Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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jeudi 6 novembre 2008

Ou en est la banque par téléphone mobile pour les pauvres ?

Conférence au CGAP sur la MF par téléphone mobile. C'est sans doute un développement énorme en perspective, mais il y a des résistances également énormes, car les vendeurs de cartes et de terminaux (sans compter les infrastructures de réseaux) vont résister à fond !

Cette hypothèse les ruine !

mais il y a 4 milliards de téléphones mobiles ; et les infrastructures sont 100 fois plus légères !

voir aussi la position de Nokia

MàJ : la banque centrale en Inde vient d'autoriser les transactions (petits montants) par téléphone. C'est sans aucun doute le début de quelque chose, car les téléphones mobiles doivent être un million de fois plus nombreux que les DAB en Inde, notamment dans les villages

enchères inversées pour les produits d'épargne (personnellement, je déteste cette idée, mais bravo pour la techno)

C'est Fabrice Epelboin qui signale les performances d'un truc américain qui vous permet, vous épargnant, de recevoir les propositions de centaines de banques ; et donc de confier votre épargne à celle qui vous promet le meilleur taux d'intérêt.

C'est vraiment une application "le marché pur et parfait" !

Mais je déteste ça parce que :

- pour moi, l'épargne ne peut pas être déconnectée de son usage : engager son épargne, c'est une façon de voter pour l'utilisation qu'en fera le destinataire

- et donc plus on cloisonne, plus le destinataire final disparait. C'est de la réintermédiation qui appauvrit le sens, au lieu de l'enrichir

En l'occurrence, je, épargnant, ne vote qu'avec un seul critère : le rendement facial qu'on me propose. Mais si l'épargne que j'ai confié à une obscure boutique est investie dans des entreprises qui esclavagisent des enfants au VietNam, je ne le saurai jamais ; et d'une certaine façon, je déclare que je m'en fous en décidant de ne retenir qu'un seul critère.

Il y a tout un truc sur "l'affectio societatis" lié aux usages de l'épargne qui manque ici.

Les nouveaux services financiers débarquent en France - le lien avec la MF me parait évident

Cette analyse remarquable décrit Optissima, concentré de services financiers personnels qui ont intégré DébitCredit, un logiciel de gestion en ligne de comptes bancaires.

J'avais rencontré l'auteure de DébitCrédit, la non moins remarquable Priscilla Rozé-Pagès en lui demandant de venir expliquer son projet à mes étudiants francophones (14 nationalités !) lors de l'Université d'été des créateurs, en 2006. Depuis, elle a développé son outil de gestion, puis l'a brillamment vendu à Optissima, qui avait sous doute plus de capacités qu'elle à diffuser l'application. Bravo.

D'après Fabrice Epelboin (l'auteur du billet cité ci dessus), Optissima propose des services qui sont en avance sur l'offre américaine, pourtant très en avance sur le e-banking.

Le lien avec la MF en France est (potentiellement) évident. La gestion des comptes personnels est l'un des aspects de la gestion tout court d'une micro entreprise, ou les flux professionnels et personnels sont intimement liés.

Je me demande notamment si le statut d'auto-entrepreneur (qui risque d'encourager cette confusion) n'est pas une cible idéale pour former des micro entrepreneurs à une telle gestion financière basique.

mercredi 5 novembre 2008

Les "vieilles" institutions financières ont du mal à saisir les opportunités IT --alors que c'est urgent

Les innovations dans les transactions financières progressent tous les jours. Je suis impressionné, par exemple, par les possibilités de payer par téléphone, après une discussion avec un spécialiste rencontré à l'anniversaire de PlaNet Finances. Imaginez la forêt Andine, et le collecteur de micro prêts qui va de village en village : les téléphones portables sont N fois plus nombreux que les terminaux à carte, et NN fois moins couteux en infrastructures. D'ou la tendance.

IL ya quelques expériences en cours (aux Philippines et dans l'un des pays d'Afrique centrale) mais je n'ai pas plus d'info.

Plus largement, concernant nos pays, il semble que les "vieilles" institutions financières, incluant les banques de détail, ont beaucoup de mal à accompagner leurs clients vers ces nouveaux modes de transaction.

Alors que, selon les spécialistes que je lis :

- C'est urgent, dit le Gartner Group (un groupe de consultants spécialisés dans les anticipations IT)

- et la variété des services disponibles, en tous cas aux Etats Unis, progresse rapidement, et est appréciée des clients.

Le encore, il me semble que la MF des pays développés sera sans doute la première à saisir l'une ou l'autre de ces possibilités car les entrepreneurs de MF n'ont pas le handicap culturel des "vieux banquiers vis à vis de l'innovation ; et connaissent une telle pression sur leurs couts de production qu'ils vont chercher tous les domaines dans lesquels faire des économies : c'est logique !