Evaluer la microfinance - Benoît Granger, MicFin

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jeudi 25 décembre 2008

L'AFD et le microfinance - un résumé sur 20 ans

L'AFD publie une courte brochure "20 ans (déjà !) de MF". Très bien, très clair. Avec, tout de même, cet état d'esprit "avant crise" dans le quel on croirait lire du pur CGAP !

Exemple : parmi "Les conditions du succès", la première c'est "la viabilité financière". Et celle ci est définie brièvement par :

"Des subventions de bailleurs de fonds peuvent être nécessaires au démarrage des opérations de microfinance. Mais, pour répondre durablement aux besoins de leurs clients, les Institutions de microFinance (IMF) doivent construire leur viabilité financière en couvrant leurs coûts par le produit de leur activité. Cet objectif est atteint dans des délais variables, selon les contextes et les publics ciblés. Il implique toujours que l’IMF soit gérée de façon rigoureuse et professionnelle et qu’elle puisse pratiquer des taux d’intérêt compatibles avec la recherche de l’équilibre financier".

(grassé par moi)

Donc en résumé 1 - la viabilité = les règles du marché. Faut être profitable ; c'est la seule façon d'être "viable" ; 2 - le critère des taux d'intérêt (élevés ? pas trop élevés ?), c'est avant tout qu'ils couvrent les coûts. Pas qu'ils soient compatibles avec ce que peuvent supporter les clients ("implique toujours"). Par exemple on sait que de nombreuses jeunes IMF font des bêtises couteuses, par exemple en prêtant à des gens à qui elles n'auraient pas du prêter ; et souvent elles ont du mal à obtenir que tous les clients remboursent comme prévu. Ce sont des couts. Et ils doivent être supportés par les autres clients sous forme de taux d'intérêt élevés ?

D'accord : ce genre d'affirmation est un résumé, il faudrait y ajouter plein de nuances. Mais c'est le résumé d'un état d'esprit. La viabilité, ce sont les règles du marché. Point. pas un instant on envisage que la MF s'adressant aux pauvres, dans sa définition même devraient être envisagées toutes sortes de partenariats public-privé pour accomplir des objectifs beaucoup plus larges que le simple et bestial "retour sur investissement".

Bon, il reste du boulot pour nuancer tout ça !

mercredi 3 décembre 2008

Faut pas subventionner les taux d'interet : la plupart des économistes américains sont sur cette position. Scientifique ou non ?

Dans le CR de la rencontre de Boulder à Bergame sur les finances rurales, un passage cruel à l'égar de certains "chercheurs" sur cette affaire récurrente des taux d'interet. le CR a été rédigé à plusieurs, mais je crois reconnaitre la plume acérée d'isabelle Guérin :

Les interventions académiques visaient essentiellement à démontrer les inconvénients de la bonification des taux d’intérêts avec notamment une conclusion caricaturale de Jacob Yaron. Selon lui en effet, l’alternative pour les pouvoirs publiques est la suivante : soit on bonifie mais on touche une minorité d’agriculteurs soit on n’intervient pas sur les taux d’intérêts et alors on permet un large accès aux services financiers.

Je me demande vraiment (je n'ai pas lu le papier de ce Yaron) ce qui relève des preuves scientifiques et ce qui relève d'une analyse incomplète : donc plutôt des croyances des économistes. le genre Free Market et tout ira mieux.

A suivre, parce que la légitimité du subventionnement par l'Etat des taux est souvent une grosse bêtise dans sa mise en oeuvre ; mais pas du tout dans son principe.