Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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Tag - Yunus

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mercredi 27 avril 2011

Yunus et la Grameen lavés de tout soupçon (ça va encore mieux en le disant !)

C'est là

jeudi 3 mars 2011

"icône déchue" ? Le Monde sur Yunus, bof...

C'est dans Le Monde daté du 4 mars 11.

Le papier est mi figue mi raisin, comme sait faire Le Monde. Mais ça pue le complot politique, ce dont rend compte le journal entre les lignes.

Bin oui, il a un ego dilaté --on l'aurait à moins et ayant moins accompli ! Et même si Yunus n'est pas un saint, on reconnaitra qu'il aura fidèlement défendu un microcrédit qui résiste à la pression des investisseurs accapareurs.

Au passage, je me demandais ce que signifiait vraiment ce terme vieillot de "déchu" : juste pour savoir s'il y avait une nuance avilissante et coupable dans le mot. Non, pas vraiment, dit Littré : "Tomber dans un état inférieur à celui où l'on était" : c'est neutre. On n'est pas un bandit pour autant ! Mais plus subtil : "terme de théologie : Déchoir de l'état de grâce, perdre la grâce". La, on sent que Yunus à "perdu" un morceau de "la grâce" médiatique, l'onction sainte ! ... Mais plus joli, une citation du Littré : "L'âge la fit déchoir, adieu tous les amants" de La Fontaine : la brièveté ! on croirait du Blaise Pascal !

dimanche 16 janvier 2011

Ynus réagit sur la crise indienne : pour l'intervention de politiques publiques dans la microfinance --pas seulement comme arbitre

Un très bon papier de Yunus dans les pages Opinions du NYT. Ce qui m'intéresse ici, c'est 2 choses.

1 - il s'élève contre les mega profits qui pervertissent la MF : ce n'est pas nouveau. En revanche, il me semble qu'il a évolué sur sa conception de l'intervention de l'Etat (et des autres interventions de politique publique). Il y a quelques années, sans doute "grisé" idéologiquement par le succès de la Grameen, il récusait toute intervention publique dans le secteur. Ceci étant dû à ce qu'il avait sous les yeux : des Etats souvent corrompus et incompétents. Maintenant il se rend compte que le marché a besoin de règlementation, et pas seulement de "l'arbitre neutre" et minimaliste dont rêvent les néo libéraux. Tant mieux.

2 - Il doute de l'efficacité même des interventions étrangères, des apports de capitaux venant d'acteurs du marché. Et les solutions qu'il propose sont de nature à rendre impossibles ces interventions guidées par le seul profit. Il prône une MF moins profitable (ce qui découragera les intervenants extérieurs) ; avec un spread limité entre le cout de la ressource et l'emploi de ces ressources ; donc il prône de faire appel systématiquement aux épargnes disponibles localement, notamment de la part des clients. Ce qui garantit en outre d'obtenir des épargnes motivées par le projet global, et non par le seule rentabilité financière. Et des développements plus lents, ce qui répond à la vaste escroquerie SKS.

Ca a l'air un peu plat à dire comme ça, mais ça me donne l'impression qu'il a compris ce qui se passe réellement... Et ceci au moment ou lui et la Grameen sont attaqués par le gouvernement Bangladais (après cette crapulerie de l'émission de télé norvégienne qui l'accusait de détournements)

dimanche 9 janvier 2011

Yunus : je ne pensais pas que le microcrédit puisse engendrer des usuriers ! (Bin si !)

Un papier clair concret et concis de Yunus (paru ds le Intl Herald tribune ? je ne suis pas sûr de la source). Pour moi, c'est la 1ère fois qu'il affirme aussi nettement les 2 points qui fondent ce que devrait être le microcrédit aujourd'hui :

- Laisser des investisseurs extérieurs faire la loi dans ce domaine, c'est provoquer la pression sur les taux d'intérêt et donc les pauvres. Le MC, dit il, n'a pas besoin de ces capitaux : l'épargne au sein d'un pays peut financer les prêts. Je ne suis pas certain que ce soit vrai tout le temps, dans tous les pays, mais c'est une stratégie peu utilisée.

- Le prix du prêt devrait être limité à cout de la ressource + 15 % au maximum (cad si on emprunte à 10%, plafonner les prêts à 25%

C'est une position un peu trop simple, car ça définit à la fois le plafond qui évite l'usure ; et ce que contiennent les couts de production du préteur. L'usure : en fait, les situations locales sont très différentes, et dans certains cas 25% est trop cher ; dans d'autres, c'est tout juste... Les couts : Avec 15% de spread, il faut financer les pertes sur prêt et la production elle même ; or 15% ne permet pas de faire beaucoup de palabres ni ce conseil, de formations aux emprunteurs, etc. Alors que l'on sait très bien que l'un des abus des pires en inde est d'avoir laissé les IMF prêter n'importe quoi à n'importe qui, sans vérifier si le crédit finançait des activités productives ! Ce qui prend du temps, et coûte cher !

La règle de Yunus plafonne également les dividendes versés aux apporteurs de capitaux de l'IMF : s'il s'agit d'épargnants qui sont également emprunteurs de l'IMF, ce que suggère Yunus, on peut supposer qu'ils seront peu exigeants, étant inclus dans la stratégie de l'IMF. S'il s'agit d'actionnaires extérieurs financiers, ils vont trouver ce régime peu attractif --hé bien tant pis, dit Yunus !

Pas mal. C'est un peu raide comme raisonnement, mais on attendait le grand chef depuis un moment sur ces thèmes.

il dit aussi qu'on aurait du depuis longtemps "interdire" d'appeler microcrédit, des trucs qui relèvent de l'usure. C'est ce que j'écrivais à propos du Cgap : au boulot, grand chef ! Traite les d'escrocs et fais les plier !

vendredi 24 octobre 2008

Yunus sur les taux d'intérêt : 10 à 15% de plus

Voilà une citation que je cherchais depuis un moment. C'est quoi, un taux d'intérêt légitime ? La réponse de Yunus est intéressante (si le journaliste a bien transcrit ce qu'il dit) :

Le chantre de la micro-finance l’affirme haut et fort : Je ne suis pas contre le profit. La Grameen Bank fait du profit, mais pour les pauvres. J’ai une règle idéale, une limite à ne pas franchir : les taux d’intérêt ne devraient pas dépasser de 10% à 15% ceux du marché. Au-delà, on entre dans une zone rouge. Moi, je suis pour le business social.

C'est dans un CR de ce "sommet" qui a eu lieu récemment en Suisse.

mardi 21 octobre 2008

Yunus critique le plan de sauvetage américain au nom de l'efficacité des marchés

Un interview pur le FT ici.

Curieuse position (mais je n'ai peut être pas tout pigé à l'itw télé) qui consiste à critiquer le Bail out, le sauvetage des banques américaines par le gouvernement : parce que le marché sait résoudre tous les problèmes ! Et ceci, si j'ai compris, au nom d'une histoire ancienne : les gouvernements sont inefficaces ; ils l'ont prouvé avec leurs politiques d'aide au Sud !

Heu --quel est le rapport ! ?

Cette foi dans le marché est une caractéristique de Yunus. Mais ça devient un peu confus pour des esprits occidentaux un peu simples comme moi. Entre le concept d'entreprise sociale qui me parait flou, et la privatisation de tout, parce que le privé c'est efficaces et le public, ça ne l'est pas ... je dois dire que j'ai un peu le tournis !