Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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Tag - autoentrepreneur

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jeudi 1 avril 2010

Autoentrepreneurs : Novelli : Les abus ne concernent sans doute que quelques centaines d'autoentrepreneurs. Hurel : traquer les abus

Quelques centaines ? je n'en suis pas certain du tout ! Plutôt des milliers ou des dizaines de milliers, si on place le curseur au bon endroit. C'est à dire sur le critère de la dépendance. Un client unique, c'est déjà un lien de dépendance tel que l'auto entrepreneur n'a sans doute pas la capacité de développer sa propre autonomie. Et sur les critères juridiques du contrat de travail, on n'est pas loin...

l'itw Novelli c'est là.

François Hurel commente à son tour dans La Tribune. Les arguments sont bons : mieux vaut sanctionner les abus que changer la loi (d'autant que les propositions des sénateurs manquaient de bon sens !).

C'était ma première réaction, mais en fait, je crains de très nombreuses déceptions !

Le lien avec le microcrédit est évident. Pour de très nombreux autoentrepreneurs, la demande (et l'obtention) d'un microcrédit sera le seul lien "physique" avec un réseau d'accueil ; donc des pros capables d'avoir un avis sur le projet. Et il s'agira plus logiquement d'un vrai projet, puisqu'on a besoin d'argent pour investir ou assurer la tréso !

samedi 18 juillet 2009

autoentrepreneur, récits édifiants

En voilà un qui mérite d'être lu, y compris entre les lignes. Désormais, d'anciens "employeurs" n'hésitent plus à proposer à des candidats le statut d'autoentrepreneur pour les faire travailler, au lieu de les embaucher sous la forme d'un contrat de travail (c'est trop cher, c'est trop compliqué, c'est trop de risques en cas de conflit...)

La limite, ce sont des histoires que me racontent mes étudiants. L'un d'eux termine son apprentissage. Plus d'embauche, lui dit-on, c'est la crise. Mais comme tu travailles bien, on aimerait continuer avec toi. La solution ? Installe toi comme autoentrepreneur !

Là, on est au delà de l'acceptable. En bonne théorie économique, on transfère tous les risques de l'entrepreneur sur les (ex-) salariés, sans qu'ils bénéficient des autres caractéristiques de l'entrepreneur : maitriser son marché.

Dépendance à l'égard d'un seul donneur d'ordre ; disparition de la base même des protections sociales qui caractérisent les relations sociales dans le pays depuis des décennies... On va, à mon avis, trop vite trop fort.

Et pour des jeunes, c'est une "entrée dans le monde du travail" particulièrement brutale ! On les a déjà endettés jusqu'à leurs petits enfants inclus ; en plus, on leur refuse les protections sociales de leurs parents ! ... Dur pour eux !

Artisan et concurrence déloyale de l'autoentrepreneur - spectaculaire

C'est Benoît Willot qui a déniché cet article. C'est spectaculaire. Le même service rendu par un retraité auto-entrepreneur (qui n'a aucun plancher en termes de prix de revient) et un artisan (qui fait travailler un salarié) condamne le second à arrêter son exploitation.

Le ministre Novelli a commencé à transiger avec les artisans, ce qui est une bonne chose semble-t-il, car il y a, à terme, de graves questions de responsabilité professionnelle derrière les travaux faits par les uns et par les autres...

Exemple : la décennale d'un auto-entr, vous la voyez comment, vous ? ;-)

mercredi 7 janvier 2009

RSA : Jean Gadrey est furieux, y compris vis à vis de ses collègues économistes

Il ya de nombreux "clients" futurs de la microfinance parmi les titulaires (ou futurs ?) du RSA. C'est pourquoi les analyses sur cette "population" méritent de l'attention. Dans certains cas, on va encourager les Rmistes à "s'installer" sous la forme d'autoentrepreneurs : c'est tellement, tellement simple, nous dit Novelli. Or les économistes sont, en général, assez favorables dans leurs anticipations à la mise en place du RSA, ce nouvel "anti-trappe".

C'est d'autant plus important de lire Jean Gadrey, qui n'est pas un tendre mais qui a une réelle réputation scientifique. Son dernier billet sur son Blog d'AlterEco ne fait pas dans la dentelle.

Il attaque sec ses chers confrères économistes dès la première phrase :

Martin Hirsch a quelques bons amis parmi les économistes. Quand il veut une évaluation positive de « son » RSA, c’est exclusivement à eux qu’il fait appel. Yannick L’Horty fait partie de ce cercle. Il a publié en octobre dernier, avec Denis Anne, une étude à la gloire du RSA. L’analyse semble très fouillée… à ceci près qu’elle « oublie » tout ce qui pourrait contredire les conclusions !

Et le billet continue sur les preuves. Oubli, notamment, des frais de garde d'enfants et de transports liés à la reprise d'un emploi --ce qui est pourtant élémentaire !

Et Gadrey enfonce le clou :

On devrait obliger ces économistes qui « simulent » le sort des chômeurs à en rencontrer de temps en temps. Ils constateraient alors 1) que l’incitation financière au travail est beaucoup moins décisive qu’ils ne le pensent (surtout quand les emplois font défaut !) et 2) que leurs simulations de coûts passent à côté de dimensions essentielles du quotidien. Dans une enquête commanditée par Martin Hirsch en décembre 2007, près de 20 % des chômeurs estimaient que les dépenses supplémentaires liés à la reprise d’emploi (transports et gardes d’enfants) excédaient les gains attendus des emplois proposés. Il est donc injustifiable d’oublier ces dépenses dans une analyse économique.

(passage grassé par moi)

Les analogies avec la situation de micro-entrepreneurs est évidente. Pour ne garder que l'hypothèse de la femme seule avec enfants qui se déclarerait en auto-entrepreneur, la catastrophe est proche !

MàJ : les auteurs de l'étude répondent, puis Gadrey répond à nouveau. Finalement, la controverse porte plus sur l'importance relative des critères et la façon de les présenter. Je penses personnellement que Gadrey a raison sur un point crucial. Les personnes qui hésitent entre RMI et boulot et qui sont souvent dans la pire situation sont les femmes seules avec enfants. Sortir une étude en indiquant (assez discrètement) que l'on ne tient pas compte du cout de la garde des enfants en cas de reprise d'un emploi rend l'étude assez inutile --en tous cas, si on s'en sert pour dire que le RSA, c'est vachement bien et positif à tous les coups !