Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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mercredi 19 novembre 2008

Les américains pauvres piégés dans le "You're on your own" (débrouillez vous tous seuls avec les risques)

Un papier impressionnant du fameux économiste Robert Solow, qui analyse un livre récent. Le thème fait partie du contexte de la MF, car il traite de la notion de risques sociaux. En gros, ces risques massifs sont supportés (dans les pays civilisés !) en partie par l'Etat et d'autres collectivités (la sécu...) ; en partie par les entreprises; en partie par les individus.

Mais si on transfère massivement ces risques vers les individus, c'est à eux de se débrouiller pour les gérer : anticiper, épargner, etc

Or les pauvres sont, par définition, plus exposés que les autres. Et la tendance qui les pousse à créer une entreprise (plus exactement leur propre job, pas beaucoup plus) ajoute à ces risques basiques, des risques supplémentaires liés à leur activité. Le lien entre revenu et contrat est assez consistant dans le contrat de travail ; il devient léger et fragile dans le contrat commercial, avec les clients. Au premier incident, on perd ses clients et ses revenus immédiatement ; et on se retrouve avec des dettes et plus aucune protection d'aucune sorte.

La double individualisation américaine (protection contre les risques sociaux, revenus totalement individualisés) représente un transfert massif, énorme de risques qui auparavant étaient conçus comme l'objet du "faire société".

Voila un paragraphe de Solow, que je reprends sur le remarquable site québecois Politiques sociales :

L’auteur recense le livre High Wire : The Precarious Financial Lives of American Families (Peter Gosselin, Basic Books) : « Quand l’administration Bush-Cheney a décidé de remplacer le système de sécurité sociale par un système de comptes d’investissements individuels, mes premières pensées furent que son objectif était d’enlever le « social » de la « sécurité sociale ». Quelques minutes plus tard, j’ai compris qu’elle voulait aussi enlever la « sécurité » de la « sécurité sociale ». La tentative a échoué. Au cours des dernières années, cependant, une série de décisions aussi bien publiques que privées et de développement sur le marché ont eu pour effet de transférer de nombreux risques financiers des institutions établies, incluant la société en général, aux individus, incapables d’y faire face d’une manière adéquate. »

le site de la NY review of books ou est paru le papier de Solow

mercredi 5 novembre 2008

Les "vieilles" institutions financières ont du mal à saisir les opportunités IT --alors que c'est urgent

Les innovations dans les transactions financières progressent tous les jours. Je suis impressionné, par exemple, par les possibilités de payer par téléphone, après une discussion avec un spécialiste rencontré à l'anniversaire de PlaNet Finances. Imaginez la forêt Andine, et le collecteur de micro prêts qui va de village en village : les téléphones portables sont N fois plus nombreux que les terminaux à carte, et NN fois moins couteux en infrastructures. D'ou la tendance.

IL ya quelques expériences en cours (aux Philippines et dans l'un des pays d'Afrique centrale) mais je n'ai pas plus d'info.

Plus largement, concernant nos pays, il semble que les "vieilles" institutions financières, incluant les banques de détail, ont beaucoup de mal à accompagner leurs clients vers ces nouveaux modes de transaction.

Alors que, selon les spécialistes que je lis :

- C'est urgent, dit le Gartner Group (un groupe de consultants spécialisés dans les anticipations IT)

- et la variété des services disponibles, en tous cas aux Etats Unis, progresse rapidement, et est appréciée des clients.

Le encore, il me semble que la MF des pays développés sera sans doute la première à saisir l'une ou l'autre de ces possibilités car les entrepreneurs de MF n'ont pas le handicap culturel des "vieux banquiers vis à vis de l'innovation ; et connaissent une telle pression sur leurs couts de production qu'ils vont chercher tous les domaines dans lesquels faire des économies : c'est logique !

lundi 3 novembre 2008

P2P : Prosper fait des procès test contre des mauvais payeurs et perd - mauvaise nouvelle

Selon ce blog (mais je n'ai aucune information sur la qualité de la source : Fred se présente juste comme un prêteur de Prosper) Prosper a tenté de tester les tribunaux sur 66 cas de mauvais payeurs, c'est à dire des emprunteurs qui n'ont pas remboursé depuis longtemps.

Il semble que les tribunaux américains donnent tort au prêteur dans la majorité des cas (6 pour l'instant)

C'est une assez mauvaise nouvelle pour les prêteurs P2P car c'est la fragilité fondamentale de cette technique de prêt : l'emprunteur est uniquement repéré par ses propres déclarations et sa note donnée par un Credit Bureau. Donc s'il n'y a pas de minimum de procédures de recouvrement possible, cela signifie que la confiance a priori ne suffit pas ; donc ça va entrainer une plus grande méfiance de la part des prêteurs --qui prennent la totalité du risque, rappelons le, puisque le principe même des plante formes P2P est de "mettre en contact" prêteurs et emprunteurs ; mais sans assumer rien du risque !

mercredi 29 octobre 2008

P2P lenders les volumes aux Etats Unis

sur le site de P2P banking : une évaluation des volumes de prêts par P2P

L'augmentation est très nette, mais n apprend par ailleurs que les petits malins (qui ne comptent pas rembourser) sont de plus en plus nombreux. Donc ça pourrit légèrement le concept lui-même.

Le fond du problème, c'est : comment on fait pour instaurer la confiance par P2P ? Alors que le lien reste virtuel ! Et techniquement la plate forme de prêt ne prend aucun risque : elle peut donner "des outils" pour le recouvrement, mais n'en est pas responsable.

MàJ : et première crise de croissance, selon le NY Times

lundi 27 octobre 2008

La mesure des performances sociales des banques aux Etats UNis

C'est une base de données et une étude du National Community investment fund. 8600 banques depuis 1996 ! On rêve d'une telle transparence en France (même si les critères ne sont évidemment pas les mêmes !)

dimanche 26 octobre 2008

P2P aux Etats Unis : turbulences en vue ; du coté de la SEC comme du coté des emprunteurs

Un long papier dans le Herald sur les ennuis des P2P lenders aux Etats Unis. Ils ont des problèmes de reconnaissance par la SEC en tant que Brokers ; mais il semble qu'ils aient aussi des problèems avec les emprunteurs --ou certains emprunteurs qui sont clairement à l'affut des naïfs.

J'attendais depuis un moment un papier de ce genre ; mais celui ci est juste fait de quelques coups de projecteurs journalistiques. Une bonne grosse étude statistique devient nécessaire.

Et ceci explique sans doute que les plate formes haussent leurs exigences sur les données des emprunteurs, comme je l'avais noté à propos de Lending club.