Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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vendredi 9 janvier 2009

Baisse de 25% des prêts Kiva - la crise frappe tout le monde, même les généreux

C'est ici. Mais cela n'empêche pas Kiva d'améliorer ses procédures et donc de mieux garantir à la fois la pertinence des prêts et la sécurité des remboursements.

La question pendants est la suivante. Kiva est un système génial pour créer de nouveaux canaux de motivation et de comm directe entre riches du Nord et pauvres du Sud. OK. Mais rien de plus ! Tout le boulot qualitatif qui caractérise les prêts professionnels (connaitre l'emprunteur, analyser son projet...) reste à faire ; et ceci sur le "vrai" terrain, dans la vraie vie, avec des relations de proximité entre représentants des prêteurs et emprunteurs. Donc par des IMF de bonne qualité.

le "monitoring" de cet aspect du boulot représente des couts incompressibles, car il faut avoir des gens à soi sur le terrain. Pas assez de confiance dans le management et les procédures des IMF partenaires... Et besoin d'une comm adaptée : il faut pouvoir donner "des nouvelles" de M XX et Mme YY à leurs créanciers !

D'ou le difficile équilibre de la gestion de Kiva

samedi 22 novembre 2008

Kiva : 50 M$ de prêts - et la plate forme de P2P a doublé sn volume dans les 8 derniers mois

Voilà les derniers chiffres de Kiva. C'est impressionnant, non par le pur volume, mais à cause des types de prêts, d'emprunteurs (plutôt d'emprunteuses !), et le très bas niveau de défaut.

Après des débuts un peu chaotiques, Kiva démontre donc qu'il y a, du moins aux Etats-Unis, "des gens", des citoyens qui sont d'accord pour "risquer " de prêter à des micro entrepreneurs du Sud. C'est facilité par le fait que les prêteurs Kiva ne prêtent pas directement aux entrepreneurs en qustion, mais les prêts passent par des IMF du Sud.

En résumé, prêts de 500$ en moyenne ; et 137 $ par prêteur.

Le truc qui m'intéresse, c'est la "rémunération symbolique" : l'implication directe, personnelle de prêteurs du Nord dans les histoires personnelles de femmes (77% des emprunteurs !) du Sud. C'est une gratification qui a donc de la valeur. Tant mieux. C'est un peu ce que je notais à propos d'un papier d'une prêteuse française, Caroline Fourest.

L'autre intérêt de Kiva, c'est de ne pas faire du vrai pur P2P : l'intervention des partenaire de terrain reste indispensable pour la qualité des prêts.

Usaid cité ici fait un point sur le progrès du P2P

jeudi 6 novembre 2008

Caroline Fourest, sur le vécu d'une prêteuse de Kiva

Lire ce papier dans Le Monde de ce soir : c'est magnifique. Non que l'information soit exceptionnelle, elle confirme ce que nous savons sur l'efficacité des montages P2P de type Kiva. Mais plutôt su le ton, la sophistiquée naïveté de l'auteure pour faire comprendre combien c'est simple, c'est efficace et c'est accessible à tout le monde...

Sur le reste, évidemment, plein d'agacements divers...

L'autre coté magnifique, c'est que Caroline Fourest est connue pour avoir un caractère de chien. L'une des brillantes polémistes de l'époque (voir Charlie Hebdo, vois sa revue ProChoix...). L'une de celles qui s'est battue, et se bat contre les "obscurantismes" les plus divers (islamistes, mais pas que !)

C'est un hommage laïc à la MF qui vaut le coup !

Un rapport de USaid sur les progès du P2P lending dans la MF

Le texte est accessible ici. Oui, il y a d'énormes progrès du P2P, y compris dans une petite partie de l'univers de la MF. Mais qualifier ça de progrès de la "démocratie financière" est une pure stupidité, à mon avis. (Sauf à constater que le titre dépasse largement le contenu de l'étude, ce qui semble être le cas).

Au contraire, c'est la qualité de l'intermédiation qui fait la qualité des interventions en MF ; du moins dans la grande majorité des cas.

C'est ce que font Kiva aux Etats Unis et aussi Babyloans en France. Il faut passer par des opérateurs professionnels pour donner une réelle qualité aux interventions financières en MF.

Kiva semble avoir pris conscience des enjeux puisque ce rapport annonce que :

In 2009, Kiva plans to clearly define, in conjunction with its MFI partners, metrics for the social impact of its funding (such as reaching out to new underserved markets or sectors, lowering interest rates, etc) and plans to hold partner MFIs accountable for social impact targets

ce qui est une excellente nouvelle.

Car si la MF, par cette technique, sert plus à appauvrir les pauvres qu'à les enrichir, comme on le constate parfois, ce sera encore un échec.