prêteur Compartamos !

Dans ses prévisions pour les investisseurs, JPM prévoyait que les montants moyens des prêts augmenteraient ; donc que la productivité interne aussi, donc le rendement global, tant qu’on n’avait aucune raison de baisser les taux des prêts... dans cette analyse, l’optimisme de JPM était également assis sur le fait qu’il y avait peu de corrélations entre les prix des actions des IMF et les valorisations en Bourse. En d’autres termes, si la Bourse baisse, les actions de Compartamos et d’autres IMF deviendraient des « valeurs refuges » !

Ceci a été démenti par les faits. La crise financière est passée par là. L’action Compartamos s’échangeait 40 pesos en avril 2007, à son introduction en Bourse, puis 69 en juillet 2007 sous l’effet d’un engouement soudain des marchés ; puis vint une lente dégringolade avec un cours au plus bas à 17 en novembre 2008 , puis 28 en février 2009 . On peut faire confiance à d’habiles souscripteurs initiaux sur le NYSE (la société avait été introduite à la cote à New York et à Mexico) pour avoir « pris leur profit » en trois mois !

Mais au passage, les militants en colère qui accusaient le CGAP « de justifier une opération qui enrichit les riches actionnaires du Nord en appauvrissant les clients pauvres du Sud » trouvaient, hélas, quelques débuts de preuves.

JP Morgan et le CGAP : c’est « normal » que les taux d’intérêt soient élevés

En 2008, la banque d’affaire JP Morgan élargit ses objets de « recherche » au-delà de Compartamos et publie en commun avec le CGAP , en février 2009 un papier clairement destiné aux investisseurs privés qui hésitent à engager des capitaux dans la MF, ou qui cherchent les meilleures cibles correspondant à leurs critères. Le sujet principal du papier est une question de méthode : comment établir une valeur de marché pours les IMF, notamment en les comparant aux valorisations des banques ?

L’étude travaille sur un échantillon de 60 IMF et 10 « institutions financières pour les clients à bas revenus ». L’échantillon inclut des institutions pratiquant les prêts à la consommation, qui « n’ont pas nécessairement des objectifs sociaux explicites, et dont les portefeuilles de prêts sont moins concentrés sur les prêts aux microentreprises », écrivent les auteurs. C’est une litote : il est évident que les institutions financières privées qui pratiquent le prêt à la consommation ne se préoccupent pas du tout des activités professionnelles de leurs clients. Elles prêtent exclusivement en utilisant des scorings personnels, souvent très sophistiqués.

L’étude montre d’ailleurs que chez les prêteurs sous forme de cartes de crédit (donc de revolving), le coût annuel des cartes de crédit en Amérique latine varie de 43% (Inbursa) à 152% (GE Money) en passant par HSBC qui facture plus de 63%.Pour le moins, on n’est plus là dans le microprêt à des pauvres qui veulent créer leur propre emploi !

Dans ce papier, JP Morgan et le CGAP constatent que les marges nettes sur intérêt des IMF sont très supérieures à ceux des banques traditionnelles, car « elles (les IMF) facturent des taux d’intérêt élevés à leurs clients ». De fait, les marges nettes sont de 22% alors qu’ils sont de 6% pour les banques commerciales dans les marchés émergents. Et la moyenne des taux d’intérêt des prêts serait de 24,8% (en 2006). Ceci est peu cohérent avec le chiffre précédent, pour une raison simple : ce chiffre ne concerne que les « meilleures » IMF (le « top 45 ») dont les informations sont collectées par le MIX Market. Les chiffres réels sont beaucoup plus élevés.

Le raisonnement économique des purs financiers adeptes de l’idéologie du « free market »

C’est ce point sur lequel je voudrais insister, car c’est un indice tellement clair de la contamination d’une partie de la MF par des « croyances », le nom moderne des « idéologies », qui permettent de justifier la recherche du profit maximum, sans même avoir besoin de recourir au cynisme.

Pour les auteurs, JPM et CGAP, cette rentabilité est logique.

Trois raisons « justifient ce niveau de taux d’intérêt dans la microfinance :

« 1 – l’explication financière : des coûts d’opération plus élevés justifient des taux d’intérêt plus élevés » « 2 – l’explication microéconomique : les microentreprises sont profitables « 3 – l’explication macroéconomique : la concurrence est limitée »

Voila en résumé l’explication totalement « free markets » qui permet de présenter la MF comme « une classe d’actifs parmi d’autres », particulièrement rentable ; et ceci, en décembre 2008, en pleine remise en cause de l’efficacité des marchés financiers. En réalité, chaque terme de cette explication mérite d’être disséqué :

- les « couts d’opération » des IMF recouvrent des pratiques qui les rendent radicalement différentes des banques traditionnelles. Comme les IMF s’adressent à des personnes exclues des services financiers, le rôle de l’IMF inclut souvent une contribution, sous forme de conseils, aux projets de clients pauvres et ignorants. Ce qui, si aucun budget public n’est disponible, prend du temps ; donc pèse sur les coûts d’exploitation du prêteur. Mais ce qui est présenté par JP Morgan et le CGAP comme un « surcout » constitue l’essence du métier. Or l’analyse faite ici consiste à estimer logique que les clients pauvres supportent seuls ces surcouts. Aucune alternative n’est envisagée sur ce point : la logique purement financière veut que les clients pauvres payent cher, car ils coutent cher. - - Les microentreprises sont profitables. L’étude renvoie à une étude précédente du CGAP qui montrerait un « retour sur investissement des microentreprises de 117 à 847% » . C'est dans Helms & Reille, Le plafonnement des Taux d'intérêt en microfinance : Qu’en est-il à présent, CGAP, Septembre 2004, qui est ici) - - Sans même regarder comment était sélectionné l’échantillon mesuré, il est particulièrement malhonnète d’en étendre les conclusions à l’ensemble des clients de la MF. - - En effet, on sait que la MF s’adresse à des microentrepreneurs qui sont souvent à la limite de la survie ; sans patrimoines ni aucun moyen de négocier ; donc sans capacités réelles de développer des exploitations rentables. Les microentreprises qui émergent de l’économie grise peuvent être instantanément très rentables pour cette raison ; mais cet avantage concurrentiel va disparaitre rapidement. C’est également un point qui est bien documenté. - - La concurrence est limitée : donc, concluent les auteurs, il est logique que les taux d’intérêt ne baissent pas, tant qu’il n’y a pas de concurrent sur les mêmes publics cibles. Le raisonnement consiste à tenir pour acquis qu’une position de prêteur monopoleur doit profiter au prêteur, non à ses clients. La rente est pourtant contraire aux préceptes mêmes du libéralisme et des croyances au « free market ».

Ainsi se construit un discours qui est strictement le même, avec la même rationalité, que celui des marchés financiers de l’époque précédent la crise de 2008. Seuls comptent les possibilités de maximiser le profit. Le « double objectif, social et financier » des IMF est cité dans l’étude ; mais uniquement pour mémoire : juste pour aider les investisseurs à repérer ceux qui font plus de profit que les banques traditionnelles.

mercredi 24 décembre 2008

Qui "se baignait à poil" volontairement dans la microfinance ? (+MàJ)

C’est l’une des devises du fameux Warren Buffett : « c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignaient à poil ». Moitié vulgaire, moitié égrillard, le vieux milliardaire se moquait ainsi des fameux Hedge funds, aux effets de levier dévastateurs. Tant que la valorisation monte, on continue à prendre des risques et on gagne. Mais si les valorisations descendent, comme pour la crise du Subprime, on doit payer des appels de marge de plus en plus élevés ; puis on doit retrouver (pour les banques) des ratios de fonds propres. On vend à perte, on démolit des positions à la Kerviel...De la part de Buffett, prenons ça pour une bonne leçon : ils ont pris de risques insensés : tant pis pour eux

Mais appliqué à ceux qu’on « met à poil » dans la microfinance, c’est nettement moins drôle et moins « loyauté des marchés » !

Le CGAP avait ouvert en novembre un forum sur la MF et la crise financière, et quelques passages des discussions viennent d’être traduits en français et mis en ligne. Certains échos sont anodins (pas de lien, pas d’impact –pour l’instant, ont répondu certains). Quelques jours avant Yunus avait affirmé que tout allait bien :

«Il y a une bonne nouvelle au milieu des mauvaises nouvelles: la microfinance continue de fonctionner, elle n'a pas été touchée par le processus de désintégration» des marchés financiers, a affirmé Muhammad Yunus devant la presse, à l'occasion d'un symposium de deux jours sur la microfinance organisé à Genève au siège du Bureau international du travail (BIT).

Ses interlocuteurs au forum de Genève disaient à peu près la même chose : la MF « va montrer sa capacité de résilience » (dixit le président du Forum de la microfinance mondiale de Genève). Et pour Ivan Pictet, président de la Fondation Genève place financière : « on ne voit pas de diminution de l'engagement des banques dans la microfinance, au contraire».

Hé bien c’est faux. La MF qui compte sur ses propres ressources s’en sortira peut être, pas sûr. Mais la MF qui comptait sur les promesses des grandes banques est déjà étranglée.

L’un des participants du forum CGAP, Roshaneh Zafar, Président de la Kashf Foundation au Pakistan, décrit le mécanisme :

(je n'arrive pas à insérer le lien : le voici : http://www.lamicrofinance.org/content/article/detail/23124 )

« Le premier impact a été la pénurie de liquidités sur les marchés financiers - réduisant notre capacité à mobiliser des fonds supplémentaires cette année. En mars 2008, nous avons révisé nos plans de croissance de 500 000 à 350 000. Au cours des neufs derniers mois, la croissance de la Fondation a été de 6%.

"Le deuxième impact est une forte augmentation du coût des activités. En raison des contraintes de liquidité, le coût des ressources a augmenté de plus de 450 points. Dans le même temps, la crise de l'énergie a fait grimper le coût du transport et de l'électricité, et suscité l'espoir que les salaires suivent l'inflation. Une récente enquête auprès du personnel a montré que plus de 50% de nos effectifs actuels ne sont pas satisfaits de la situation salariale et attendent un ajustement prenant en compte l’augmentation du coût de la vie. Cela aura des répercussions sur la productivité des agents de crédit ainsi que sur l'efficacité et la pérennité globales.

Même réaction du coté du Kosovo : http://www.lamicrofinance.org/content/article/detail/22722

"L'un des premiers effets de la crise sur nous, c'est que le coût de l'argent augmente, les taux d'intérêt monte et nous avons donc beaucoup de mal à trouver les ressources dont nous avons besoin", explique Lulzim Sadrija, Directeur de Krediti Rural i Kosoves (KRK), institution de microfinance au service des populations rurales du Kosovo.

C’est sans doute ce que signifiait la litote d’Elizabeth Littlefield, patronne du CGAP, en commentant la synthèse de ce débat :

http://www.cgap.org/p/site/c/template.rc/1.26.4511

“Our present crisis is like no other,” says CGAP CEO Elizabeth Littlefield. “Microfinance is far more connected now. While it still has deeply shock-resistant roots, and many places seem unaffected today, there is little doubt that there will be impact.”

Le commentaire qui suit est encore plus inquiétant :

Integrating microfinance into the mainstream has many benefits but it also has some costs. MFIs that depend on foreign capital investments are suffering, and the medium and longer term effects of a global recession are likely to be hard on microfinance clients in some countries.

Inquiétant parce que le CGAP ne renie rien de ses croyances. Alors que non, ce n’est pas seulement le sort des clients qui devrait inquiéter le CGAP. C’est plutôt le fait qu’une partie de la MF a été poussée à s’endetter (ou accepter l’entrée dans son capital) auprès de financiers étrangers. Qui sont soit en difficulté aujourd’hui, dont se retireront le plus vite possible ; soit uniquement préoccupés de rentabilité : et dans ce cas, ils accentuerons les difficultés des IMF et de leurs clients.

Trois conclusions.

1 – les autonomes s’en sortiront mieux que les autres.

C’est l’effet immédiat des promesses non-tenues. Pour celles des IMF qui s’étaient engagées dans des plans de développement ambitieux, le revirement des banques peut mener à de vraies difficultés. D’autant que parmi les promesses, certaines banques avaient pris soin de les diversifier. Par exemple Citi, qui prévoyait des dons destinés à financer des opérations de formation pour des femmes par le biais d’une fondation ; puis des prêts et des investissements dans les IMF pour qu’elles puissent augmenter leurs engagements en limitant les risques. Et donc en devenant plus rentables.

Ce château de cartes s’écroule en partie, après le château de cartes des grandes institutions financières. Ce qui démontre deux tendances qui vont sans doute continuer à diverger au sein de la microfinance :

- d’une part les IMF qui préservent avant tout leur autonomie et leur indépendance, quitte à se développer plus lentement : c’est le modèle Yunus, qui s’est exprimé à plusieurs reprises contre les investissements étrangers dans les IMF –notamment si la motivation principale de ces investisseurs est la rentabilité avant tout

- d’autre part les IMF qui se développent à marches forcées, à n’importe quel prix, et acceptent des interventions extérieures mal contrôlées pour disposer de capitaux supplémentaires à prêter (c’est « rejoindre le mainstream » dans le langage CGAP). Celles-ci sont aujourd’hui en danger. Même si elles ne sont pas « à poil » avant que la mer (des investisseurs étrangers) ait baissé...

2 – la MF ne contrôle pas le contexte ; donc celui-ci est un risque. Mais la crise qui s’étend dans ce domaine marque aussi l’une des limites de la MF : elle est micro, donc elle a des micro effets, et elle ne contrôle pas son environnement macro. La crise a des effets en chaine, que ni l’IMF ni ses clients ne peuvent anticiper. C’est ce que décrit Santa Isabel de Euceda, directrice de l'ODEF (Organización de Desarrollo Empresarial Femenino) au Honduras, au cours du même débat CGAP :

http://www.lamicrofinance.org/content/article/detail/23124

« La crise financière mondiale affecte les clients de l’ODEF et l'institution elle-même parce que beaucoup de nos clients vivent dans des zones dominées par les usines d'assemblage. Ce secteur a été l'un des premiers à ressentir les effets de la crise car les produits de ces usines sont destinés à être exportés vers les Etats-Unis. La crise a provoqué une baisse des revenus ainsi que des licenciements, et de ce fait une diminution des ventes des micros et petites entreprises dont ces travailleurs constituent la clientèle. Cela réduit la capacité de nos emprunteurs à rembourser les prêts et a contraint l’ODEF à procéder à l’ajustement des conditions de certains prêts en cours.

3 – déporter les risques vers les plus pauvres est une constante de ce système financier

Ce schéma est celui, bien connu, de l’externalisation d’activités périphériques par un grand donneur d’ordre. On connait au Sud comme au Nord ces grands conglomérats qui ont choisi comme idée fixe de maigrir. Auparavant, une multitude de services annexes à la production faisaient partie de l’entreprise : transports, nettoyages, postproduction, surveillance, informatique, restauration, etc. C’étaient les salariés du groupe qui accomplissaient ces missions. Aujourd’hui, l’entreprise dominante achète à l’extérieur les prestations dont elle a besoin. Avant, elle avait des salariés ; aujourd’hui, elle a des sous traitants. Avant, elle assumait le risque entrepreneurial sur la totalité de ses activités. Aujourd’hui, elle déporte ce risque sur des myriades de petits entrepreneurs, qui n’ont aucune des sécurités dont bénéficient les salariés.

Et dans ce schéma, le prêteur de MF assure l’accompagnement de cet entrepreneuriat précaire. Il prête aux sous traitants, heureux d’avoir un si gros client. Et la récession du donneur d’ordre va entrainer les difficultés immédiates des micro entrepreneurs, qui se seront endettés, puis les pertes de l’IMF.

La microfinance ? c’est du micro développement ! C’est le développement sans les infrastructures. Comment réfuter cet axiome, comme le faisait récemment Jean-Michel Severino, DG de l’AFD, qui devient spectaculaire par temps de récession !

Une partie des économistes aujourd’hui analysent les 20 dernières années comme celles du maintien artificiel du pouvoir d’achat dans les pays riches. Singulièrement aux États-Unis, l’augmentation spectaculaire de l’endettement des ménages a permis à la majorité des américains de maintenir leur niveau de vie sans que leurs revenus réels augmentent. Mais le jour ou la valeur des « assets », les garanties sur lesquelles sont fondées ces dettes, s’écroule, la majorité des américains constatent avec surprise qu’ils se baignaient tous « à poil », comme dirait Buffett. Le prix de la maison et le prêt hypothécaire qui leur servait à recharger leur capacité d’endettement n’augmente plus ; pire : il baisse. Donc les voilà incapables d’honorer leurs dettes. Et contraints à faire un peut d’épargne ; donc moins consommer ; donc ruiner le système financier d’anticipations...

Si la MF commerciale suit cette voie, c’est à désespérer de la plus belle réforme mondiale de l’après guerre !

MàJ : les signaux inquiétants se multiplient du coté de ceux qui comptaient sur l'argent du Nord (ici dans India MF) :

“Many microfinance initiatives are being abandoned as money gets tighter and investors raise their credit standards.

“And that impacts on many microfinance clients: some are being forced to curtail their food consumption, others are trying desperately to find alternate sources of fuel.”

The team uncovered recent evidence which suggests that the higher interest rates and lower loan maturity periods associated with the global crisis are likely to affect women and low income households adversely.

dimanche 14 décembre 2008

Qui donne et qui investit dans la MF ? résultats de l'étude CGAP pour 2007

c'est ici en téléchargement. De gros changements en quelques années, mais on ne connait pas la tendance d'aujourd'hui.

Avec la transformation de la crise financière en récession, on sait déjà que de nombreuses promesses ne seront pas tenues (il y avait une discussion en ligne récemment sur ce point, organisée par le CGAP. J'y reveindrai).

vendredi 24 octobre 2008

Les clients de certaines institutions de microfinance doivent être protégés - voici les règles de principe

Le CGAP vient de publier une liste de 34 organisations signataires d'un texte sur les "principes de protection des clients".

Les principes ne sont pas très contraignants, mais il est symptomatique que d'énormes organisations ressentent aujourd'hui le besoin de mettre en forme et de s'engager sur des pratiques. On lit, notamment dans la presse indienne, des descriptions assez horribles sur les méthodes de recouvrement des prêts --qui sont peut être banales dans les transactions ordinaires, mais qui ne devraient pas faire partie de la MF !

( Ceci est une réflexion typiquement naïve, qui repose sur la conviction que la MF ne peut se réduire à des transactions financières habituelles, mais de petit montant )

(MàJ : j'avais déjà parlé de ça)

MàJ : voici la list des investisseurs signataires :

Aavishkaar Goodwell India Microfinance Development Company Ltd and Goodwell Microfinance Development Company B.V.

ACCION Gateway Fund and ACCION Investments

Aga Khan Agency for Microfinance

Belgian Investment Company for Developing Countries SA/NV (BIO)

Calvert Foundation

CHF International

Citigroup

Co-Operative Bank (UK)

Deutsche Bank

Developing World Markets

Development Finance Equity Partners

European Bank for Reconstruction and Development (EBRD)

European Fund for Southeast Europe (EFSE)

FINCA International, Inc.

FMO

Global Microfinance Group SA

Grassroots Capital Partners

INCOFIN

Inter-American Development Bank (IDB) / Multilateral Investment Fund

KfW

Kiva.org

LocFund

MEDA/Sarona Fund

Mercy Corps

MicroCredit Enterprises

Microfinance Development Company B.V.

MicroPlace

Oikocredit

Opportunity International and Opportunity Transformation Investments

ShoreCap Management/ShoreCap International

Triodos Investment Management B.V.

Triple Jump

VisionFund International - the microfinance subsidiary of World Vision

Women’s World Banking Microfinance Equity Fund

(c'est vraiment chiant ces éditeurs de blogs qui ne respectent pas le retour ligne, mais je ne sais pas comment on fait ça ! tant pis !)