Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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Tag - scoring

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mercredi 29 octobre 2008

Des "credit bureaux" jusqu'au Cambodge

C'est l'une des prochaines questions sensibles en matière de MF. Et, coîncidence, la question se pose à peu près dans les mêmes termes dans certains pays du Sud et du Nord.

(voici une actu sur le Cambodge)

En résumé : faut-il mettre en place des "credit bureaux" comme aux Etats-Unis ? Mais aussi comme dans la plupart des pays européens (saut en France)

Les Bureaux en question, pour aller vite, ce sont des sociétés privées qui enregistrent tous les prêts contractés par des particuliers ; les mettent à disposition des prêteurs (banquiers et stés de prêts à la consommation), et attribuent une note aux emprunteurs. De cette façon, il obtiendront (ou non) un prêt ; et s'il ont une sale note, un prêt à un taux d'intérêt très élevé.

C'est ce que l'on appelle en France le "fichier positif", par opposition au "fichier négatif" qui n'enregistre que les incidents dans le remboursement des prêts. Il n'existe en France, jusqu'à maintenant, que des fichiers négatifs.

( Il ya plein d'objections aux fichiers positifs. Je dois dire que j'ai du mal à comprendre la logique d'ensemble. J'ai plutôt l'impression que c'est le résultat de l'influence des prêteurs. Car s'il faut protéger les libertés publiques (raison en général invoquée) il y a plein de solutions...)

Mais l'Europe est passée par la. La directive sur le crédit conso, adoptée en janvier dernier, permet évidemment aux Credit bureaux de s'implanter partout.

Mais la question centrale est la suivante. Les Credit bureaux sont-ils utiles pour l'activité de prêteur professionnel, en plus des prêts personnels (prêts à al consommation) ?

Pour les prêteurs "conso", c'est évident. Ce sont les Credit bureaux qui leur permettent de prêter à des profils statistiques plutôt qu'à des êtres humains. C'est un gain de temps considérable.

Pour les prêteurs "pro", c'est autre chose. Traditionnellement, eux, ils prêtent à des personnes qui ont des projets ; et d'ailleurs ils NE prêtent à ces personnes que parce qu'elles ont des projets ; et des projets crédibles et de bonne qualité.

Si on se met à tout mélanger (prêter à des profils, prêter à des personnes-projets), ça craint. Ca veut dire qu'une partie de la MF professionelle perd ses racines. Ces prêteurs ne s'impliquent plus dans les projets ; mais vont se contenter de vérifier si le type est solvable et s'il a eu des incidents ; point !

J'y reviendrai.

lundi 13 octobre 2008

Les confusions crédit conso / crédit pro risquent de s'aggraver en Europe (et surtout en France !)

C'est l'un des problèmes de l'évaluation de la MF. Nous en avions traité, avec Udo Reifner, dans un gros papier paru dans le "Rapport moral sur l'argent dans le monde" de l'an dernier, à propos de la Directive européenne sur le crédit conso.

La question : les prêts sont-ils vraiment des prêts professionnels ? C'est à dire fondés sur la qualité du projet (et, bien sûr de la personne ; mais en tant qu'entrepreneur) ? Ou bien sont-ils fondés sur un scoring qui ne tiendrait compte que des catégories sophistiquées des prêts à la consommation ?

La question va devenir cruciale avec les conséquences de la crise financière. En gros, le crédit crunch va pousser les prêteurs à faire eu plus simple et rentable (le crédit conso) pour éviter les prets compliqués, lourds et risqués (les prêts pro à des créateurs).

Donc ces derniers seront "tentés" encore plus qu'aujourd'hui de financer leur démarrage avec du crédit conso. Mais dans ce dernier, il n'y a rien de la qualité de la relation fondée sur l'examen de la qualité du projet.

Donc les entrepreneurs prendront des risques (notamment d'incompréhension) énormes ...