Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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vendredi 9 janvier 2009

Baisse de 25% des prêts Kiva - la crise frappe tout le monde, même les généreux

C'est ici. Mais cela n'empêche pas Kiva d'améliorer ses procédures et donc de mieux garantir à la fois la pertinence des prêts et la sécurité des remboursements.

La question pendants est la suivante. Kiva est un système génial pour créer de nouveaux canaux de motivation et de comm directe entre riches du Nord et pauvres du Sud. OK. Mais rien de plus ! Tout le boulot qualitatif qui caractérise les prêts professionnels (connaitre l'emprunteur, analyser son projet...) reste à faire ; et ceci sur le "vrai" terrain, dans la vraie vie, avec des relations de proximité entre représentants des prêteurs et emprunteurs. Donc par des IMF de bonne qualité.

le "monitoring" de cet aspect du boulot représente des couts incompressibles, car il faut avoir des gens à soi sur le terrain. Pas assez de confiance dans le management et les procédures des IMF partenaires... Et besoin d'une comm adaptée : il faut pouvoir donner "des nouvelles" de M XX et Mme YY à leurs créanciers !

D'ou le difficile équilibre de la gestion de Kiva

lundi 8 décembre 2008

Les taux d'intérêt du P2P, une estimation

C'est dans un papier publié par Forbes, et on peut supposer qu'ils ont fait le tour au téléphone. C'est surtout, ce qui m'intéresse, les taux des prêts P2P pour le micro business, plus que pour les prêts conso :

Every Web site, with the exception of Prosper, mandates that users meet certain criteria: credit scores of approximately 640 and a debt-to-equity ratio of around 30%. In general, analysts say that small businesses can often get lower rates than they would through credit cards or other alternatives. For example, Renaud Laplanche, CEO and founder of Lending Club, estimates that borrowers on his site pay 12% interest rates on average. Ben Decio, president of GlobeFunder, points to a higher range for his company's borrowers: between 8% and 22%. By contrast, many credit cards charge between 20% and 30%.

De fait, les prêts revolving (par cartes) sont plus couteux aux USA que chez nous --mais pas de beaucoup, finalement. La grosse différence vient des scores : nous n'avons pas de Crédit bureaux, donc nous n'avons pas d'automatisation possible de la confiance.

Et je ne suis pas certain que ce soit une mauvaise chose (du mal à me faire une idée sur la question !)

L'autre grosse? énorme différence vient des prêteurs "du coin de la rue", des payday lenders, des pawn et des autres Sharks : l'usure est très répandue aux USA, alors qu'elle semble limitée chez nous;

mardi 2 décembre 2008

60 sociétés de P2P dans 12 pays : "ce ne sont pas les fabricants de calèches qui ont inventé le train" !

La devise est connue ; elle est typiquement Shumpeterienne. Ce ne sont pas les entrepreneurs installés qui sont les mieux capables d'anticiper des besoins, des demandes nouvelles, et, a fortiori, la techno qui vont avec. Les banques de détail sont en train de jouer le rôle des fabricants de calèches, car l'essentiel de l'innovation dans les projets P2P se font sans elles, et parfois contre elles.

Deux papiers assez vifs sur ce thème. L'un d'un observateur avisé ; l'autre du temple de la finance, le FT (zut, perdu le lien)

Je cherche à connecter avec les recherches de la FING sur la fabrication de la confiance sur le Net. La connexion avec la MF est évidente. Si on est d'une part sur les fondamentaux ( = MF = confiance) et sur des convictions plus politiques type Yunus ( = pas d'investisseurs étrangers s'ils se contentent de chercher des taux d'intérêt élevés), on est bine dans la confiance ; à l'opposé de la défiance qui fonde aujourd'hui les technologies du prêt.

MàJ : il n'y avait pas de règlementation très stabilisée aux USA sur le régime juridique applicables aux P2P. Prosper vient d'en faire les frais, avec 1M$ de "settlement" avec la SEC.

C'est un peu technique, mais peu importe : le gros problème est ailleurs. Si les prêts de Prosper peuvent être analysés par un juge comme étant des produits financiers qui n'ont pas été enregistrés alors qu'ils devaient l'être, les prêteurs qui ont fait des prêts non-remboursés pourraient se retourner contre la plate forme ! ! ce qui met par terre le modèle lui même. Dans le modèle P2P, la plate forme est un simple lieu (virtuel) de rencontres qui ne prend aucune responsabilité dans le bon achèvement des transactions !

(c'est sur cette base que Friendsclear a démarré en France, en bordant soigneusement la partie juridique)

cela dit, ils sont, semble-t-il, assez optimistes

samedi 22 novembre 2008

Kiva : 50 M$ de prêts - et la plate forme de P2P a doublé sn volume dans les 8 derniers mois

Voilà les derniers chiffres de Kiva. C'est impressionnant, non par le pur volume, mais à cause des types de prêts, d'emprunteurs (plutôt d'emprunteuses !), et le très bas niveau de défaut.

Après des débuts un peu chaotiques, Kiva démontre donc qu'il y a, du moins aux Etats-Unis, "des gens", des citoyens qui sont d'accord pour "risquer " de prêter à des micro entrepreneurs du Sud. C'est facilité par le fait que les prêteurs Kiva ne prêtent pas directement aux entrepreneurs en qustion, mais les prêts passent par des IMF du Sud.

En résumé, prêts de 500$ en moyenne ; et 137 $ par prêteur.

Le truc qui m'intéresse, c'est la "rémunération symbolique" : l'implication directe, personnelle de prêteurs du Nord dans les histoires personnelles de femmes (77% des emprunteurs !) du Sud. C'est une gratification qui a donc de la valeur. Tant mieux. C'est un peu ce que je notais à propos d'un papier d'une prêteuse française, Caroline Fourest.

L'autre intérêt de Kiva, c'est de ne pas faire du vrai pur P2P : l'intervention des partenaire de terrain reste indispensable pour la qualité des prêts.

Usaid cité ici fait un point sur le progrès du P2P

jeudi 6 novembre 2008

Caroline Fourest, sur le vécu d'une prêteuse de Kiva

Lire ce papier dans Le Monde de ce soir : c'est magnifique. Non que l'information soit exceptionnelle, elle confirme ce que nous savons sur l'efficacité des montages P2P de type Kiva. Mais plutôt su le ton, la sophistiquée naïveté de l'auteure pour faire comprendre combien c'est simple, c'est efficace et c'est accessible à tout le monde...

Sur le reste, évidemment, plein d'agacements divers...

L'autre coté magnifique, c'est que Caroline Fourest est connue pour avoir un caractère de chien. L'une des brillantes polémistes de l'époque (voir Charlie Hebdo, vois sa revue ProChoix...). L'une de celles qui s'est battue, et se bat contre les "obscurantismes" les plus divers (islamistes, mais pas que !)

C'est un hommage laïc à la MF qui vaut le coup !

Un rapport de USaid sur les progès du P2P lending dans la MF

Le texte est accessible ici. Oui, il y a d'énormes progrès du P2P, y compris dans une petite partie de l'univers de la MF. Mais qualifier ça de progrès de la "démocratie financière" est une pure stupidité, à mon avis. (Sauf à constater que le titre dépasse largement le contenu de l'étude, ce qui semble être le cas).

Au contraire, c'est la qualité de l'intermédiation qui fait la qualité des interventions en MF ; du moins dans la grande majorité des cas.

C'est ce que font Kiva aux Etats Unis et aussi Babyloans en France. Il faut passer par des opérateurs professionnels pour donner une réelle qualité aux interventions financières en MF.

Kiva semble avoir pris conscience des enjeux puisque ce rapport annonce que :

In 2009, Kiva plans to clearly define, in conjunction with its MFI partners, metrics for the social impact of its funding (such as reaching out to new underserved markets or sectors, lowering interest rates, etc) and plans to hold partner MFIs accountable for social impact targets

ce qui est une excellente nouvelle.

Car si la MF, par cette technique, sert plus à appauvrir les pauvres qu'à les enrichir, comme on le constate parfois, ce sera encore un échec.

enchères inversées pour les produits d'épargne (personnellement, je déteste cette idée, mais bravo pour la techno)

C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.

mercredi 5 novembre 2008

Les "vieilles" institutions financières ont du mal à saisir les opportunités IT --alors que c'est urgent

Les innovations dans les transactions financières progressent tous les jours. Je suis impressionné, par exemple, par les possibilités de payer par téléphone, après une discussion avec un spécialiste rencontré à l'anniversaire de PlaNet Finances. Imaginez la forêt Andine, et le collecteur de micro prêts qui va de village en village : les téléphones portables sont N fois plus nombreux que les terminaux à carte, et NN fois moins couteux en infrastructures. D'ou la tendance.

IL ya quelques expériences en cours (aux Philippines et dans l'un des pays d'Afrique centrale) mais je n'ai pas plus d'info.

Plus largement, concernant nos pays, il semble que les "vieilles" institutions financières, incluant les banques de détail, ont beaucoup de mal à accompagner leurs clients vers ces nouveaux modes de transaction.

Alors que, selon les spécialistes que je lis :

- C'est urgent, dit le Gartner Group (un groupe de consultants spécialisés dans les anticipations IT)

- et la variété des services disponibles, en tous cas aux Etats Unis, progresse rapidement, et est appréciée des clients.

Le encore, il me semble que la MF des pays développés sera sans doute la première à saisir l'une ou l'autre de ces possibilités car les entrepreneurs de MF n'ont pas le handicap culturel des "vieux banquiers vis à vis de l'innovation ; et connaissent une telle pression sur leurs couts de production qu'ils vont chercher tous les domaines dans lesquels faire des économies : c'est logique !

lundi 3 novembre 2008

P2P : Prosper fait des procès test contre des mauvais payeurs et perd - mauvaise nouvelle

Selon ce blog (mais je n'ai aucune information sur la qualité de la source : Fred se présente juste comme un prêteur de Prosper) Prosper a tenté de tester les tribunaux sur 66 cas de mauvais payeurs, c'est à dire des emprunteurs qui n'ont pas remboursé depuis longtemps.

Il semble que les tribunaux américains donnent tort au prêteur dans la majorité des cas (6 pour l'instant)

C'est une assez mauvaise nouvelle pour les prêteurs P2P car c'est la fragilité fondamentale de cette technique de prêt : l'emprunteur est uniquement repéré par ses propres déclarations et sa note donnée par un Credit Bureau. Donc s'il n'y a pas de minimum de procédures de recouvrement possible, cela signifie que la confiance a priori ne suffit pas ; donc ça va entrainer une plus grande méfiance de la part des prêteurs --qui prennent la totalité du risque, rappelons le, puisque le principe même des plante formes P2P est de "mettre en contact" prêteurs et emprunteurs ; mais sans assumer rien du risque !

mercredi 29 octobre 2008

P2P lenders les volumes aux Etats Unis

sur le site de P2P banking : une évaluation des volumes de prêts par P2P

L'augmentation est très nette, mais n apprend par ailleurs que les petits malins (qui ne comptent pas rembourser) sont de plus en plus nombreux. Donc ça pourrit légèrement le concept lui-même.

Le fond du problème, c'est : comment on fait pour instaurer la confiance par P2P ? Alors que le lien reste virtuel ! Et techniquement la plate forme de prêt ne prend aucun risque : elle peut donner "des outils" pour le recouvrement, mais n'en est pas responsable.

MàJ : et première crise de croissance, selon le NY Times

dimanche 26 octobre 2008

P2P aux Etats Unis : turbulences en vue ; du coté de la SEC comme du coté des emprunteurs

Un long papier dans le Herald sur les ennuis des P2P lenders aux Etats Unis. Ils ont des problèmes de reconnaissance par la SEC en tant que Brokers ; mais il semble qu'ils aient aussi des problèems avec les emprunteurs --ou certains emprunteurs qui sont clairement à l'affut des naïfs.

J'attendais depuis un moment un papier de ce genre ; mais celui ci est juste fait de quelques coups de projecteurs journalistiques. Une bonne grosse étude statistique devient nécessaire.

Et ceci explique sans doute que les plate formes haussent leurs exigences sur les données des emprunteurs, comme je l'avais noté à propos de Lending club.

lundi 20 octobre 2008

Isabelle Guérin à la rencontre Babyloans

un bref CR de la rencontre organisée mercredi dernier par Babyloans, qui cite brièvement Isabelle Guérin.

Pas de chance : cette tentative ne démarre pas à la meilleure période ! les risques augmentent et les fonds diminuent... Ca fait beaucoup d'éléments négatifs !