Je retarde : je découvre seulement maintenant ce papier signé Alain Madelin et paru dans Les Echos le 17 octobre dernier.
Bien sûr, le plaidoyer est fait pour dégager la responsabilité des opérateurs financiers --plus largement du système capitaliste dans l'origine de la crise financière : on connait Madelin ! Donc ce sont les pouvoirs publics qui sont responsables (oui, on connait Madelin). Mais là, par ignorance et mauvaise foi, il pousse le bouchon un peu loin en osant soutenir que c'est le Community reinvestment Act aux Etats-Unis qui a contribué à la crise financière. Voilà comment il le résume :
D'abord parce que les subprimes à l'origine de la crise aux Etats-Unis sont la création du marché politique et non celle des marchés financiers. Pour faciliter l'accès à la propriété de ménages insolvables des catégories les plus pauvres et des minorités, on a voté des lois - le Community Reinvestment Act, afin de forcer les banques à leur prêter sous peine de procès pouvant conduire jusqu'à l'interdiction des banques elles-mêmes. On a aussi surtout utilisé des entités parapubliques, Fanny Mae et Freddie Mac, pour garantir des prêts octroyés à des conditions préférentielles et fabriquer des objets hypothécaires publics non identifiés.
C'est faux, le CRA n'est en rien impliqué dans les causes de la crise ; plusieurs études sont en cours qui devraient le prouver, du coté du National coalition for responsible credit (qui réunit une grande partie des "financiers solidaires" locaux, les CDFI). Le régulateur des banques du Michigan l'affirme également : voir ce discours de Duncan, que MAdelin devrait lire.
Je laisse tomber la suite du raisonnement, qui est d'un niveau un peu bof... Voir par exemple :
Il n'y a rien de plus stupide que de faire porter la responsabilité de la crise à ces innovations financières conçues pour diviser et réduire les risques. Il serait tout aussi stupide de condamner les cutters au motif qu'ils peuvent servir à détourner un avion, où les avions au motif qu'ils peuvent contribuer à propager une épidémie.