Je travaille pour un papier sur les motivations des prêteurs en micro-finance, surtout sur les motivations de ceux qui pratiquent le prêt d'honneur. Il y a un aspect d'aberration économique dans un tel comportement : faire confiance ? prêter à taux 0? tout ça est bizarre... Donc regardons les motivations.

Je cherche un peu parmi les théoriciens, et je tombe assez vite sur cette perle. C'est dans un papier de Jacques Godbout, économiste que je lis toujours avec plaisir.

Pour les utilitaristes comme Bentham, la poursuite de son propre intérêt conduit au bonheur du plus grand nombre. C’est le fondement du néolibéralisme, et la plupart des économistes pensent comme Arrow « qu’il ne faut pas épuiser de façon insouciante cette ressource rare qu’est la motivation altruiste ». Tullock, prix Nobel d’économie, n’affirmait-il pas que la recherche empirique avait démontré que l’homme est à 95% égoïste au sens étroit du terme4?

et le renvoi 4 cite l'origine :

4. «As a result of empirical research the average human being is about 95 percent selfish in the narrow sense of the term » [cité par Mansbridge, 1990, p. 12, qui ajoute que

qui ajoute que « Tullock did not, however, present the evidence for his assertion » – p. 310].

Evidemment... Tullock, prix Nobel, est capable d'affirmer avec aplomb un bon gros n'importe quoi d'économiste, sans le début d'une preuve ou d'une démonstration ...

Le pire que je reproche à ces gens, c'est d'être paresseux. Non qu'ils ne passent pas beaucoup de temps à travailler, mais ils travaillent toujours enfermés dans les mêmes hypothèses.

1 - l'homme est égoïste 2 - l'homme fait de choix rationnels (c'est le bon vieux homo eoconomicus) 3 - donc les marchés sont efficients

et bla bla bla : t'as qu'à voir les marchés financiers, un exemple au hasard

Tiens excellentissime papier de Paul Krugman dans le NYT la semaine dernière, à propose de ceux qui enseignent l'économie dans les meilleures universités américaines. L'hypothèse Keynes était juste devenue une obscénité !